Triste fait divers que cette infirmière qui injecte par erreur une dose létale de chlorure de magnésium à un jeune enfant de 8 ans.
Voyant dans l’événement, une preuve matérielle de ce qu’il craignait depuis des mois, le tenace et impétueux Patrick Pelloux en profite pour demander la démission de sa ministre Mme Bachelot.
Si on s’appuyait sur ce seul drame, on pourrait penser que le Pelloux pousse le bouchon un peu loin, qu’il profite de la situation, voire comme la dit la plus célèbre admiratrice de Chabal, qu’il instaure “une polémique politicienne” et qu’une “récupération de ce type n’est pas digne”.
Ainsi donc, une femme politique de cette trempe ignorerait tout de ce genre de pratiques – parfois nécessaire dans des cas extrêmes – pratiques qu’elle n’a évidemment jamais utilisées même quand elle était dans l’opposition. Admirable hypocrisie.

Encore plus pathétique, quand à la fin de l’interview qu’elle donnait à Marie Drucker – JT de 20h sur France 2 le 26 décembre – sur la mort du jeune garçon, Miss Bachelot finit par un irréaliste sourire montant jusqu’aux oreilles, puis pensant que la caméra revenait à la présentatrice, fait une gueule de six pieds de longs. Tout est dit. Devant les caméras, les apparences sont forcément trompeuses, mais quand celles-ci s’en vont ou font mine de s’en aller, le naturel revient au galop.
Et que dire du soutien étrange et maladroit du FMF, la Fédération des médecins de France, syndicat évidemment minoritaire et partisan, qui déclare naïvement: “Nous sommes aux côtés de notre Ministre de tutelle qui a pris ses responsabilités aussi bien au regard de la société, que d’une famille dans la douleur, de l’institution hospitalière, et du professionnel de santé concerné”
Roselyne connaît à merveille les arcanes de la communication politicienne. Reste à voir si ce soutien affligeant dans la forme comme sur le fond suffira.
Quand Pelloux cherche des poux à Roselyne
Malheureusement Pelloux a tort sur sa solution, et il le sait. Ce n’est pas en décapitant la tête de Bachelot sur l’autel de l’hôpital public que cela arrangera la situation, et ce même si elle le mérite.
Non, ce ne sera que partie remise, fidèle au jeu musical dont seuls les pratiques politiciennes traditionnelles ont le secret, un ou une autre ministre de l’UMP (ou apparenté) se chargera de la base besogne en lieu et place de la charmante et souriante gourdasse, capable d’apprendre par coeur la physionomie des dieux du stade – les plus beaux rugbymen de France – plutôt que de s’intéresser à la santé publique. (véridique)
Ce n’est pas pour rien que Miss Bachelot a laissé de côté son doctorat de pharmacie, pour s’adonner aux joies des magouilles politiciennes et des chantages d’opinions. L’argent peut être, la santé certainement pas, car il fallait bien trouver un domaine. Comme d’autres choisissent l’écologie alors qu’ils sont avocat, cette fille de a choisi pharmacie, histoire de rester digne lors des repas de famille.
Vivement 2009
La fin de l’année 2008 se termine mal pour celle qui avait préférée se rendre aux JO de Pékin plutôt que d’aller à la conférence mondiale d’ONUSIDA.
On apprenait dès hier soir qu’un homme schizophrène venait encore une fois de s’évader. Rien de bien grave, l’individu a juste trucidé à coup de hache le compagnon octogénaire de sa mère!
Encore hier soir, ironie du sort, une famille d’une octogénaire – décidément la revanche du 3ème âge après la canicule? – porte plainte pour homicide involontaire.
Pourquoi? Rien de bien grave encore, puisque la pauvre femme s’est étouffée pendant son repas entraînant un malaise cardiaque.
Et d’après la fille aînée de la victime, aucun médecin de garde et, le comble dans un hôpital, le matériel de réanimation était enfermé sous clé dans un placard.
