De la Définition du Populisme au National Sarkozism

« Démago », « Populiste », « Nationaliste », des termes parfois galvaudés et pourtant utilisés à tire-larigot, à bon ou mauvais escient. Depuis 2007, progressivement, la parodie de démocratie de sieur Sarkozy pourrait ainsi être comparée à du populisme. « Pourrait » encore faut il en apporter la preuve. Et quoi de mieux que de relire ensemble la définition wikipédiesque pour s’en convaincre…

Selon l’encyclopédie en ligne:
Le populisme met en accusation les élites ou des petits groupes d’intérêt particulier de la société. Parce qu’ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société : ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population. Les populistes proposent donc de retirer l’appareil d’État des mains de ces élites égoïstes, voire criminelles, pour le « mettre au service du peuple ».
Qui ne connaît pas l’aversion réputée de Nicolas Sarkozy pour les élites intellectuelles de l’ENA, de Science-Po (comme Chirac, De Villepin, Ségolène Royal…)?
Il en a tellement horreur qu’il n’hésite pas à le faire savoir « Je ne suis pas un intellectuel » comme si, il fallait en être fier. Ah la Princesse de Clèves!
Aimant pointé les coupables de la chienlit actuelle, Brice Hortefeux a, de son côté, rappelé au bon peuple la vision différente de la « gauche milliardaire », ce « petit groupe d’intérêt particulier », responsable selon lui de tous les maux. Visiblement marqué par le règne de Mitterrand et ses abus (ayant effectivement existé), Brice de l’UMPFN nous a montrés pas plus tard que la semaine dernière qu’il y avait d’une part ces méchantes élites de la gauche et d’autre part la brave UMP défendant la sécurité des biens et des personnes, la veuve et l’orphelin et les intérêts de la France d’en bas.
Petite subtilité: l’UMP ne veut pas mettre stricto sensu le pouvoir au service du peuple mais plutôt mettre le pouvoir à son service et de ses amis financiers ou industriels, en faisant croire au peuple, qu’il lui rend service. D’où l’erreur électorale de 2007…

eric besson

Afin de remédier à cette situation, le leader populiste propose des solutions qui appellent au bon sens populaire et à la simplicité, mais ignore complètement les réalités de la décision politique (notamment le fait qu’elles doivent être inscrites dans un agenda, qu’elles doivent tenir compte des avis parfois contradictoires de la société civile), comme la complexité des situations décrites. Ces solutions sont présentées comme applicables tout de suite et émanant d’une opinion publique présentée comme monolithique.
Sans aucun effort de mémoire, on se rappelle de ce « bon sens sarkozien » distillé dans le fameux sketch maintes fois répété devant l’auditoire: le sketch du travail le dimanche. La parodie de président présentait en hérésie le fait de changer d’avenue puisse rendre légal l’ouverture ou non d’un magasin. Un paradoxe français que les touristes étrangers ne pouvaient soi-disant pas comprendre.
Une fois transformé en loi, le sketch est devenu une faille majeure dans le code du travail dans la mesure, où hors zone touristique parisienne, certains employés se voient dorénavant obligés de travailler le dimanche, sans même être payé double!
D’où les abus : Travailler le dimanche, « plus », pour gagner la même chose et Virés pour avoir refusé de travailler le dimanche
Bien loin du « bon sens » initial…
« ignore complètement les réalités de la décision politique » Les parlementaires ont pu l’apprendre à leur dépend avec la législation sur les jeux en ligne transformée en véritable course à l’échalote: les lobbies menaient littéralement la barque afin que toute la procédure législative soit terminée avant la coupe du monde de foot! La société civile y a été également abusée.
La plupart de ses recommandations, notées via les auditions effectuées par le rapporteur UMP de la loi, ont été ouvertement ignorées (danger de la dépendance, protection des personnes fragiles, protection des mineurs…), comme s’en est même désolé ce dernier.
« opinion publique présentée comme monolithique » N’est-ce pas l’objectif des sondages truqués ou biaisés diffusés par les médias collabos du pouvoir? Il y a les « pour » et les « contre » la politique du chef de l’Etat, et quand les « pour » l’emportent, le chef a résolument raison…même s’il a tort juridiquement et constitutionnellement. (déchéance de la nationalité, réforme de la garde à vue)

