Chine: Jusqu'où les Etats et Entreprises Etrangères Peuvent Plier?

Google met les pieds dans le plat…de nouilles chinoises. Suite à une attaque informatique « hautement sophistiquée », Google menace de ne plus filtrer son moteur de recherche Google.cn, risquant à terme une coupure totale par les autorités chinoises.
Le leader mondial des moteurs de recherche sur internet détient les preuves d’une intrusion en règle des services secrets chinois pour voler les informations confidentielles des clients et utilisateurs de ses services, potentiellement impliqués dans des actes de « hautes trahisons », comprendre « des résistants à la dictature communiste locale ».
L’incident est tellement grave qu’officiellement les Etats-Unis ont demandé des explications aux autorités de Pékin car en plus de Google, d’autres entreprises privées américaines de médias et d’industries ont été prises pour cible. Un problème commercial qui pourrait se transformer en crise diplomatique donc.

Historiquement, Google avait mis les pieds en Chine en se pliant aux contraintes du Parti Communiste Chinois, avec la censure de différents liens vers des sites web parlant essentiellement de droits de l’Homme ou d’événements dérangeants comme Tien An Men ou des insurgés ouïghours.
Yahoo.cn avait pratiqué un tel sacrifice abject mais certainement rentable, mais en allant plus loin, puisque les services de Yahoo avaient même dénoncé aux autorités en 2005 et 2006, donc sans piratage, les coordonnées de ses utilisateurs « criminels » aux yeux de Pékin.
Ajoutons que l’attaque visant Google pourrait aussi avoir des intérêts financiers puisque un départ de Google du pays au nombre le plus important d’internautes de la planète, laisserait son rival chinois Baidu sans concurrent. Machiavélique.

Au-delà de ce fait divers, on peut s’interroger légitimement sur les sacrifices consentis par les entreprises et les états étrangers pour accéder au marché Chinois. Connaissant les pratiques de la dictature, le bakchich et autres dessous de tables restent LA méthode pour s’assurer le minimum de chance de réussite.
Sauf que vis à vis des droits de l’Homme, encore à l’état de théorie là-bas, les choses sont moins reluisantes.
Comment une entreprise comme Google, à la renommée mondiale peut-elle fricotée avec l’une des pires dictatures de la planète, au point de mettre en danger la vie de ses propres clients?
Un problème éthique et d’image de marque – ne soyons pas dupes – qui pour cette fois chez Google a vite été tranché.
On ne peut pas en dire autant de la France et d’autres pays occidentaux qui continuent de négocier avec les responsables communistes pour les « emplois ». On se souvient ainsi des accords signés entre l’UMP – parti néoconservateur de droite – et le Parti Communiste Chinois, des accords scandaleux dans la mesure où la transparence n’était pas la règle et où surtout, la signature se faisait entre deux partis politiques et non entre deux Etats! Sombres magouilles en perspective.

la chine et les entreprises privées étrangères

A la suite des derniers évènements, on attend avec impatience la réponse des pitbulls de l’UMP, Frédo et Dodo, alias Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé, concernant le ressenti des néocons au pouvoir en France.
Car étrangement, ces vautours des faits divers, véritables charognards de la récupération politique, les rois de la démagogie, sont toujours présents lorsque l’actualité leurs est profitable, mais restent bizarrement aux abonnés absents quand leurs « amis » exécutent arbitrairement un ressortissant britannique ou mettent en péril la sécurité des biens et des personnes dissidentes au régime chinois. via de telles attaques informatiques.
Que ne ferait-on pour des contrats juteux et des rétro-commissions? Parfois même jusqu’à risquer un attentat comme celui de Karachi

De la même manière, histoire d’être équitable, on attend avec impatience les réactions de Jack Lang, suprême lèche-cul collaborateur du régime Sarkozien sur la scène internationale (cf sa visite en Chine puis en Corée du Nord) et celle de la présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal, qui n’avait pas hésité à se féliciter de la rapidité des « tribunaux chinois » en décembre 2006.

Sûr que pour nos politiciens français comme pour le régime totalitaire de Pékin, internet constitue un ennemi redoutable à leurs petites affaires et leur réputation, alors qu’il reste au contraire le plus formidable outil démocratique que l’Humanité ait inventé à ce jour.

Plus d’infos sur Aujourd’hui La Chine

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