Quotas de Boursiers : Si On Soldait les Promos des Grandes Ecoles?

30% de Boursiers pour les Grandes Ecoles. Comme à l’accoutumée, la mesure paraît évidente, naturelle, légitime, voire républicaine pour Nicolas Sarkozy et ses adeptes fanatiques aveugles du National Sarkozisme.
Pour les autres, ils se divisent en deux camps:
– ceux ne voient que le côté « boursier » et donc forcément juste car proche du peuple, la démagogie Sarkozienne attire toujours
– ceux qui se méfient, qui vérifient, qui écoutent les différents témoignages et qui se prononcent pour une…Rupture!

L’argument principal venant du respectable président de Sciences Po, Richard Descoings, est de mixer les promotions des Grandes Ecoles. Il est vrai que la majorité de nos futures élites fait essentiellement partie d’une sorte de caste, filles et fils de bonnes familles, élevés dans des institutions privées ou publics. A en croire même que la carte scolaire n’a jamais existé. Ainsi la note de la Conférence des Grandes Ecoles, nous mets devant le nez une constatation dérangeante dans une République censée se baser sur les principes d’Egalité: les enfants des ouvriers/employés occupent 12% des effectifs d’écoles d’ingénieurs et de 8% de ceux des écoles de commerce.
En conséquence, intégrer 30% d’élèves boursiers comblera forcément ce cruel défaut. Difficile de dire le contraire, certes, mais à quel prix?

Malheureusement comme toute mesure sarkozienne, elle aura des conséquences désastreuses. Citons le témoignage d’un boursier de Grandes Ecoles, entendu sur Radio UMP, qui précisait qu’encore une fois, pour le coup, l’injustice tombera encore sur la majorité du peuple français à savoir les classes moyennes.
Car avec ce quota, les minorités (les très riches et les très pauvres) trouveront une place de choix dans les effectifs au détriment d’un(e) même élève « travailleurs(se) » qui de par sa famille, n’est ni assez riche, ni assez pauvre. Une injustice similaire qui touche d’ailleurs les impôts…
Rajoutons également le douloureux problème du mérite. Comment un boursier récemment intégré pourra alors avoir la même fierté si derrière – les critiques ne manqueront pas, certaine ancienne Ministre de la Justice ayant masqué leur incompétence derrière ce réflexe abject – la discrimination positive pointe le bout de son nez? Une discrimination positive qui n’est autre qu’une sorte de piston pour compenser un manque ici le manque de richesse de vos parents: à l’opposé du principe d’égalité de la République Française.
Ou comment déshabiller Paul pour habiller Jacques.

Evidemment le système est imparfait, les plus puissants et les plus riches ayant rapidement contournés les lois, que leur « clan » socio-professionnel légifère, d’où cette mesure phare du gouvernement.
Mais comme le suggère les porte-paroles des Grandes Ecoles, en plus des défauts détaillés ci-dessus, le principal argument contre les quotas est sans conteste un niveau rabaissé.
Ne jouons pas les niaiseux naïfs. Cela relèverait presque du problème de mathématiques sinon tout du moins de la logique. Si vous établissez un quota, vous faites un classement parallèle. On prendra ainsi les meilleurs des boursiers pour au final garantir 30% des effectifs de cette origine. Ce qui implique forcément que le meilleur des boursiers pourra, certaines années, être plus mauvais que le dernier des sélectionnés de la liste des « favorisés socialement ».
Alors qu’actuellement le système n’est basé – officiellement – que sur un classement en fonction des notes, le fameux principe du « Que le meilleur Gagne », en quoi ce système amélioré de quotas rendrait plus « juste », plus « égalitaire » les nouvelles promotions ?

La méritocratie doit rester la pierre angulaire de la sélection. Cela ne fait aucun doute. Il en va de même pour l’excellence. Pour assurer le rayonnement du pays, ces grandes écoles doivent maintenir et améliorer la compétitivité internationale, ce qui passe donc par le recrutement des meilleurs éléments qu’ils soient étudiants, professeurs ou personnels encadrant (on les oublie trop souvent eux!)
Mais il serait illusoire de se dire qu’à partir de ces deux éléments, l’égalité et la justesse d’accession au système sont assurés.
De part, les conditions d’enseignements en amont des grandes écoles, la sélection aux classes préparatoires se fait dans les lycées, le système est déjà par nature totalement inéquitable.
Comment comparer la motivation et le travail d’un lycéen de Seine Saint Denis et d’un lycéen de Janson de Sailly sur la base de leurs seules notes et commentaires de bulletin? Non à la duperie.

