Nous sommes en Guerre

Le mot n’est pas trop fort. Oh évidemment, afin de rassurer les âmes sensibles, c’est une guerre pacifique, une guerre d’idéologie mais n’ayons pas peur des mots, à l’instar d’un John Rambo à son colonel, version fleur au fusil: c’est la guerre!

Contrairement à une certaine parodie de président, réagissant sur l’émotion au moindre fait divers par une nouvelle loi populiste, le mot ne semble pas galvaudé.
Mais si le conflit n’est pas armé – au sens strict du terme avec des chars, des avions de combat… – le terme usité ici se justifie par ses similitudes troublantes…

La guerre mais pas celle qu’il croit
sarkozy rambo

Qui a commencé? Il en faut toujours un. Pour une fois, le groupe sera déterminé: les conservateurs et leurs successeurs, les fameux « néocons ». Mais attention: sur le champ de bataille de l’échiquier politique, ils ne sont pas tous de droite, estampillé « UMP ».
Comme dans toutes guerres, il y a les taupes, les pourris d’espions, de traitres, les félons qui ont noyauté le camp adverse pour mieux le dynamiter de l’intérieur.
On les reconnait à leurs langages, leurs idées étrangement proches de leur parti patrie.
Dès qu’il s’agit de « briser les tabous », comprendre revenir sur les acquis sociaux.
Dès qu’il s’agit de parler d’immigration, les mots à caractère péjoratif pleuvent: « mets moi du blancos »
Dès qu’il s’agit de relancer les petites phrases assassines contre son propre camp. Ils sont là, bien présents, devançant même nos attentes et celles de leurs mentors.
On les reconnait également à leurs réseaux: les mêmes personnalités (people?), les mêmes financiers, les mêmes industriels, les mêmes « agents ».
Désignez les éléphanteaux comme les éléphants soupçonnables et vous aurez droit à un déferlement de missiles fallacieux: moderne contre vieux, réforme contre laxisme, personnalité contre personnalité, vénérant telle idole du socialisme plutôt qu’une autre.

Comme dans toutes guerres, il y a aussi les partis amis – officieusement – sur lesquels on crache gentiment avant les élections.. mais avec lesquels on se rabiboche vite pour décrocher tel bastion, les soirs de scrutin. Oubliez les valeurs, oubliez les fondamentaux, pourvu qu’on est l’objectif.

Comme dans toutes guerres, il y a les rebelles, là encore, alliés ou non. En politique, dans la vie en société, ce sont les associations, syndicats et autres mouvements satellites. L’idéal pour se financer légalement, non sans problème d’Ethique. Vous avez dit Ethique?

Comme dans toutes guerres, il y a LA menace ultime: l’extrême de son propre camp. Le bouton rouge vif…ou le bouton bleu. A vous d’éviter pour nous choisir, nous, les républicains.

Les deux blocs se font finalement la guerre… par jeu! Une jolie alternance qui donne l’illusion de la démocratie. Les moins naïfs (naïves), les plus informé(e)s, les plus lucides auront compris ce wargame. On se donne le pouvoir à tour de rôle, pas forcément de manière égale (sinon les ficelles seraient trop grosses), l’essentiel c’est que le camp d’en face survive… pour mieux nous rendre l’appareil au prochain coup dur.

Et au milieu, comme dans toutes guerres, les civils, jeunes ou vieux, hommes, femmes et enfants. Les plus riches s’en sortent avec plus de facilités… l’argent étant le moteur de cette guerre, comme du reste.
Les pauvres, ces autres, les moins pauvres (classe moyenne) comme les plus pauvres (SDF), les pudiquement Différents (handicapé(e)s, invalides, personnes seules ou dépendantes, issu(e)s de l’immigration, homo ou non, contaminé ou non, orphelin(e)s ou en famille d’accueil, retraité(e)s et futur(e)s retraité(e)s, sans qualification aucune ou avec, chômeur ou non…), tous ces « inférieurs » de la France d’en bas, ce sont eux qui encaissent les drames de ces combats: les séquelles sociales, économiques, physico-mentales voire environnementales. Eux les dommages collatéraux.

A en devenir fous, à en devenir dépendant à des drogues douces ou plus dures, illicites ou stupidement licites, à en devenir extrémiste, à s’expatrier sur un coup de tête, à en crier « tous pourris », à s’engager dans d’une ONG loin, loin, très loin. A en devenir haineux, violent, verbalement ou physiquement. A s’en prendre qu’à soi même. A en crever.

