En Avoir ou Pas: La castration physique voire pire…

Le sujet reste sensible voire littéralement tabou: la castration physique. Michèle Alliot-Marie relance le débat à partir de la proposition a priori démente du violeur récidiviste Francis Evrard: « Quand quelqu’un dit: « je sais que je suis dangereux, je ne veux pas l’être et je demande à être libéré de mes pulsions », c’est quelque chose qui nous interpelle ».
On pourrait reprocher à MAM d’une nouvelle fois profiter d’un triste fait divers et de l’émotion qu’il engendre dans l’opinion publique. Sauf qu’à ce rythme là, rien n’est abordé réellement et on survole les problèmes d’une Justice au XXIème siècle.
Une justice qui se heurte dramatiquement au manque criant d’efficacité médicale. Et pour cela, il faut reconnaître que sur le marché, en l’état actuel de la Science, il n’existe aucune thérapeutique qui puisse guérir à coup sûr un délinquant sexuel (pédophile, violeur…) ou un malade psychiatrique (schizophrénie…).
D’autant plus si cette personne remise en liberté n’a aucune obligation pratique de suivre son traitement.
Ajoutons à cela, l’étrange fonctionnement du système judiciaire dans notre pays. La perpétuité n’existe pas au sens strict du terme. Ainsi un individu reconnu coupable peut être emprisonné pour une période de sûreté de 22 ans et de 30 ans pour des actes d’infanticides (lire ici le détail). Mais à la fin, suite à des réaménagements de peine et notamment une libération en semi-liberté, un violeur récidiviste ou un psychopathe notoire peut allégrement rééditer ses horribles méfaits… en toute tranquillité puisqu’au pire il retournera en prison.
Quelle belle hypocrisie pathétique!

A chaque fois, on en oublierait l’objectif d’une prison: punir. Seules de vraies prisons-hôpitaux peuvent se revendiquer « adaptées » – « efficaces » serait présomptueux – pour traiter les cas extrêmes de démences ou de violences que 10, 20, 30 et même 40 ans de prison ne résoudront jamais.
Et d’ailleurs, après une trentaine d’années, dans quel état psychologique et physique un être humain peut-il se retrouver? Sans compter les querelles d’experts psychiatres se penchant sur tel ou tel individu. Des « experts » qui vous répondront sèchement « je n’ai commis aucun faute professionnelle » alors même que leur ancien patient reconnu « apte » vient à peine d’être libérer pour récidiver!

Alors, plusieurs solutions se présentent à nous pour tenter de minimiser les risques de récidives:
– création de nouvelles prisons-hôpitaux
– création de nouvelles prisons « traditionnelles » et pas des hôtels avec tv et frigo privatif!
– cellule individuelle obligatoire pour protéger les détenus entre eux
– renforcement financier et humain des aides sociales et psychologiques dans les prisons « traditionnelles » puisque la finalité d’une prison n’est pas et ne doit pas être le suicide de ses pensionnaires!

Concernant la peine et l’après-peine, la castration chimique de part le mode d’administration (pouvant être stoppé) – comment imaginer un contrôle assez régulier? – il faut clairement envisager la manière « efficace ».
Doit-on privilégier la liberté du coupable à la vie de ses futures victimes?
La justice doit protéger les plus faibles, châtier les coupables et les empêcher de récidiver via son bas armé la police.
Comment expliquer au famille que la petite dernière a été torturée et violée, ou que le cousin infirmier a été découpé au sabre parce que la Justice n’a pas eu les moyens qu’aurait dû lui fournir le législateur?
Car là encore, on blâme trop souvent les magistrats et le système mais peu nos chers parlementaires dont c’est normalement la compétence et le travail de créer et modifier les lois pour le bien de leurs administrés et leurs familles.

Dans le cas présent, Francis Evrard demande la castration physique pour protéger ses futures victimes et aussi protéger sa propre vie, n’ayant pas envie de retourner en prison. Au nom de quoi, pourrait-on le lui refuser? Qui oserait s’opposer à cette proposition provocatrice certes mais qui aurait le mérite de résoudre le problème de manière certaine, l’intéressé se sachant incapable de contrôler ses pulsions (la médecine lui donnant raison) ?
Concernant cette demande personnelle, à quel titre les associations de défense des droits de l’Homme s’interposent dans un choix aussi privé que celui-là? Cas simple certes, puisqu’il le demande lui-même, mais on peut imaginer de l’imposer aussi à ceux qui n’en font pas la demande.
Imaginons la procédure:
– 1ère peine de viol impliquerait une certaine durée de prison avec traitement castration chimique
– Récidive, 2ème peine: la chance offerte à l’accusé reconnu coupable est retirée et la castration physique rentre en jeu.
Si les partisans des droits de l’Homme souhaitent utiliser l’argumentaire de la stérilité, on peut proposer aux frais de l’intéressé une mise en banque de ses spermatozoïdes, afin que dans le cas le plus positif, il puisse créer sa propre famille. Rêvons…

Certaines personnes devraient être castrées pour sauver l’humanité…
Le Sarko Français: L'Homme le plus couillu du Monde