Il faut donc restaurer cette égalité en amont et maintenir la méritocratie et l’excellence. Tout simplement.
Et le seul moyen, passe évidemment par la Rupture, la Rupture avec les anciennes méthodes et des mentalités actuelles. Le prix de l’égalité, la justice devant le travail fourni, s’appelle l’Université.
Puisque le National Sarkozisme nous arrangue avec les « au nom de quoi », osons la même pratique mais ici en toute objectivité, sans lobbying, sans influence.
Au nom de quoi les élèves de classe prépa auraient-ils droit, comme actuellement, à 30% de moyens financiers en plus (càd matériel et humain) que l’écrasante majorité d’étudiant parqué dans des Universités plus ou moins vétustes? Au nom de quoi une minorité aurait-elle droit à un traitement de faveur?
Les étudiant(e)s des Universités seraient-ils moins méritant simplement en raison de notes plus basses ou tout simplement en raison du problème de place dans telle classe préparatoire?

Concernant l’égalité, l’étape obligée reste l’Université. Tous les élèves avec leur Bac en poche continueraient simplement leur cursus en ayant chacun à disposition, les mêmes matériels, les mêmes locaux, les mêmes soutiens scolaires, le même personnel encadrant, les mêmes professeurs.
Que celui ou celle qui a plus égalitaire n’hésite pas à écrire en bas de l’article.
Concernant l’excellence et le mérite, indissociables, ils se feront là encore sur la sélection par rapport aux notes.
Là encore, que celui ou celle qui a plus égalitaire n’hésite pas à écrire en bas de l’article.

Pour le cursus en lui-même, les livres utilisés par les étudiants en université de licence (avant la réforme, appelé le DEUG) étant les mêmes que ceux des classes prépas doit-on disserter 3/4 heure sur les connaissances? Une équation paramétrique et un développement limité se résolvent de la même manière que vous soyez en Licence ou en Classe prépa. Un bénéfice et un R.O.I. idem. L’anatomie d’un corps humain ne change pas que vous prépariez médecine ou une licence de Bio. L’étude de la Condition Humaine, de la Peste ou la Princesse de Clèves (au hasard) idem.
A l’heure actuelle, déjà, suivant les notes du premier trimestre, des groupes de niveau se sont constitués pour répartir les élèves en TD afin de favoriser leur réussite aux concours d’entrées des écoles d’ingénieur traditionnelles (maths ou biologie intensive). Il en ira de même pour des groupes préparant des écoles d’ingénieurs encore plus « select » comme X, Centrale…
Restera uniquement la difficulté de l’examen proposé, rien n’empêche de proposer ainsi un examen standard aux élèves qui ne souhaitent pas suivre la voie des Grandes Ecoles, et un examen d’un niveau supérieur adapté à leur future voie professionnelle.
Car il y a toujours celles et ceux qui veulent faire autre chose, ils en ont le droit, et celles et ceux qui ne foutent pas grand chose, là aussi ils en ont le droit mais ils en assumeront les connaissances plus tard. Un dernier point que la Gauche et apparentés, par démagogie, oublie tout le temps A contrario de la « droite » qui par démagogie également le met en avant systématiquement pour caricaturer l’état d’esprit de travail des universités.

D’autres mesures
A la différence des pays anglo-saxons, car la France a une histoire et des valeurs différentes, il faut aussi limiter l’entrée à des frais scolaires raisonnables voire gratuit (pour les boursiers) pour ne pas créer un nouveau système discriminatoire d’universités privés et d’autres publiques.
D’ailleurs quoi qu’en disent certains, les universités françaises sont encore compétitives et reconnues sur la scène internationale: « classement 2009 de Shanghai ».
Parallèlement à cela, il faut investir lourdement dans le logement étudiant, un plan de secours même dans l’état actuel des choses. Car certains étudiants se retrouvent défavorisés dans leur travail scolaire pour la simple et bonne raison qu’ils doivent travailler (et sacrifier leurs études) pour se payer un loyer même minime.
L’objectif étant toujours de supprimer ou d’amoindrir les inégalités pour qu’au moins jusqu’au diplôme, tout le monde ait « sa chance ».

Alors vous vous doutez bien que lorsque les chantres du National Sarkozisme s’amusent à jouer les démagos en arguant d’un 30% de boursier dans les écoles prépas, leur but n’est pas l’égalité. Non.
Il reste simplement dans la même veine que la sape de l’Education Nationale réalisée de mains de maître par des collabos de ce même National Sarkozisme comme Jack Lang, le laxisme de la gauche précédant le démantèlement des néocons comme l’infâme Darcos: fabriquer des moutons, incultes et ignares.
Puisque de toute manière, les rejetons des « privilégiés » s’en sortira toujours par travail…ou par piston. Le cas de Jean Sarkozy pourrait très bien l’illustrer: Bac L sans autre diplôme validé tout en obtenant par sa gouaille et le carnet d’adresses et l’influence de papa, le poste envié d’administrateur de l’EPAD!

