Européennes: Jean Qui Rit, Jean Qui Pleure et Nicolas Qui Jubile

Quel spectacle… navrant! Le PS et le Modem boivent la tasse ensemble, mais pour des raisons différentes.
Tous deux à leur plus grande surprise, preuve de leur déconnexion avec la base et ses réalités, ils font les scores historiques de 16,5% et 8,5%.
Le soir, la vieille rengaine des chefaillons du PS est mobilisée et donne pour une fois l’impression d’un parti soudé dans la constatation de l’échec, que dis-je?, de la branlée.

Le PS s’est fait une David Carradine à l’hôtel de Solferino. Mais tous sont d’accord pour dire que Martine Aubry n’est pas responsable personnellement de cet échec – il est vrai fruit d’un long travail de sape de la gauche caviar et du flan à lunettes François Hollande – et que Martine doit maintenant être à l’origine d’initiatives pour proposer notamment le calendrier d’un plan d’action.
Car titine aussitôt catapultée au pouvoir après des magouilles sans nom au congrès de Reims- comme à chaque fois au PS, Mitterrand n’étant même pas membre et son groupe en minorité quand il fut nommé secrétaire national – n’a pas fait mieux que ses prédécesseurs, en plaçant aux endroits voulus ses fidèles d’entre les fidèles aux postes et circonscriptions clés, parachutant du même coup les gêneurs à 800 km de là.
Avouez qu’il était beau le document « programme du PSE », indisponible directement sur le site web du PS il fallait pour cela trouve le bon lien. Tout un symbole. Un joli nom aussi « Le Manifesto » et de nouvelles promesses comme un « salaire minimum décent » pour les pays européens. C’est quoi « décent » pour un politicien dit « socialiste » n’hésitant pas à acheter une montre à 7000 euros?
30 ans de mensonges, de trahisons, d’alliances batardes ont décrédibilisé à jamais ce parti socialiste tel que nous le connaissons. A l’instar d’une marque subissant des scandales, il faut parfois non seulement repenser toute la structure mais changer aussi l’identité commerciale.

Nicolas Sarkozy remercie vivement les éléphants du PS, cette gauche caviar née du règne Mitterrandien qui a su habilement conserver jusqu’à la fin le PS, repoussant toutes les tentatives internes de modernisation.
Une gauche caviar, avide de pouvoir et d’argent, qui n’a pas été compliqué à inviter cordialement dans son gouvernement d’ouverture, avec à la clé le poste tant rêvé mais que les éminences grises du PS avaient eu le culot de refuser à ses propres membres. Kouchner, Jack Lang, Fabius, DSK, Tapie, Julien Dray (liste non exhaustive) aussi socialistes que l’auteur de cet article est évêque.
Ces acheteurs de rolex, avec l’argent des militants ouvriers, ont su maintenir en coma artificiel leur parti, pour leur propre intérêt, et les européennes ne sont que la divulgation solennelle de l’heure du décès.

Nicolas Sarkozy remercie chaleureusement et de manière indifférenciée tous les boycotteurs, les « jemenfoutistes » de la première heure, les ignorants volontaires, les « indifférents », les feignants, les « trop-occupés-pour-ces-conneries », les « tous-pourris-jaiplusconfiance » et toutes celles et tous ceux qui se reconnaitront dans l’abstention record annoncée hier.
Le résultat étant un pourcentage des votes exprimés, sachant ses fanatiques néocons fidèles nombreux et mobilisés, ces élections revenaient à jouer au javelot contre des manchots!
Une victoire tellement éclatante qu’elle met dans l’embarras Brice Hortefeux pourtant 3ème de la liste du Centre, élu député européen! La droite néoconne avait visiblement sous-estimé l’éparpillement des voix de ses ennemis.

Les stratèges professionnels de l’UMP
Home n’était pas, comme on aurait pu le penser, une balle dans le pied à quelques heures d’un scrutin important. Enfin plutôt si, mais dans le pied du PS et du Modem. Ce film 100% écolo produit par Luc Besson fut le cadeau empoisonné offert à Europe Ecologie, uniquement fatal aux illusions des socialos et des moudemistes aux écolos-bâillonnés par un Bayrou aussi égocentrique et parano que son ennemi juré élyséen.

Toujours la même logique
Diviser pour mieux régner. Sarkozy a su diviser puis noyauter les syndicats, il a su diviser les français (peu solidaires naturellement d’eux-mêmes), diviser le parti socialiste en interne puis diviser l’opposition politique globale. A l’extrême-gauche, Mélenchon n’en finissait plus de s’auto-flageller pendant qu’Olivier le facteur, l’oeil malicieux, avait rempli son contrat quelques mois après la création du NPA.
Un David et Goliath puéril où l’on comprend vite que si seulement 10% des abstentionnistes avaient simplement exprimés un choix par défaut – à moins qu’ils se contentent de l’UMP – le visage français au parlement européen aurait été profondément modifié.

Au final, puisqu’il faut évidemment sortir du contexte franco-français, le PPE remporte haut la main les européennes suivi du PSE, qui devra obligatoirement composer (au minimum pour avoir la majorité) avec un renouveau des Verts européen, véritable poil à gratter anti-lobby industriel.
Reste à juger sur pièce…

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