Alors plutôt que de se retourner l’arme contre soi, autant la retourner contre les responsables, les vrais, ces fous de guerre. Et se battre, avec ses moyens, ses petits poings, par tous les moyens d’expressions possibles et inimaginables, pour protéger son prochain, protéger ses valeurs, protéger son environnement… pour se protéger soi-même.

Dénonçons leurs basses besognes, camouflées sous des pseudo-réformes: tel ce ministre fantoche qui sous couvert d’une meilleure reconnaissance des Sciences et du calcul mental… veut avoir des profs scientifiques multi-matières. Un enseignant pour la Biologie-Physique-Chimie-Maths!
Dénonçons leur lâcheté politique: tels ces CRS bien rapidement entendus dans leurs revendications, eux les zélés du contrôle et du matraquage lors des manifs.
Dénonçons leur cupidité: Eux qui préfèrent fermer les yeux – de droite ou de gauche – sur les agissements d’un laboratoire pharmaceutique, qu’importe qu’il y ait des morts. Eux qui fournissent en armes les dictateurs, honorables présidents élus légitimement avec plus de 80% des voix, avant de se faire expulser de force par leur peuple…à bout.
Dénonçons leurs destructions programmées: 35h, retraites, sécurité sociale…
Dénonçons leurs mensonges communs: cette Europe (des marchés et non des peuples), ou la soi-disante sauvegarde des services publics (démantelés par l’un, détricoté gentiment par l’autre).

Nous sommes en guerre. Que vous le vouliez ou non. Une guerre invisible, politique idéologique certes, mais une guerre avec des victimes bien réelles. Car les blessés comme les morts se comptent par milliers, dans notre pays comme à l’autre bout du monde. A cause de notre action ou de notre inaction.

sarkozy rambo

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8 réflexions sur “Nous sommes en Guerre

  1. De guerre lasse : la Politique en Franchouillie, c’est l’art de perdre et de l’ignorer et de se lever la matin sous prétexte de gagner une bataille mais de pantoufler tranquillement dans son petit confort douillé pendant qu’au dehors…

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  2. Affaibli par ses blessures lors de la guerre de 14/18, Guillaume Appolinaire est décédé de la grippe espagnole. Il avait pourtant écrit « Ah! Dieu que la guerre est jolie – Avec ses chants, ses longs loisirs. »
    Citation qui sera reprise plus tard en 1969 par Altenborough en titre d’un film musical et qui malgré son apparente légèrté n’en constituait pas moins un sérieux réquisitoire contre la guerre et ses commanditaires.
    C’est pour cela que les politiques font la guerre : parce qu’ils la trouvent jolie !!!!! Et puis, ils s’ennuient dans leurs grands bureaux, alors pourquoi pas une bonne guerre ???? Et comme Clémenceau avait dit que la guerre est une chose trop sérieuse pour qu’on la confie aux militaires, c’est pour cela aussi que ce sont les politiques civils qui s’en chargent !!!!
    Cependant, à l’instar des poilus-chair-à-canon qui se sont révoltés dans leurs tranchées malgré les ravages de la propagande, le-petit-peuple-chair-à-economie-néocon se révolte en blogant, en marchant, voire même plus malgré les ravages de la télé à temps de cerveau disponible !!!!!!

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  3. @dpp : même si la dénonciation a ses limites, elle permet de mettre en lumière auprès des citoyens qui ne sont pas forcément ausi informés que nous autres les geeks des faits et gestes de l’oligarchie. et ce n’est déja pas si mal, meme si, efffectivement, cela ne suffit pas.

    @cpol : ce billet fut à l’honneur hier chez moi. Toute ma considération.

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    1. @GdeC
      Merci beaucoup.

      @dpp
      Dénoncer demeure le seul moyen légal de se battre en attendant de nouvelles élections…
      Le devoir d’informer en somme pour qu’une telle hérésie électorale ne se reproduise plus!

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  4. des pas perdus dit :
    2 février 2011 à 2 h 55 min

    Beau billet. Mais la dénonciation a me semble-t-il ses limites…
    _____________________________________________________

    Mouais…
    Mais si l’opinion doit se contenter de juste s’indigner (c’est à la mode et ça ne fait de mal à personne, pas même à ce qui nous indigne) je trouve que c’est un peu limite.
    Et puis « dénonciation » n’est pas « délation ». Tout comme « sucer » n’est pas « tromper ». Oups ! Je m’égare. ;-)

    Pour sourire un peu :

    http://www.alterinfo.net/dozone/Revers-de-manche_a99.html

    Petit jeu de mot de Seb Musset lu sur twitter :

    « Moi aussi je veux un plan MAM Air ! »

    ;-))

    On peut s’indigner.
    On peut dénoncer.
    On peut en rire à défaut d’en pleurer.

    A bientôt !

    Ervé

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