Quand on sait qu’en classe préparatoire aux grandes écoles, certains élèves arrivent dorénavant sans connaître leurs identités remarquables, connaissance du niveau de fin de collège, il y a encore une quinzaine d’années.
Quand on voit le niveau d’orthographe des ingénieurs sortant actuellement des écoles, comptez une faute à chaque phrase, ce qui aurait été honteux pour un candidat au certificat d’étude!
Quand on voit les autres pays comme la Chine et les USA miser tout sur l’Education Nationale et leurs générations futures.
Alors on forcément on se dit que quelque chose cloche dans la politique française en matière d’éducation et pas seulement depuis Sarkozia, depuis les 30 dernières années.
Inutile d’être de gauche ou de droite pour le voir, il suffit d’être lucide.


Source illustration image source: © Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons

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Une réflexion sur “Quotas de Boursiers : Si On Soldait les Promos des Grandes Ecoles?

  1. J’ai plusieurs remarques à faire sur cet article.

    Premièrement, vous rendez-vous compte qu’en parlant de « national sarkozisme » vous assimilez la politique du gouvernement actuel avec celle du régime nazi responsable de l’un des pires génocides que le monde ait connu ? Utilisé à outrance, ce genre de comparaison est au mieux exagérée et au pire, a dendance à banaliser les crimes nazis. Vous pouvez être en désaccord avec la politique de M. Sarkozy mais faites attention à ce que vous dites.

    Deuxièmement, la supression des classes préparatoires ne résoudra rien du point de vue de l’égalité des chances. D’un point de vue pratique, rien n’interdit à un élève défavorisé d’être admis en classe prépa: pas de frais d’inscription, bourse généreuse, internats accessibles et nombre de places largement suffisant. On voit mal comment les CPGE pouraient être vecteur d’inégalités. Si le nombre d’élèves boursiers y est insuffisant, c’est à cause d’un facteur sociologique mais aussi d’un manque de moyens dans l’enseignement secondaire. Réformer l’enseignement supérieur ne changera donc rien puisque la base du problème se trouve dans le secondaire.
    Vous mettez aussi en avant la différence de moyens mis en oeuvre entre les étudiants de classe préparatoire et ceux de l’université. Certes, le prix d’une année de prépa coute 50 % plus à l’Etat qu’une année passée à l’université. Mais il faut garder à l’esprit que le niveau d’étude d’un élève après ses deux années de prépa correspond à celui obtenu après une licence à la fac ( qui dure 3 ans ). Si vous faites le calcul, au final, le cout d’un élève de prépa est le même qu’à l’université.

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    1. @Robich
      Je vous invite à lire beaucoup plus d’articles sur ce blog (ou du même style) concernant la véritable politique de l’UMP et vous comprendrez le terme de « National Sarkozism ». On ne peut que regretter qu’après 5 ans de cette politique, vous n’ayez toujours pas compris, preuve que ce blog comme d’autres se révèlent malheureusement nécessaire.

      « vous assimilez la politique du gouvernement actuel avec celle du régime nazi » non plutôt des collabos de Vichy, qui pour rappel étaient capables d’aller au-delà des demandes ignobles du régime nazi à l’époque! Nuance.

      « la politique de M. Sarkozy » Ce n’est plus de la politique depuis longtemps, c’est une mafia!

      « rien n’interdit à un élève défavorisé d’être admis en classe prépa »: faux!
      Le nombre de place est limité. Par conséquent, être dans des lycées privilégiés aident à obtenir de meilleurs notes tout au long de l’année pour boucler un bon dossier. Je ne vous parle même pas des passe-droits et autre subtilités…
      Et les meilleurs lycées privilégiés sont souvent dans des quartiers huppés.

      « le niveau d’étude d’un élève après ses deux années de prépa correspond à celui obtenu après une licence à la fac ( qui dure 3 ans ). »
      Joli raccourci, uniquement là pour justifier votre vision comptable. Votre remarque est peut être valable pour certains élèves.
      On oserait même dire que certains sortant d’université n’auront jamais le niveau de ceux sortant de certaines prépas.

      De manière générale: en quoi avoir un niveau moyen au lycée, niveau dû à divers facteurs, peut-il à l’avance préjuger des performances futurs de l’élève?
      Pour des raisons d’égalité, des raisons de coût, et d’ouverture sociales des membres des écoles prestigieuses, il faut maintenir l’ouverture de l’entonnoir le plus large possible juste avant le concours d’entrée.
      Un peu de logique, que diable!

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