Tout l’Art d’User (et non d’Abuser) de la Liberté d’Expression

« VRP cocaïné » 2 mots ont suffit à lancer la polémique. 2 mots qui, pris hors de leur contexte, pourraient s’adresser à n’importe quel people récemment médiatisé pour de stupéfiants motifs: Delarue, Beigbeder, Eric (sans Ramzy)…
Mais la cible de l’humoriste Nicolas Bedos était toute autre: un certain Nicolas Sarkozy.

Sacrilège, Blasphème, Horreur, Malheur et Damnation! Le fils de, véritable sosie de son père en plus jeune, étiqueté « bobo » de par son physique d’éphèbe désinvolte perpétuellement éméché, a osé tirer à vue dans son agenda de la semaine mythomane.
Non content de mettre le faux-cul FOG dans l’embarras, dans la même intervention déjantée et acide, l’effronté tête à baffe au sourire trop large pour être honnête, s’est autorisé d’habiller le corps normalement respecté et respectueux de la Police en ces termes:
« … concernant les policiers, dont certains, de nuit, racailles tombées du bon côté », ont « un QI de poulpe mort »

S’en est trop dans la France bien pensante de Sarkoland 2010. Autant pour l’attaque lâche et abjecte envers Sarkozy, la polémique enfle. Autant, pour l’insulte faite à la Police, celle-ci explose au grand jour dans un grand journal, n’ayant finalement de grand que son générique, le zapping, les guignols et quelques bons invités…

Et elle continue cette polémique avec l’intervention un tantinet démagogique du député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Lucca, ancré bien à droite de l’UMP, prenant étrangement et maladroitement la défense de ce Nicolas neuilléens – Bedos pas Sarkozy, l’erreur venant peut être de là – en prétextant (avec humour?) que « probablement » le provocateur avait « connu une mauvaise expérience » qui « doit être fondée » vis à vis de la censure demandée par NKM en personne: « Si j’étais l’animateur (ndlc: FOG), je ne le réinviterai pas »
Ce qui, on le comprend, n’a pas plu du tout à un gardien de la paix – au QI comme aux Q »ouilles » plus grosses que ses collègues – rappelant non seulement les faits – conduite en état d’ivresse sur un scooter – mais aussi sa vision des choses quant aux propos d’un humoriste, dont il apprécie ordinairement les chroniques « drôles et acerbes » dixit son droite de réponse.
Non ce qui le dérange vraiment ce policier, c’est ce représentant du peuple qui se permet la même liberté de parole, qu’un humoriste de deuxième partie soirée! Un député de la majorité présidentielle qui jète au mieux « l’opprobre sur le travail de policiers » au pire « un discrédit généralisé sur (la) fonction, (les) missions, les lois et les règles pénales françaises. »
D’autant que Lionnel Luca continuait par un très juste, mais passé à la trappe médiatique:
« Tant qu’il n’y a pas de calomnie ou d’insulte, les humoristes ont bien le droit de dire ce qu’ils veulent, de ne pas être d’accord. C’est leur liberté d’expression et c’est précieux, car c’est ce qui enrichit le débat d’idées. Les poursuivre en justice, ça n’est jamais bon, car c’est une forme de totalitarisme qui pourrait conduire à créer une caste d’intouchables. »

Ne reculant devant rien, d’autres, non sans culot, ont même comparé l’affaire à la polémique Zemourienne sur la liberté d’expression. Défendre Nicolas Bedos reviendrait donc à défendre Eric Zemmour, dans la plus grande tradition des amalgames ignobles de ce dernier. Le genre qui font dire à un certain Guy, père de Nicolas, « je ne veux pas parler à ce type (ndlc: Eric Zemmour), la prochaine fois je le frappe”… un Guy bien timoré, le « je le frappe » se remplaçant avec bonheur et délectation par un « je le bute » voire par un plus impressionnant mais néanmoins réaliste « je lui explose sa gueule de p’tit merdeux ».

Oui, le Eric, régurgitant sa rage née de deux échecs d’entrée à l’ENA (Bruno Mégret est bien polytechnicien!), fait partie de cette catégorie de médiocre personne n’ayant jamais fait grand chose de leurs dix doigts, sinon de vivre du travail des autres, en les critiquant, par la manière la plus humiliante et la plus injuste qui soit, dans l’unique but de garantir une médiatisation sans faille dans un PAF aseptisé. Un être qui aime à s’écouter parler, en somme.
Aucun talent, aucune vérité, juste le plaisir de défoncer le portrait de l’invité devenu le temps d’une chronique, une victime consentante… puisque connaissant à l’avance la présence des deux lyncheurs professionnels.