Les populistes critiquent généralement les milieux d’argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative etc.), censés avoir accaparé le pouvoir ; ils leur opposent une majorité, qu’ils prétendent représenter.
Combien de fois Nicolas a fait les gros yeux aux banques en pleine crise? Très énervé le vilain petit canard de Neuilly contre ces méchants banquiers. Enorme faux cul puisque Charles Milhaud était président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d’Epargne (CNCE), accessoirement conseiller municipal UMP à Marseille, réputé intime du président de la République, tellement intime que dans le milieu fermé de la Finance, la CNCE a été baptisée affectueusement « Sarkoland ».
De plus, depuis la crise, Nicolas a placé ses pions dans la Finance dont il admire les hommes riches et puissants (dans le plus pure tradition bling-bling) avec notamment François Pérol, patron de BPCE, né de la fusion de la Banque Populaire et de la Caisse d’Epargne et ancien conseiller du président de la république. D’ailleurs depuis juillet, ce même Pérol a pris la tête de la Fédération Bancaire Française, histoire d’avoir un œil sur tout.
Pour les autres minorités le constat sera rapide: ethniques citons aux hasard les Rroms, politique la gauche surtout la « milliardaire », administrative les fonctionnaires en particularité les préfets qui ont payés un cher tribu durant ses 3 ans.
« ils leur opposent une majorité, qu’ils prétendent représenter. »
Le meilleur argument tient dans 3 lettres Union pour un mouvement populaire qui signifiait auparavant Union pour la majorité présidentielle Difficile de faire plus prétentieux et égocentrique…surtout pour moins de 200 000 adhérents.

S’ils accèdent au pouvoir, il peut leur arriver de supprimer les formes traditionnelles de la démocratie, au profit d’institutions autoritaires, présentées comme servant plus authentiquement « le peuple ».
Supprimer aurait été trop visible, mais modifier et créer semble plus faisable. Illustrant cette méthode avec notamment la modification de la constitution pour l’augmentation des droits du parlement ou la nomination du président du CSA.
On a vu également HADOPI qui se voulait être au-dessus des lois et des juges, alors qu’elle n’est qu’une simple « autorité » fut-elle « haute ».

Des comportements populistes peuvent affecter toutes les activités de la société, cela amène des organismes, des institutions ou des associations à favoriser des positions réputées « populaires ». Elles peuvent montrer paradoxalement un certain mépris pour le peuple, le vulgus latin, pensé comme la populace, la foule, les masses, le troupeau. Ceci est particulièrement notable en publicité où « le peuple » est mis en scène, souvent sous la forme de personnages ignorants ou idiots.
Un mépris pour le peuple? Au hasard, « Casse toi pauv’ con » lors du premier salon de l’agriculture de Nicolas en tant que président semble être un exemple plutôt bien choisi de mépris.
Le fait d’avoir piétiné son propre programme électoral, hormis le funeste bouclier fiscal, demeure là aussi une marque de mépris total envers le peuple. En 3 ans, ce mépris a tellement été éloquent qu’un article avait été écrit ici même sur ce blog Le Mépris ou Comment Prendre les Gens pour des Cons
Y étaient cités: Le Mépris Financier et Bancaire (avec la Crise Bancaire, le financement des Banques par l’Etat, l’affaire Kerviel), Le Mépris de l’Opposition Politique (Frédéric Lefebvre comparant le LKP de Guadeloupe aux Tontons Macoutes, piétinant au passage le droit de grève), Le Mépris des Réalités Economiques

[…] On attribue souvent aujourd’hui la qualification de populisme comme synonyme de démagogie ou d’opportunisme politique, surtout vis-à-vis de mouvements d’opposition. Il faudrait dire plus précisément « démagogie tactique ».
Évidemment on retrouve le côté tactique, stratégique dans l’utilisation de la démagogie, la transformant en populisme. Ainsi la récente campagne sécuritaire contre les gens du voyage n’a été qu’une diversion maladroite des scandales Woerth-Bettencourt comme des échecs économiques et sociaux du sarkozisme. « Maladroite » car le sujet en est venu à diviser cette même majorité, sujet transformé alors en gigantesque marteau pour se faire taper dessus… Pour le plus grand bonheur des opposants politiques.

Finalement la définition de wikipédia ayant pu être étayée d’exemples concrets de la politique sarkozienne, il ne fait aucun doute que le National Sarkozism demeure alors un mouvement populiste. CQFD.

eric besson

Publicités

Une réflexion sur “De la Définition du Populisme au National Sarkozism

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s