Quand le mensuel Que Choisir devient une revue "Politique"…

Malgré les apparences, l’article qui suit ne constitue en rien un encart promotionnel à caractère commercial.
Le fait que l’auteur soit membre de l’association quasi-éponyme de ce mensuel n’a qu’un lien très relatif, dans la mesure où un adhérent ne devient pas automatiquement abonné. Il en va de même pour le fait qu’un article -à propos du scandale des pc portables avec des puces graphiques Nvidia défaillantes – ait été publié grâce, en partie, aux indications des bénévoles d’une antenne locale de l’UFC.
Non, le sujet a simplement été choisi en raison de la haute qualité globale de la revue Que Choisir et par la dimension qu’elle prend dans presque chacune des enquêtes relatées dans ce nouveau numéro du mois de septembre. Ce qui en ferait ainsi un très bon complément au canard enchaîné et au site web bakchich.

Dubitatif(ve)? Commençons avec « Leclerc s’attaque à l’Ordre », un titre accrocheur qui décrit point par point les pratiques honteuses de bon nombre de pharmaciens sur le terrain.
Vous savez celles et ceux qui se vantent via leur fameux « Ordre », grand gardien de leur monopole de la distribution de médicaments, de veiller sur notre santé.
Sauf que « testing » à l’appui, les enquêteurs de l’association se sont aperçus que la réalité était tout autre dans les 1379 pharmacies de 90 départements visitées. Le test: acheter deux médicaments dont l’utilisation simultanée est évidemment contre-indiquée (nurofen et aspirine).
Ainsi, seulement 15% des pharmacies ont mis en garde le faux malade des effets indésirables et 41% ont alerté des effets des risques mais la moitié sans expliquer pourquoi (sic!)
Il en ressort aussi que 5% des officines se sont intéressées à l’état général de l’acheteur et 15% ne respectent pas la loi, en affichant pas les prix des médicaments dé-remboursés en vente libre.
Côté prix, c’est le grand n’importe quoi, la fête du caducée, les pharmaciens profitant de leur monopole: l’article précise ainsi qu’il peut y avoir jusqu’à 159% d’écart entre une même boite de nurofen (200mg, 20 comprimés) soit un dérapage de 1,55 et 3,99 euros. Ne vous étonnez pas que votre pharmacien de quartier prennent ses vacances au soleil et vivent plus que confortablement. Il n’y a pas que les études et le mérite…

Question respect de la loi, autant dire, que Roselyne Bachelot n’en rame pas une, mais cela, le rédacteur ne le dit évidemment pas de cette manière. Quoi que l’article « Une loi qui perd son souffle » à propos de la loi « Hopital, patients santé territoires » n’est pas à piquer des hannetons non plus. On y découvre les magouilles de l’Assemblée Nationale, et surtout, dans le cas présent celles du Sénat, pour torpiller
les effets bénéfiques d’une loi qui au final, une fois digérée par les retraités planqués du Sénat, ne profitent qu’aux médecins, et certainement pas aux patients.
Autre article sur les « cabines UV », alors que le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) a annoncé qu’ils rentraient dans les produits cancérigènes, le ministre de la Santé s’est contenté d’une campagne d’information et un renforcement accru des contrôles. Autant dire que ça fera pschiiiitt et que les lobbies ont une fois de plus gagnés.
C’est tout un art de protéger son électorat (pharmacien, docteur, professeur et petit commerçant) au détriment de la santé publique ou des finances de l’Etat.

André Santini Le Parrain des Eaux de Seine


Evidemment, dans les autres sujets abordés dans le magazine, on retrouve pêle-mêle les arnaques et autres situations scandaleuses liées à la consommation
, dont le constat nous montre encore que l’ex-secrétariat d’Etat de Luc Chatel a encore beaucoup de boulot pour faire respecter les droits du consommateur,
encore bien trop souvent lésés: les abus des FAI, encre d’imprimante hors de prix, les arnaques de serrurier, les délire du nombre d’AOC dans la filière viticole, l’émission polluante et toxique des colles et moquettes, le classement des téléphones portables du plus ou moins…polluants(!), micro-ondes présentant parfois des sécurités thermiques et onde problématiques.
Un état des lieux saisissant pour le citoyen consommateur lambda qui nous prouve une fois de plus que la pression des industriels (opérateurs télécoms, lobby pharmaceutique…) et de la grande distribution est si puissante, qu’elle empêche toute amélioration de la législation, en noyautant directement les différents niveaux d’élus locaux, régionaux ou nationaux.
Le courage politique, l’indépendance et l’incorruptibilité des (hauts) fonctionnaires chargés de créer et de voter les lois restent la clé de voute d’une Rupture, ici aussi tant attendue, quel que soit de le bord politique.
Malheureusement force est de constater que pour cette amélioration, comme le dit l’adage, ce ne sera pas demain, la veille.

Et le mensuel de finir en beauté par un article éminemment politique sur le prix de l’eau du robinet. On y découvre ou redécouvre les abus de gentilles sociétés privées Lyonnaise des eaux (Suez), Veolia ou encore Saur qui n’hésitent pas, avec évidemment l’accord d’élus peu scrupuleux voire corrompus, de signer des contrats avec une marge pouvant aller jusqu’à plus de 30% le tout pendant 30 ans.
Là encore c’est la détermination de personnalités venant de la vie civile regroupées dans des associations, certaines devenus expertes, qui se battent au côté d’élus aux approches d’échéances électorales – un joli sujet de débat dans les bistrots – pour faire changer la donne, imposer le respect de la loi et la fin des abus d’un autre âge.
D’une manière fort habile, on retrouve une allusion à peine voilée à notre truculent Dédé, André Santini, le grand parrain des eaux de Seine et son usine à pognon le Sedif (Ile de France hors Paris), qui remporte la palme des tarifs prohibitifs.
Un excellent sujet qui nous concernent toutes et tous, revenant à chaque rentrée, le marronnier préféré de l’UFC en fait, qui prouve ainsi que tous les politiciens ne sont pas pourris jusqu’à la moelle, et qu’il subsiste, encore des âmes charitables dévoués à leurs (futurs) administré(e)s, pour le bien de la communauté et leur réélection.

Si avec tous ces sujets, Que choisir n’est pas un mensuel politique, alors Voici et Gala passeront bientôt pour des magazines culturels.

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Une réflexion sur “Quand le mensuel Que Choisir devient une revue "Politique"…

    1. Tant mieux! ;-) Le seul défaut: c’est le taux: prix / nombre de page, mais fort heureusement rattrapé par la qualité des articles et enquêtes.

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