Nucléaire: Fessenheim sera fermée en 2016

Nouveau scoop du gouvernement. Nouvelle promesse. Nouvelle annonce rassurante. Nouvelle esbroufe voire nouveau foutage de gueule, d’un pouvoir à la dérive. Selon Emmanuelle Cosse, la traîtresse de EELV, ayant préféré trahir son camp pour un maroquin, et ravaler sa salive à propos de Hollande a déclaré hier (c’est dire l’honnêteté de la personne et donc la fiabilité de l’information) :

« Le calendrier est celui que m’a répété à plusieurs reprises le président de la République, c’est fin 2016. Depuis 2011, Hollande a fait beaucoup de chemin sur la question du nucléaire et du climat. Le Président s’est engagé à fermer Fessenheim d’ici la fin 2016. C’est ça, la date. J’ai toujours cru en la parole présidentielle. Fermer un réacteur est la chose la plus simple qui soit. Le Président s’y est engagé et l’a répété tous les ans »

Qu’en penser?
Si nous raisonnons comme les fanatiques PS, #GoFH2017 :

« Vous voyez que Hollande respecte ses promesses! Vous n’êtes que des mauvaises langues! Vive François! Hollande Président! Fifi on t’aime ».

Si nous faisons appel à ce qu’il y a entre nos deux oreilles :

« Mais bien sûr, les promesses, toujours des promesses. On veut des actes! »

 

Emmanuelle Cosse: Fessenheim fermera fin 2016

Pourquoi les croire?
Le gouvernement joue son va-tout en ce mois de mars. Le climat est délétère dans la rue comme au Parlement. Objectif des communicants de Solférino et de l’Elysée:

  • Rassurez les con-citoyens, Hollande est un homme de parole (sic!)
  • Faire diversion de la polémique sur la loi Travail
  • Parler d’autres choses, d’une autre polémique, le nucléaire étant un sujet inépuisable.

Le 28 février dernier, reprenant son leitmotiv de 2014, Ségolène Royal annonce qu’elle était prête à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Ce n’est pas à elle de le faire. Ce n’est pas le moment de le faire. Mais la grande gueule de Charentes Poitou, la folle-dingue surdouée à décider de faire une nouvelle fois allégeance au lobby nucléaire (faisant grimper de 2% l’action EDF bien mal en point…)
Moins d’une semaine après, ce vendredi 4 mars, nous apprenions qu’après la Suisse, l’Allemagne a officiellement demandé l’arrêt de Fessenheim pour des raisons de sécurité. Les autorités allemandes se basent sur un incident sous-estimé par l’ASN en avril 2014, qualifié de niveau 1 – sur l’échelle internationale des événements nucléaires (INES) qui compte 7 niveaux – et ayant pourtant provoqué (asseyez-vous) une perte de contrôle momentanée du réacteur n°1. Rien que ça! Ainsi dans un courrier de l’ASN adressée au directeur du site de Fessenheim, il est fait mention

« pendant environ 3 minutes, la température du réacteur était hors de contrôle »

L’expert nucléaire Manfred Mertins interrogé par les journalistes du « Süddeutsche Zeitung », s’est même autorisé à dire en parlant du ralentissement du réacteur avec du bore (procédé jamais utilisé à ce jour en Europe occidentale à sa connaissance):

L’équipe a piloté le réacteur quasiment à l’aveugle. […] Le résultat montre que l’arrêt […] n’était plus possible, à tel point que d’autres moyens devaient être mis en oeuvre.

Rassurant, non? Des faits qui entachent forcément le rôle de l’ASN comme d’EDF. Ayez confiance…

Qui croire ? l’ancienne femme du président? la traitre de EELV ?
Au final, nous avons donc un gouvernement schizophrène, chaque ministre décidant maintenant de la question du nucléaire. Il parait étonnant que Emmanuelle Cosse puisse se permettre de parler puisque, rappelons-le, elle n’est que ministre du… logement!
Une ministre qui, il est bon de le souligner, n’a même pas su et pu négocier son logement ministériel. Jean-Michel Baylet, l’a ainsi expulsée de l’Hotel de Castries pourtant historiquement dévolu au ministère tenue dorénavant par l’ancienne membre de EELV.
C’est dire l’influence que possède la félonne sur les décisions présidentielles.

