Agnès, Comme à Chaque fois…

Pauvre Agnès. Nul doute que vos souffrances ont dû être terribles, insoutenables, inhumaines. Violée, Tuée puis brûlée. Les mots nous manquent inévitablement pour exprimer notre effroi et notre dégoût. Mineur et… récidiviste. L’intéressé était, une fois de plus, connu des services de police. Et de nous dire, alors, que cette tragédie aurait encore pu être évitée.

Combien d’Agnès avant que les récidivistes soient pris en charge correctement?
agnès

Qui dit polémique, dit politique. Les médias s’emparent de l’affaire, la presse fait ses choux gras, le glauque faisant toujours vendre du papier et gonfler l’audience.
Zapping de chaine en chaine et chaque JT relaye la triste information, la surenchère en détails sordides ne s’arrêtant jamais, l’info, l’exclu, le scoop, vrais ou faux, ne pouvant être évités. Comme à chaque fois.
Le téléspectateur, le lecteur, eux, se transforment alors en éponge, devenant capables de s’associer émotionnellement à l’horreur de la famille. Ils ne savent plus à la fin, s’ils s’informent sur le fait divers par pure compassion ou par pur voyeurisme. Comme à chaque fois.
La polémique naissant, les politiques y voient alors un repas médiatique de choix pour y mettre leur grain de sable. Comme à chaque fois.
Les familles de victimes supplient de ne pas politiser les débats et de ne pas agir sur le coup de l’émotion. Comme à chaque fois.
Les politiques font fi des familles de victimes et chaque groupe politique, chaque ténor veut tirer sa couverture à lui. Comme à chaque fois.
Les extrêmes crient au loup, brandissant la peine de mort. Forcément. Inévitablement. Comme à chaque fois.
Le pouvoir en place, de gauche ou de droite, lance une enquête pour connaître les responsabilités dans le système pénale, irrémédiablement pointé du doigt. Comme à chaque fois.
Chaque corps de métier s’accuse mutuellement, flic contre juge, juge contre prof etc.. Comme à chaque fois.
Les pseudo-journalistes, ceux dignes de la presse de caniveaux, épinglent les jeux vidéos. Comme à chaque fois.
La population la larme à l’œil crie « plus jamais ça ». Comme à chaque fois.

Comme à chaque fois…on connaît déjà les vrais coupables. Pas celui qui commet des actes inhumains et odieux. Non les vrais coupables, ceux qui n’ont pas fait leur boulot en temps et en heure, ceux qui ont laissé faire, ceux qui, au contraire ont empêché d’autres personnes de faire le leur, en leur imposant des contraintes budgétaires, matériels ou d’effectifs, contraintes inadaptées avec leur mission de service public, sécurité ou secours.
Comme à chaque fois, ou plutôt soyons honnête, comme trop souvent, pointons du doigts nos parlementaires, sénateurs ou députés.
Pointons du doigt nos gouvernements successifs. Ces politicards eux seuls demeurent les vrais coupables de ces actes de barbaries sous le motif de « non assistance à personne en danger ».
D’où cette tentative en désespoir de notre premier sinistre de légiférer à chaud pour combler des manques cruels de notre arsenal législatif, véritable passoire de textes en tout genre, déconnectés de la réalité la plus macabre.

« Gouverner c’est prévoir » si vous ne savez pas prévoir, vous ne savez pas gouverner, Mesdames et Messieurs les Politiques!

Oh mais ne restons pas vague, ne restons pas imprécis. Car il reste trop facile de ne pas citer de noms, d’étiqueter tous les politiciens de « pourris » ou d’incapables.
Citons alors au hasard, Rachida Dati comme sa consoeur Michèle Alliot Marie coupables de ne pas avoir fait le travail nécessaire concernant les récidivistes coupables de crimes sexuels, qu’ils soient mineurs ou majeures. Elles qui devaient se charger des récidivistes, se seront finalement chargées de leurs propres intérêts privés, robe haute couture pour l’une et immobilier tunisien pour l’autre. On ne peut pas être partout.
Qu’avez vous fait mesdames de vos heures de travail âprement facturés au peuple de ce pays?
Qu’avez vous fait de vos promesses, de vos annonces grotesques, de vos plans miracles? Où sont les résultats?
Les ministres hommes ou femmes passent, les mêmes problèmes, les mêmes horreurs nées des mêmes hérésies bureaucratiques demeurent!
Et la droite dure ne possède pas le monopole du travail bâclé voire du travail fictif. Non, le Parti Socialiste s’autoflagelle déjà de n’avoir pas voté en 2002 une loi sur le placement en centres éducatifs fermés pour jeunes mineurs. Un point souligné par le grand père d’Agnès: « Agnès ne devait pas mourir. Le gouvernement actuel a créé il y a trois quatre ans les centres d’éducation fermés. Si ce jeune homme avait été mis dans un centre d’éducation fermé, il n’aurait pas été là, il n’aurait pas tué Agnès »

