Recette de la Vengeance Politique. A servir Froide en 2012.

Imaginez un instant. Votre « ami », votre collègue vous a placé à un poste réputé important, à responsabilité. Il vous a promis monts et merveilles tout en vous permettant de rebondir après votre désillusion corrézienne.
En échange, vous l’avez aidé dans la conquête du pouvoir, vous l’avez soutenu avant et pendant cette ascension.
Prêt à passer à l’éponge sur moult erreurs ou propos de sa part. Prêt à supporter ses amis infréquentables. Prêt à accepter ses goûts, ses lubies, son mode de vie. Prêt à fermer les yeux sur sa vie privée, ses relations voire sa santé. Prêt à pardonner l’impardonnable pour la conquête du pouvoir, pour la croyance en des valeurs communes, ou tout du moins que vous croyiez communes avec cet individu. Vous avez tout sacrifié.

Mais après l’aveuglement, arrive le temps de la lucidité. Oh le début ne fut pas de tout repos, ce fut même une révélation dans la douleur. Une impression de s’être fait avoir une deuxième fois, par le digne successeur miniature, d’un grand homme d’Etat, quoi qu’on en dise, quoi qu’il ait fait.
Une impression d’avoir été trahi, d’avoir été humilié, d’avoir été manipulé pour perdre finalement tout. Vos convictions. Votre honneur. Votre respectabilité. Votre ambition. La mairie de Paris suffira. Un moindre mal.

Alors une fois passé ce cap, du choc post-traumatique, pénétration politique sans lubrifiant, mélange de rancœur et de dépression, vous avez décidé de réagir. C’est bien. D’autant que vous n’êtes pas seul.
Car les mécontents, les déçus, les grugés se ramassent à la pelle. D’ailleurs, il n’y a qu’à faire un tour de table pour s’en convaincre. Passées les quelques minutes de lèche-bottes blues, les langues se délient, les langues de celles et ceux qui ont eu l’audace, le courage ou la témérité de rester dans ce parti sans tête. Un groupuscule au chefaillon avec de longs bras (plus longs que ses jambes), bras qui brassent à n’en plus finir l’air. Un air devenu irrespirable.
Et 4 ans de folie quotidienne sans aucun résultat concret ou avec uniquement les pires résultats par les pires manières pour les pires privilégiés.
Alors pas d’action sans décision. Encore faut-il prendre la bonne. Cela vous changera.

Que faire? Démissionner? Pousser sa gueulante? Claquer la porte d’un gouvernement qui ne vous appartient même pas? Votre ex-meilleur ennemi l’a fait par le passé, tout fougueux qu’il était. Il a dû attendre une nouvelle fois son tour pour le poste suprême.
Non, faites mieux! En parallèle du prozac à haute dose mélangé à une boisson énergisante à la taurine, aux conséquences sur le long terme pour votre santé totalement inconnues, vous allez réunir votre troupe et échafauder un plan de bataille. Tout dans la finesse. Fédérez en coulisse les déçu(e)s et floué(e)s.
« La vengeance est un plat qui se mange froid » dit-on dans la France d’en bas. Celui-ci va donc être préparé doucement, patiemment, le temps que vous, le chef cuisto et sa brigade concocte le meilleur des repas, le plus indigeste, magnifique, succulent, délicieux puis finalement gras et écœurant.
Histoire que le client, pardon la victime, s’en souvienne pour longtemps.

Mais il faut que cela fasse naturel. Vous n’allez donc pas vous opposer directement frontalement – ou si vous deviez le faire (pour assurer un éventuel destin politique) – faites le subtilement en minimisant ensuite votre victoire, l’opinion publique étant, de toute manière, avec vous.
Le sujet des Roms fera très bien l’affaire. Monsieur veut jouer au con, franchir les limites de l’inacceptable, les limites avec l’extrême-droite. Une déclaration à l’AFP suffit pour montrer votre différence, tout en comprenant le choix de votre ex-gourou.
Dès qu’une élection montre la possible fragilité de son pouvoir, rameutez vos anciens camarades, histoire de préparer le terrain tout en rassurant la (petite) bête immonde.
Mais pour votre objectif final, il vous faut une pièce maitresse, un allié de poids voire un pigeon. Soyez vicieux. Soyez impitoyable. Enfoncez le clou. Trouvez quelqu’un qui n’a rien à perdre… ou plutôt qui a tout intérêt à maximiser ses chances de victoire présidentielles à l’élection suivante et donc à faire perdre son camp ce coup-ci.
D’une pierre, vous ferez immanquablement deux coups en recrutant celui qui convoite le même poste…
La Politique étant le paradis des magouilleurs et de la magouille, mettez le dans la confidence, prenez le risque et vous verrez bien sa réaction. L’ennemi de mon ennemi est mon ami.