Toujours est-il que Fessenheim doit fermer, et inutile d’attendre l’ouverture sans cesse reportée de l’EPR de Flamanville. La consommation française décroit depuis 4 années, du fait de l’activité économique, de la météo de plus en plus clémente mais aussi et surtout des mesures d’économies qui portent leurs fruits.
En parallèle, la part des énergies renouvelables devient de plus en plus grande, au point de dépasser la production thermique (à base d’énergie fossile) ce qui permet de facto d’envisager l’arrêt progressif de quelques réacteurs nucléaires. Et d’assurer enfin cette transition énergétique tant attendue. Une occasion en or, pourvu que le pouvoir en place est le courage politique de le faire. Rien n’est moins sûr.

Pourquoi fermer Fessenheim?
Elle demeure l’une des plus vieilles centrales de France. Inutile d’avoir fait Ponts et Chaussées, X ou les Mines pour comprendre le problème. Grossièrement, une centrale nucléaire s’avère être une grosse chaudière avec d’énormes robinetteries. Vous pouvez évidemment la rafistoler, mais passer une certaine durée de vie (celle prévue par les constructeurs), les différents éléments sont à bout de souffle. C’est ce qu’on constate par exemple sur les centrales nucléaires belges, Fessenheim ne déroge pas à la règle: tout a une fin.
Pour preuve? L’historique des incidents à la centrale nucléaire de Fessenheim, quasiment un incident par mois!

Et en face?
Côté ex-UMP, Sarkozy avait déjà annoncé la couleur. En 2012, il déclarait subtilement:

«Vouloir fermer Fessenheim, c’est un scandale…»

Son opposant direct, le délinquant Alain Juppé fait même dans la surenchère, de la propagande pure:

« Elu président de la république, l’Etat ne contraindra pas EDF à fermer la centrale nucléaire de Fessenheim. fermer la centrale, en faisant de cette fermeture le symbole de la transition énergétique, n’obéit à aucune logique ni technique, ni économique, ni environnementale« , d’autant que la centrale « bat des records en matière de production d’électricité et a bénéficié d’investissements importants de la part d’EDF  ». Ce qui lui permet de « répondre aux normes de sécurité les plus exigeantes »

Mais les choses ont (un peu) changé et même à droite, Bruno Le Maire cherchant à se démarquer à tenter un

« je ne crois pas que le nucléaire soit l’avenir. Nous devons investir dans les énergies renouvelables »

Le risque est pour le peuple comme la facture
Une fois encore le peuple, les peuples même, puisque la Belgique, l’Allemagne, la Suisse ou même l’Espagne, peuvent craindre les conséquences d’un incident nucléaire français.
Et c’est encore le peuple qui paiera la facture: Pas moins de 100 milliards d’euros d’ici 2030 pour la remise à niveau des installations. Un comble pour l’énergie soit disant la moins chère!

Une chose est sûre: si une catastrophe venait à arriver, ce ne sont certainement pas les grandes gueules comme Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, ou Ségolène Royal qui viendront jouer les liquidateurs!

Sources:
Les Verts français, allemands et suisses demandent de fermer Fessenheim
Fessenheim : les autorités auraient minimisé la gravité d’un incident
Les centrales nucléaires belges, à bout de souffle, menacent les pays voisins
Emmanuelle Cosse : « Fessenheim sera fermée en 2016 »
La consommation électrique des Français encore en baisse
Incident en 2014 à Fessenheim : le réacteur 1 momentanément « hors de contrôle »
Nicolas Sarkozy: «Vouloir fermer Fessenheim, c’est un scandale…»
Nucléaire: Sarkozy se pose en sauveur de Fessenheim et de la filière
Ségolène Royal « prête » à prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires
La sûreté du parc atomique français en question

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