Une telle mesure ne serait pas fantaisiste. Car les faits ont prouvé que les modifications de loi voté à la hâte par la droite pour prolonger la peine de sûreté d’un coupable d’infanticide ne change rien si l’individu, en statut de semi-liberté au bout de ses 30 ou 35 ans, peut arrêter son traitement à loisir et perpétrer l’indescriptible!
Là encore les partis qui se sont succédés ont utilisé l’émotion et les lobbys: la gauche, les droits de l’homme pour assouplir la peine de sûreté à 22 ans et la droite pour créer cette symbolique et inefficace « période de sûreté perpétuelle ». Dorénavant il faudrait penser aux victimes et agir en prenant en compte tous les paramètres (pragmatisme médical, psychologie des coupables, moyens offerts aux magistrats et force de l’ordre…)

Et que dire à la lecture de la réaction lamentable du Syndicat de la Magistrature dont se fait l’écho leMonde.fr qui par vengeance ridiculise le sujet en qualifiant l’idée d’ « hommage au Moyen Age ». Les familles de victimes doivent certainement en être fières!
Et le syndicat d’ajouter cyniquement: « S’agissant des infractions économiques et financières, un simple retrait des boutons de manchette en place publique devrait suffire ».
Pour nous ressortir plus sérieusement (sic!), « Ces reculs de civilisation expriment la frustration de ceux qui n’ont jamais pu se résoudre à l’abolition de la peine de mort. » avec cerise sur l’échafaud, la menace du vieux sénile facho, « Il est d’ailleurs significatif d’observer que [le président du Front national], Jean-Marie Le Pen, n’a pas manqué cette occasion pour réclamer la ‘castration de la tête’ des criminels les plus dangereux »
Ainsi quand ce ne sont pas les politiques qui jouent avec les émotions (et nos nerfs), ce sont les magistrats d’éluder la question et d’agiter les épouvantails des fascistes (il faut dire qu’à leur décharge l’UMP et ses collaborateurs comme Eric Besson s’en rapprochent dangereusement). Jouer à ce petit jeu lamentable pour contourner l’obstacle, c’est prendre le risque irraisonné que le peuple fasse justice lui-même. Si les magistrats en prennent la responsabilité devant la nation, pourquoi pas. Malheureusement les politiques par leurs magouilles et leur copinage en prennent déjà le bon chemin en Sarkozia, inutile d’en rajouter.

Dans la même optique: le problème de la peine de mort. On voit déjà les défenseurs des droits de l’Homme rebondir, rien qu’à l’écriture de « peine de mort ».
Quels sont le risque de cette peine? Condamner des innocents et éviter tout abus en condamnant des coupables à des délits mineurs pour une peine « majeure ».
Mais où est le risque lorsque l’individu est un multirécidiviste, qu’il refuse de prendre son traitement chimique (et oui, à ce jour la castration physique est illégale), et que sa culpabilité n’est pas mise en doute de part son arrestation en flag, son ADN prélevé sur les victimes, éventuellement le même modus operandi, et des aveux réalisés à de multiples reprises avec présence de son avocat.
Au XXIème siècle, peut-on se permettre le luxe de:
– soit conserver ces énergumènes ad vitam aeternam en prison, logés nourris blanchis, avec le risque qu’ils s’en prennent au personnel surveillant ou ses co-détenus.
– soit le libérer à l’issue de leur sanction (ou pas avec les remises de peine) avec le risque qu’ils récidivent une fois hors d’atteinte (donc même avec un bracelet électronique qui ne résout rien!)

Finissons par un exemple concret et parlant, afin de lancer le débat, celui du milieu confiné, type station spatiale (ce n’est plus de la SF depuis quelques années déjà):
Ainsi dans des conditions extrêmes, quand un agent pathogène contamine un être humain, qu’aucun traitement n’est possible (par refus d’administration, faisabilité technique) ou efficace, et que celui-ci menace le reste de la communauté, tuer la menace (sacrifier une vie pour en sauver des dizaines voire des centaines) semble légitime.
Et chez nous, non?

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Une réflexion sur “En Avoir ou Pas: La castration physique voire pire…

  1. Pour moi, la castration physique volontaire des hommes est devenue depuis un demi siècle peut etre un gros tabou .Elle est devenue intèrdite par la loi, elle ne soigne plus assez bien (lol)ceux qui ne peuvent faire autrement que de renoncer a leur sexualité tyranique . Il doit y avoir tout plein de trés bonnes raisons pour faire passer une orchidèctomie pour une punition honteuse des déviants sexuels ,qui pourtant ont parfois trés envie de se faire castrer pour avoir la paix ;-)
    A mon avis,ceux qui finissent par craquer pour se libérer , en font parfois une trés grosse dépression en voyant qu’autour d’eux,il ne trouvent que condamnation,mépris,et renforcement de l’exclusion ?
    La castration,ne sèrt pas a recevoir ceux qui ne peuvent avoir une sexualité libre et épanouie.Le déviant est plumé de toutes parts .
    Avons nous entendu que les effets négatifs de la castration peuvent etre controlés par une hormonothérapie de substitution ,cez ceux qui veulent vraiment vivre libre ?

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  2. Ces petites discutuions sur la castration a eu pour moi,le mérite de mettre en évidence d’un aspect plus caché et bien plus sournois sur des injèctions mystèrieuses que pèrmet la chimie aujourd’hui?
    En effet,il y a bien des années que je savais que des mollécules chimiques pouvaient etre injèctées pour prendre durablement la place de véritables hormones dont on voulait iniber l’action .
    Attention donc a la générosité bien désuette du bon vieux docteur Josef Mengele :-)

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