D’un commun accord vous voilà sur la même longueur d’onde. Vous, vous voulez sa défaite pour voir sa tête. Votre nouvel ami veut cette défaite pour sa future fête. Tout est stratégique. Nouvelle étape. Comment s’assurer d’une défaite? Gagner une course est difficile. Mais la perdre l’est, paradoxalement, tout autant, surtout quand les chances de gagner sont là devant vous…puisque c’est vous!
Malgré votre poste peu enviable, votre collaboration éhontée à cette politique abjecte, déclinez l’offre que le message populaire vous envoie. Pour faire perdre votre camp, ne faites rien. Laissez votre petit meneur croire qu’il est le meilleur, le prince du bac à sable, le meneur. Misez tout sur son égocentrisme.

Bravo. Vous avez gagné. A force de nier les évidences, à force de lui dire qu’il peut le faire, il l’a cru. Vous avez bien joué. Vous comme les autres, les autres déçus, ces cireurs de pompes, un cuir de piètre qualité, à talons et à glands.

Plus c’est gros, plus ça passe.
« Ensemble tout est possible », « 0 SDF dans deux ans », « République irréprochable ». Jouons à l’arroseur arrosé. Faites ce qu’il a fait au peuple, avec ses propres armes: le culot et le mensonge.
Louer la magnificence de votre seigneur: « Quatre années plus tard, je réponds que le président de la République est resté l’homme que vous aimez: inclassable, valeureux, engagé, déterminé et finalement toujours libre »
Faites de véritables louanges: « il n’y a pas l’ombre d’un doute. C’est lui qui rassemble le plus largement possible la majorité. » en faisant fi effrontément de ces 83% d’impopularité, un record dans la Vème république.
Usez et abusez: « Et lorsque, dans le secret de l’isoloir, les Français devront faire ce choix, je ne doute pas que la crédibilité du président de la République, l’expérience qui est la sienne, le sens de la responsabilité dont il a fait preuve, le respect qu’il inspire sur la scène internationale pèseront lourd dans le choix des Français »
Restez crédible dans votre mensonge: « Oui je revendique des erreurs. Mais je revendique aussi des succès et je revendique surtout avec le président de la République d’avoir tenu le cap et d’avoir respecté les engagements »
Demandez à vos comparses de vous aider: « Cessons d’attendre de la magie des politiques. Le bilan […] est réel, même sur le pouvoir d’achat, mais il n’est pas ressenti parce qu’il n’est et ne sera jamais à la hauteur de l’attente suscitée. », faites pardonner virtuellement l’impardonnable.
L’opinion publique se gausse. Vous itou. L’essentiel des journalistes (la Croix, le Monde, le Figaro, LCI, le Point…) répètent comme des perroquets ce que vous dites, sans aucune analyse. Tant mieux, le message ne passera que mieux, dans l’oreille de votre cible et de sa garde rapprochée à droite, bien à l’extrême-droite. Même le journal éponyme du symbole de cette république bananière ne fait que constater votre « aveuglement », sans rien comprendre, niaiseux et égocentriques qu’ils sont, se contentant bêtement de contre-argumenter vos illogiques louanges. Quand des journalistes en panne de plume ou de bons arguments font appel à des blogueurs. Boulets pros ou amateurs, cela reste des boulets. Roulez-les! Jouez cette comédie à retardement. Le piège se referme. Continuez, il sera le meilleur, le meilleur pour perdre.

Laissez passer le con
Les Régis ont fini de souffrir. Place bientôt au Nicolas. Nicolas est un con, un pauv’ con, qui va devoir se casser. Mais pas comme ça, pas aussi rapidement, en refusant de se porter candidat. Après le dîner de con, la campagne électorale du con. Tout aussi jouissif.
Grâce à votre machiavélisme, exacerbé par votre déception, vous allez pouvoir récolter les fruits de votre travail acharné. Le chasseur devient le chassé… par ses propres compagnons de chasse.
Tous ensemble, puisque tout est possible, vous allez emmener votre chef de meute, à la mort, à l’abattage. Un an pour réussir ce coup. Un coup de maître. Il y croira jusqu’au bout. Les sifflets, les quolibets, les godasses au visage seront écartées par un service d’ordre impeccable et un public trié sur le volet, comme d’habitude, un public aussi petit en taille que grand par son fanatisme. Pas de place au hasard, pas de place à la contestation, le monarque en culotte courte doit croire l’incroyable jusqu’au bout, jusqu’au résultat du premier tour.
4 millions de manifestants dans les rues n’ont pas suffit. Les sondages calamiteux, ridicules même et normalement anxiogènes n’ont plus. Il ne lui faudra pas une leçon. Il ne lui faudra pas un échec. C’est à une bonne dérouillée qu’il faut le convier. Pire encore que celle du coton-tige. Votre honneur (perdu) en dépend.