Diantre! Mais comment confondre ces deux usages de la liberté d’expression?
L’un use de tout son talent pour oser dire tout haut ce que la France pense tout bas.
L’autre use de toute son ignominie pour rabâcher un fait, mais dans quel autre but, sinon pour manipuler la France d’en bas.
L’un ose la caricature pour dénoncer une personnalité politique.
L’autre impose un fait réel sorti du contexte pour caricaturer la société française.
L’un provoque par l’amalgame pour dénoncer les policiers qui ne sont pas tous des hommes d’honneur.
L’autre utilise l’amalgame pour justifier des idées malsaines.
L’un use de la liberté d’expression qui incombe à sa profession.
L’autre abuse de la liberté d’expression octroyée à sa profession.
L’un distille dans ses sketches sa culture.
L’autre tartine ses pamphlets verbaux par sa culture, telle la confiture.
L’un donne envie de le réécouter malgré son probable courant politique.
L’autre donne envie de vomir tout en se rappelant de ses relans politiques.

Profitions de cet article pour oser appeler un chat, un chat!
Oui, Sarkozy est un VRP de Dassault et d’Areva, cocaïné au mieux dans son comportement (ses tiques, son verbiage, ses sueurs même dans des édifices religieux, ses oublis…) au pire dans la pratique.
Oui, Carla Bruni est une pute de luxe, de part son florilèges de conquêtes, elle qui avoue aimer la polygamie. C’est son droit le plus légitime, c’est notre droit le plus légitime de nous moquer…celle-ci ne choisissant étrangement jamais des hommes RMIstes…
Oui, le serment que font les policiers ne les rendent pas parfaits encore moins irréprochables, eux-mêmes en conviennent.
Oui, la pauvreté est le terreau de la criminalité. Oui, cette pauvreté se retrouve dans les minorités immigrées. Ce qui n’est pas une raison de les stigmatiser, simplement il faut combattre la pauvreté, la précarité, nées du chômage et d’un capitalisme dérégulé, aveugle et fou. Ce que ne sait pas faire, malgré les promesses, le National Sarkozism.

Et d’ici, nous attendons celui ou celle qui rappellera le mensonge éhonté de Nicolas Sarkozy quant au chômage en France… par la caricature la plus crue (Réveille-toi, veaux français!), lui qui se vantait de prédire une baisse du chômage dans les prochains mois de l’année 2010.
Bilan: +3% pour le chômage toute catégorie confondue et +20% pour le chômage de longue durée. Comme si son souhait de zéro SDF n’avait pas suffit à nous inquiéter de ses compétences comme de sa santé mentale…
Osons l’avouer: histoire de comparer deux grandes crises, l’UMP demeure aussi incapable que le PS à juguler le chômage.

Desproges disait « On a le droit de rire de tout mais pas avec n’importe qui… » ce à quoi on peut rajouter « et n’importe qui n’a pas le droit de rire de tout ».
Quand vous êtes député ou journaliste, vous avez un droit de réserve que n’a pas un chansonnier. Car lui, c’est son métier de provoquer.

Fais nous rire Nicolas. Mais non, pas toi Sarkozy!

chomage en france

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3 réflexions sur “Tout l’Art d’User (et non d’Abuser) de la Liberté d’Expression

  1. Ne lisant pas le Figaro, je ne sais pas s’il comporte toujours dans son titre la phrase fameuse de Beaumarchais : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » et qui décrit très bien ce que devrait être la déontologie, la ligne de conduite d’un journaliste ou d’un animateur. Seulement voilà, on est passé de la télé de papa aux ordres du ministre de l’information et des journaux d’opinion, aux média médiatisés des médiamen aux ordres du politiquement correct, des annonceurs et de la pensée unique. D’où l’impression de recevoir partout la même bouillie pré digérée qui nous prépare le cerveau disponible pour les pubs !!! d’où le malaise vécu comme suit : plus on a de chaines et moins on a à voir, plus on a de journaux et moins on a à comprendre, avec quand même de temps en temps quelques interventions ou articles « poil à gratter ». On pourra toujours penser qu’ils servent d’alibi ou de bouchon cocote minute … mais même si c’est le cas, bon dieu, qu’est-ce que ca fait du bien de rire de temps en temps sur le dos d ceux qui se donnent tous les jours des bâtons pour se faire battre : nos chers (très chers) hommes politiques.

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