Quand Envoyé Spécial dérange les affaires du Seigneur de Lactalis, Emmanuel Besnier

Fin août, les éleveurs opéraient des barrages autour des établissements de la multinationale française Lactalis pour obtenir gain de cause. Leur revendication? Vivre de leur métier décemment. Comment? En augmentant le prix du lait.
Suite à un accord trouvé entre la FNSEA et Lactalis, une augmentation de 20 centimes de plus par litre, le 1er syndicat des agriculteurs avait ordonné la fin des blocages.
Le 30 août dernier, l’Etat, via Manuel Valls, s’était ainsi précipité pour saluer l’accord bipartite:

Sortie de crise positive pour le secteur laitier. Satisfaction que tous les acteurs se soient mobilisés et aient pris leurs responsabilités.

Mais c’était sans compter les équipes d’Envoyé Spécial dirigée par Elise Lucet. Le 13 octobre dernier, France 2 diffusait un nouveau numéro de ces véritables journalistes pour comprendre. On y découvrait effaré la vie quotidienne des éleveurs français de vaches laitières confrontés à leur client et coopérative: Lactalis.

lactalis international
lactalis international

Que découvrait-on?

  • Depuis la fin des quotas de lait, le revenu moyen des éleveurs français a été divisé par 2.
  • Malgré ces bénéfices annuels sans cesse plus grand, Lactalis refuse de s’aligner sur les autres coopératives.
  • Lactalis paye ainsi 29 centimes le litre de lait à l’éleveur, produisant quotidiennement… à perte !
  • Après l’accord fin août, Lactalis paiera encore 20 centimes de moins que les autres coopératives!
  • Pour survivre, les éleveurs français ne se versent plus de salaire et préfèrent payer leurs dettes.
  • Lactalis oblige les éleveurs à signer un contrat d’exclusivité s’ils souhaitent se regrouper et mutualiser leurs équipements de collecte de lait.
  • Lactalis, via ce contrat, pénalise l’éleveur, qui s’il produit trop, doit lui verser des pénalités financières, tout en prélevant son lait, en fabricant des produits avec et en gagnant de l’argent dessus!

Parallèlement à cela, on découvre abasourdi:

  • En 2010, Lactalis a réalisé 337 millions d’euros de bénéfice.
  • En 2012, Lactalis a réalisé 157 millions d’euros de bénéfice sur les 6 premiers mois!
  • L’entreprise familiale Besnier est devenue une multinationale fleurissante dont le dirigeant habite un manoir, le domaine du Valon entouré de 40 hectares.
  • Mr Besnier est la 13ème fortune française
  • Selon un spécialise des fiscales vu dans l’émission, constatant les multiples filiales du groupe, groupe qui ne déclare pas ses comptes (entreprise familiale non côtée en bourse):

Si les éleveurs savaient le niveau de bénéfice de Lactalis, ça serait la révolution dans les campagnes

lactalis marques boycott

Petit rappel historique
En 1933, André Besnier change de métier pour collecter du lait et fabriquer des fromages. En 1955, Michel Besnier reprend les rennes de l’entreprise de 50 personnes et rachète au fur et à mesure les concurrents.
En 1968, lancement du camembert Président au lait pasteurisé UHT permettant l’export à l’international
En 1976, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros et compte près de 2000 salariés.
En 1981, c’est la première implantation aux Etats-Unis pour fabriquer des fromages à pâtes molles. Il s’en suivra une véritable success story… sur le dos des agriculteurs!

Car un tel succès ne se fait pas sans abus:
– En 1982, Michel Besnier en appelle à des voyous (anciens militaires) pour briser la grève. Ils récupèrent par la force et les armes (sic!) la production à l’intérieur de l’usine bloquée.
– Condamnation en 2000, pour « fraude sur le lait et publicité mensongère », Lactalis a pris la fâcheuse habitude de couper son lait avec de l’eau! Si votre lait UHT n’a pas de goût, ne cherchez plus…
Les tensions restent vives d’année en année:
– En 2009, bras de fer avec la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL)
– En 2011, les producteurs lancent la guerre du lait contre des contrats abusifs avec Lactalis. La même année, Lactalis assignait au tribunal un fournisseur qui s’opposait à l’entreprise.
– Mars 2015, Lactalis est pris la main dans le sac avec le cartel des yahourts où les coopératives s’entendaient sur les prix de 2006 à 2012.
A propos de justice…
Suite à la diffusion du reportage, la famille Besnier, détestant les médias comme les syndicats, a osé porter l’affaire devant les tribunaux concernant les passages détaillant le train de vie familial!
Manque de chance pour ces ordures, appelons un chat un chat, France 2 fait appel de la décision de justice!
Au final, il ne faut pas être très malin pour comprendre que:

  • la FNSEA, l’Etat et Lactalis marchent main dans la main contre les éleveurs français
  • Les éleveurs sont redevenus les serfs du seigneur Lactalis, Emmanuel Besnier, aussi riche que radin
  • Seul un boycott des produits – demandés par les éleveurs – peut faire bouger les choses

Alors il suffit de répondre à leur appel, eux et leurs familles, ont déjà commencé!

Boycottons les marques de la galaxie Lactalis:

  • Président
  • Bridel
  • Bel
  • Lanquetot
  • Le petit
  • Société
  • Galbani
  • Lactel
  • Rondelé
  • Celia
  • Picot
  • Milumel

 

 

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