Préjugés et Questions
Arrêtons aussi de nous voiler la face. La médecine moderne ne sait pas efficacement traiter les malades sexuels, pas en tout cas avec les traitements médicamenteux actuels. A l’instar des « experts », personne ne peut affirmer à coup sûr qu’avec le traitement donné, tel pervers ne va pas récidiver une fois relâché. Alors pourquoi assujettir une décision de libération à la parole de ces experts? Pourquoi s’y référer puisque on sait à l’avance que leur avis n’est pas fiable?
Pourquoi préférer aussi la liberté d’un pervers reconnu coupable ou non (c’est le cas ici du jeune dont le procès n’avait pas eu lieu pour son premier crime sexuel) à la sureté de personnes innocentes?
Pourquoi ne pas appliquer le sacro-saint principe de précaution à nos pauvres humains pour nous protéger d’autres « humains »?

Mince. Zut. Flûte. Un nouveau fait divers ou une nouvelle information a déjà pris le relais. Pas le temps de s’attarder. Pendant les caméras seront braquées ailleurs, croisons les doigts que politicards fassent enfin le travail pour lequel ils sont grassement payés.

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4 réflexions sur “Agnès, Comme à Chaque fois…

  1. Cher ami, comme presque toujours, je suis d’accord avec vous. C’est d’ailleurs ce que je mis en réponse à un commentaire sur mon blog. Il faut en effet distinguer l’émotion que nous ressentons devant un fait-divers aussi cruel, surtout en entendant celle des familles et des proches, en l’occurrrence nombre de lycéen(ens de l’exploitation médiatique des Sarkozy & consorts qui n’ont rien à secouer des vraies raisons d’un tel fait de société. Comment en effet faire la part des choses entre un psychotique grave et un malade psychiatrique qui ne ferait que reproduire le modèle ambiant du total mépris pour les femmes, notamment véhiculé par tous les épisodes de viols collectifs ?

    C’est tout autant une question de politique pénale : que faire de tels individus ? En n’ayant garde d’oublier que selon les indications entendues notamment sur France Info ni la direction de ce collège-lycée d’ecellence ni d’autres aurorités n’aient été prévenues de la réalité des charges pseant sur le criminel non pas prévenu puisqu’il aurait finalement avoué.

    Je crois n’avoir aucune tentation sécurtiare mais mon expérience d’infirmière et quelques lectures – dont un article fort ancien (plus de 30 ans de recul)de la « Revue de l’infirmière » sur précisément les schizophrènes et le grand risque qu’ils puissent passer à l’acte. Les exemples ne manquant pas, celui de Tours (je n’ai plusl la date en tête mais dans une ville que je connais particulièrement bien en tant qu’ex voisine orléanaise).

    J’irais encore plus loin. Sarkozy et ces sbires de l’ultralibéralsime ont fait fermer non seuement des lieux d’accueil de jour – dont un centre qui accueillait des malades à Saint Mandé des malades artiste non reconnus – « art brut » tant qu’il ne rapporta rien mais porté au pinacle dès lors que le marché de l’art s’y intéresa ! – mais également des lieux d’accueil de nuit où les malades pouvaient se rendre quand ils sentaient qu’ils allaient trop mal… Il m’étonnerait fort qu’ils se rendissent spontanément dans les consultations de Sainte Anne où c’est plutôt la police qui conduit ceux qui font scandale sur la voie publique ou sont interpellés par la famille ou les voisins.

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    1. @Kamizole
      Moins de moyens aux services des malades (encore traitables) et des lois ineptes. Une belle tambouille!

      Petite blague concernant votre pseudo: La différence entre Mémé Zinzin et Mémé Kamizole? Le compte en banque! ;-)

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  2. CPolitic

    Oui, les hommages, les fleurs et autres discours ne changent rien au fait que l’on mette en circulation des individus malades, à la fois d’un organe qui les démange et que l’on pourrait peut-être d’une manière ou d’une autre, stabiliser en lui injectant un « calme toi », et malade du cerveau qui n’a comme vision qu’un sexe féminin….alors les enfermer celà ne sert à rien puisqu’on les remet en circulation à un moment ou à un autre, les récidivistes peuvent endormir leur entourage et les psychiatres s’engager à les remettre en circulation, et particulièrement dans le cas d’Agnès, envoyer un malade du sexe dans un établissement où il pourra, tout à loisir, voir des filles, c’est comme mettre des souris en face d’un chat qui a faim !….

    Alors, les promenades en forêt avec un amoureux récent ou à venir, pour les jeunes filles c’est à proscrire, faire une sortie matinale pour courir, c’est à supprimer, rentrer tard d’une soirée, ou traverser un parking seule, c’est risqué etc…etc…. mais pleurer quand c’est trop tard, çà sert à rien non plus :…..une jeune fille de 17 ans nommée Agnès a disparu ……..
    amicalement
    genevieve

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