Rêvons
8, 5 voire 2. Oui 2% un chiffre pathétique, pitoyable, symbolique, un chiffre dont il se remettrait pas. Cependant impossible, du fait de l’abstention. Alors soyons raisonnables, 5-6% serait déjà une belle déculottée en place publique. Une occasion que le sobre en toute circonstance devienne alcoolique.
Ajoutez à cela, le lendemain de cette branlée, le divorce demandée par sa péripatéticienne de luxe, avec la pension alimentaire qui va avec, et votre victoire sera totale.
Il ne vous restera plus qu’à faire profil bas, avec vos amis politiciens félons parmi les félons, pour qu’en cinq ans, vous puissiez reconstruire toute la crédibilité d’un parti censé être gaulliste.
Dur? Difficile? Infaisable? Le temps arrange tout. Si ces veaux de français ont pu porter au pouvoir, au plus haut sommet de l’état, celui qui n’était qu’un petit clébard fielleux, compagnon d’infortune d’une couille molle style Louis XIV, alors ils pourront vous placer, vous, ou un de vos complices rebelles à des postes inespérés.
Rassurez-vous, ensemble tout est possible, le meilleur comme le pire, et le pire est déjà derrière nous.

Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

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6 réflexions sur “Recette de la Vengeance Politique. A servir Froide en 2012.

  1. ENSEMBLE TOUT EST POSSIBLE : ce qui était un slogan de la première campagne de Sarkozy dont l’habileté n’avait d’égal que la duplicité s’est averré finalement une réalité objective chez les peuples arabes. Quand allons nous comprendre que nous aussi nous avons le pouvoir de balancer toute la clique de jean foutres qui nous sert de gouvernement actuel ? Et au delà, puisque nous n’aurons le choix qu’entre le néant de la droite et la platitude de la gauche dite de gouvernement, est-ce que nous aurons la force de stimuler et de faire pression sur ce gouvernement de gauche pour qu’il applique une vraie politique de gauche?
    Imaginons un peu le dialogue suivant dans les jardins de l’Elysée en septembre 2012:
    – Comment mon bon Flamby, vous mon premier grand chambellan, c’est une révolte?
    – Non Sire Déesseka 1er, c’est une révolution
    – Qu’on envoie nos armées disperser ce troupeau de loqueteux!!
    – Impossible Sire, toutes nos gens d’armes sont envoyés comme conseillers pour faire la même chose dans tous les pays de la Méditerranée et ceci pour défendre les intérèts de nos amis les émirs pétroliers!!!
    – Eh bien alors que faire ???
    – Il va falloir lâcher du lest, envoyer à l’échafaud quelques gras rentiers des banques, aux galères quelques spécialistes qui se sont toujours trompés et quelques politiciens de l’ancienne majorité effectuer (enfin) des travaux d’intérèt général sinon ……….
    – Sinon?
    – Sinon ce n’est plus une révolution mondiale à laquelle nous aurons à faire, mais au grand chambardement de la fin du monde !!!!!

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  2. Que l’Histoire cette fois ne soit pas sourde aux cris de notre rage !
    Décrétons que les sondages ne l’éliminent pas dès le premier tour. Ce serait trop facile. Non, il faut qu’il se la bouffe la soupe aux tics, bien coagulée, épaisse et froide jusqu’à extinction profonde et définitive au soir du second.
    M’est avis que dès lors : à lui les convulsions, à nous les orgasmes !
    Cordialement.

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  3. Le f-haine prendra une déculottée au 1er tour et sarkosy au 2ème. La France ne peut pas être raciste. Chaque bulletin comptera.

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    1. @ErvéDo
      Excellentes illustrations comme trop souvent

      @Castronovo
      Ce ne sont pas les sondages mais les votes qui l’élimineront au soir du premier tour.

      @paix68
      On espère mais rien n’est moins sûr.
      Peu de gens pouvait prédire la cata de Jospin alors…

      @Loubomyr
      Vu et entendu. Un bel appel du pied au FN. Lamentable et pitoyable comme toujours.

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  4. JUSQU’AU BOUT DE L’IGNOMINIE
    Vous avez vu la dernière proposition « sociale » de Wauquiez? EXIGER DES TITULAIRES DU RSA 5 HEURES DE TRAVAIL D’INTERET GENERAL PAR SEMAINE.
    1- Tout ça pour caresser dans le sens du poil les gens (en majorité de droite et d’extrème droite) qui pensent que tous les chômeurs sont des fainéants!!!!
    2- Cela revient à assimiler les « bénéficiaires » du RSA à des délinquants puisque le travail d’intérèt général est une peine de substitution.
    3- Cela créera un peu plus de chômage puisque ces gens là prendront la place de travailleurs salariés.
    4- En conséquence cela créera encore un peu plus de précarité : comment peut on être serein quand on sait qu’une partie de son boulot peut être effectué par quelqu’un qui ne coutera rien à l’employeur?
    5- Enfin cela contribuera encore un peu plus à diviser pour mieux régner !!!!
    Putain, ils ne reculent devant rien !!!!

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