Quand Quick fait de l'Intelligence Economique…pour ses Burgers

Publicité, Propagande diront certains. Les plus avisés comme les plus lucides parleront plutôt d’ « Intelligence Economique ». Cpolitic se permettra même d’y rajouter le « Culot Economique », après la tragédie sanitaire qui s’est produite, à savoir la mort d’un jeune homme au Quick d’Avignon.
Car à en lire ces tracts promotionnels ventant les mérites des saloperies savoureuses de l’enseigne d’origine franco-belge, celles et ceux qui les ont rédiger devaient avoir en une bonne dose, de culot!

1/ Le déguisement
Ce qu’on peut constater en premier lieu, c’est que l’opération de com’ se fait sous l’excuse fallacieuse (mais toujours appréciée) d’une opération promotionnelle avec une multitude de bons de réduction.
La couverture (voir ci-dessous) ne témoigne en rien des propos additionnels que vous allez pouvoir découvrir. Peut être que l’expression « Nos burgers faits ici » auraient pu donner la puce à l’oreille…quoique.
Les jolis couleurs acidulées – très djeunz – maquille également bien l’importance du futur message véhiculé dans les pages suivantes.
Quant aux photos, à l’instar de son concurrent, elles demeurent toujours plus appétissantes que la réalité sous polystyrène.

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2/ La durée
Même si elle ne parait pas extraordinaire, c’est à dire éloignée des campagnes promotionnelles classiques – 30 jours de réduction sur les quicks burgers et autres joyeusetés bourrés de conservateurs prouvent que le besoin côté Quick de restaurer l’attrait du public paraît grand, très grand. La confiance du consommateur a été plus qu’ébranlée, il s’agit d’y remédier en finesse.

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3/ La méthode: tout en subtilité
De part la manière d’aborder le sujet de la sécurité alimentaire, le lectorat est en droit de se demander si Quick assume son message enrobé dans de la promotion ou au contraire, si cette technique prouve l’immense talent des conseillers en marketing et « intelligence économique ».
Car même en parcourant le début de la première page, nous sommes encore dans le « tout promo », « tout le monde il est beau, tout il est gentil », le Quick c’est de la gastronomie française voire même le fameux « Burger Quality Restaurant » pour reprendre le slogan en devanture des distributeurs à mal-bouffe.
« Des offres à prix maison »« retrouvez le meilleur de quick » Pourquoi il y aurait du mauvais?
« Made IN chez nous » Drôle non? Ou comment sur le ton de l’humour expliquer que nous sommes différents du Mac Do, typiquement américain et fier de l’être. Mangez Quick, mangez français, semble vouloir dire la pub.
Et que dire de « Préparez pour vous par nos équipes tout à côté de chez vous »?
Superbe phrase d’accroche. On commence facile en associant étrangement « proximité » et « qualité ». C’est oublier un peu vite les progrès de la chaine du froid, ces progrès qui permettent à certains restaurateurs mal intentionnés de vendre des produits faits maison, justement, alors qu’ils sont directement achetés chez des grandes enseignes destinés aux « professionnels ».
La cerise sur le gâteau de la méthode, pardon la tranche de cheddar sur le steack: « Le Saviez-vous? » Comment ne pas rêver mieux comme phrase d’accroche et pour une jolie digression.
« Oh oh faites attention l’ami(e), je ne voudrais pas te déranger dans ta lecture et ta soif de payer moins cher la merde que tu manges, mais chez Quick, quoiqu’en disent les médias, on a des critères de qualité »
On y apprend qu’une personne spécialement formée, chaque matin fait 162 points de contrôle sur les ingrédients et les équipements de cuisine. Sans blague?
Nul doute qu’aucun de ces points n’avaient été réalisés à Avignon…à moins que le « personnel spécialement formé » n’ait été en congé… maladie. Car pour retrouver des Staphylocoques dorés sur le sol, les burgers et ce même personnel, le tout en grosse quantité, il fallait être aveugle et drôlement dégueulasse. (appelons un steak de matou, un steak de matou!)

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4/ Le déguisement 2, le retour
Ou comment vous faire avaler le burger de l’Intelligence économique. Encore mieux réalisé que la première page, des couleurs criardes, des photos truquées et énormes de produits et une avalanches de promos.
On vous fait plaisir avant tout…si en plus on peut faire passer un petit message informatif rassurant.
Des promos qui auront le mérite de vous renseigner sur les marges faites, jour après jour, repas après repas.
Mais la généralité des images incrustées – utilisables dans n’importe quelle publicité Quick – rappelle aussi que ce plan com’ a été fait dans l’urgence de la situation, suite à une décision politique au QG du groupe.

5/ A fond à fond
Autant la page 3, on retrouve le même procédé, autant à la dernière page, on se lâche: finies les promos et vive les « Le Saviez vous? » Au point que le prospectus pourrait servir de base à une nouvelle version du Trivial Poursuite. La méthode atteint ses limites du digeste pour marteler le vrai message: la sécurité alimentaire. Ayez confiance!

Où les limites de la com’ et des franchises…
Au-delà de cette hérésie de la communication, le consommateur doit s’interroger sur le sérieux de cette franchise (comme de ses concurrents Mac Do, KFC…) aux pratiques déjà maintes fois épinglées.
Comment en sommes nous arrivés à un mort? La traçabilité, pourtant rabâchée ici, n’y est pour rien, la contamination étant survenue sur le lieu de vente et de préparation.
Qu’en avait-il à faire, le jeune mort en Avignon, de la provenance 100% française, du 100% pur muscle, de la conservation maximum de 10minutes après la cuisson, des 496 contrôles qualités de la gamme burger, de la réfrigération contrôlée des fromages fondus, salades et crudités.
Non, ce qui est vraiment intéressant, ce sont les prétendues 9000 analyses « indépendantes » sur 72 critères bactériologiques faites annuellement dans les restaurants Quick.

Beaucoup de questions
Sont-ils passés dans le gourbi avignonnais les inspecteurs? Y’a t il eu un suivi en haut lieu d’éventuels contrôles négatifs?
La DDASS a t elle fait des contrôles en plus de ceux de la maison mère Quick? Ou an contraire, une certaine impunité du fait de caractère étatique (La caisse des dépôts et consignation – l’argent de nos impots – détient 96% de la société) a-t-elle véritablement régné?
Et à l’extrême, à quoi bon autant de normes, de contrôles, de chartes et autres conneries administratives ou marketing couteuses, si le bon sens en matière d’hygiène n’est ni respecté ni contrôlé?

« Nous c’est le goût »
Comme trop souvent, la rentabilité à tout prix et le laxisme ont encore entraîné le pire. On se dit que changer moins souvent l’huile n’est pas grave, que se laver les mains à chaque fois fait perdre du temps…
Il faudra plus qu’une campagne d’information-promotion, aussi stupide qu’un logo repeint du rouge au vert pour faire plus écolo, pour ne plus sentir ce goût amer voire mortel!

Article connexe: Du Point Commun de Quick, GDF Suez et Darty…

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2 réflexions sur “Quand Quick fait de l'Intelligence Economique…pour ses Burgers

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