Pour cette même affaire, une plainte pour faux et usage de faux a été déposée par la famille, car étrangement, les horaires d’intervention notifiés par les infirmières ont été… modifiés!
Une sorte de variante au fameux coup du “dossier médical égaré”, lorsqu’un ponte de la médecine est poursuivi pour faute professionnelle ou négligence.
La boucle est bouclée
Ce qui ramène au cas du jeune garçon mort d’une angine, au XXIème siècle. D’après les premiers éléments de l’enquête, l’infirmière se serait trompée car le contenant – vraisemblablement une poche – avait été rangé par erreur par une tierce personne au mauvais endroit.
Donc dans un premier temps, la lampiste de l’hôpital public en danger semble loin d’être la seule fautive dans cette affaire.
Ensuite, quand on lit les témoignages des proches de la jeune victime on apprend avec effarement, que les premiers infirmiers qui ont secourus le petit yliès, ont dit au père qu’il dormait! Les proches ont même dû appeler les pompiers pour sauver la jeune victime, en vain.
Alors évidemment, Madame la Ministre, ce n’était pas les urgences mais bien un service de pédiatrie générale, et il y avait du personnel – sur le papier – en quantité.
Mais dans quel état étaient ces personnes? Quel niveau de fatigue et de stress avaient-elles pour faire une telle erreur? D’autant plus que nous sommes en période fête, et l’essentiel des équipes est de repos, seuls les moins chanceux ou les plus novices restent présents.
A chaque fois la même chose, un manque de moyen tant technique qu’humain. Des heures de garde interminables avec des journées qui font souvent 48 heures voire plus entrecoupées de quelques temps de pause dans les locaux hospitaliers.
Quant au schizophrène, et pour les autres malades mentaux dans ce cas, où en sont les réformes Mme Bachelot? Qu’avez vous fait Mme la Ministre de la Santé avec votre collègue de la Justice – Miss Dati-Dior – sur les fameux hôpitaux prisons, des centres de soins fermés pour isoler les malades les plus graves du reste de la population. Rien visiblement.
Incapable de s’opposer à la simple vente de la Red Bull avec taurine qui permet de s’adonner aux joies grisantes de l’alcool sans aucune modération avant le mur du coma éthylique, vous ne servez donc à rien puisque, si on raisonne comme des RH d’entreprises privées – à l’UMP on aime cet esprit de “privé” – votre travail est inexistant et la santé publique régresse. A votre décharge, il semble difficile d’enchaîner les dossiers sur la jeunesse et les sports puis de passer à des dossiers plus lourds sur l’avenir de la Santé Publique. Cumuler les mandats oui, les difficultés non!
L’oiseau Pelloux
L’oiseau de mauvais augures avait prévenu. Après les nombreuses lettres, des demandes de numéro de téléphone, voire de mail: rien du côté des ministères totalement autistes, pas une réponse.
Depuis des mois, aucun dialogue entre les deux parties et pendant ce temps Madame Bachelot et ses sbires s’occupent de détricoter discrètement le système de soin public en le transformant en entreprise privée. Une alchimie rendue possible en offrant les branches les plus rentables à des cliniques privées et en laissant aux gentils hôpitaux publics les actes les plus coûteux. Tout ça avec le plus grand des sourires au journal TV.
Alors par pitié, Mme Bachelot occupez-vous de vos nageurs de compétitions aux tablettes de chocolat qui vous font tant d’effets au point de vous ridiculiser, vous et la République, en mettant des crocs roses, occupez-vous des fesses des rugbymen qui vous émoustillent dans votre ministère et laissez l’épineux sujet de la Santé publique à des professionnels et des politiques plus responsables que vous ne l’êtes.
Car certes votre démission ne fera que mettre à votre place un ou une autre détricoteuse du système actuel fondé sur la solidarité et le bien de toutes et tous, mais au moins cela en soulagera plus d’un.