Christine Lagarde: Envers et Contre tous (ou presque)

Quel que soit l’avis que l’on puisse avoir concernant Christine Lagarde, avouons qu’elle n’occupe pas une place facile. Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi en pleine crise économique, financière et osons le dire, sociale et politique, n’est pas un poste de tout repos.
Dès le début de son mandat, elle a dû composer entre ses rêves et la sinistre réalité, entre ses prédictions de voyante bercyenne et le fléau rampant. Un peu le cul-entre-deux-chaises, une ministre mi-figue, mi-raisin, une sorte de tampon entre le monde arrogant des PDG du CAC 40, les finances exsangues de l’Etat, les délires de son employeur.
– Comment rester « indépendante » sinon légitime dans les négociations avec les Grands Patrons et le MEDEF alors que, dans le cas de Total et on imagine aisément les autres, elle connaît personnellement et intimement le directeur général, l’infâme moustachu Christophe de Margerie? (Un p’tit golf ce week-end dans les Yvelines?)
Delà à y voir un lien avec la poursuite abjecte de la Françafrique à la sauce Sarkozienne, le nabot de l’Elysée tentant désespérément d’imposer son réseau…
– Comment faire croire à un contrôle strict des dépenses alors que dans le même temps le FMI annonce un déficit public record pour la France en 2014 de 95%?
– Comment faire mine d’être optimiste ou non, avec le florilège d’annonces mensongères anticipant abusivement une reprise de l’activité et faisant fi du chômage galopant?
– Comment se faire respecter et imposer l’ordre alors qu’en coulisse l’Etat a aidé les banques à s’en sortir plus qu’honorablement, au détriment de ses finances?
Et bien non! Alors que n’importe qui, éprouverait des difficultés, homme ou femme d’ailleurs, Christine Lagarde parvient à conserver son poste et à assurer les affaires courantes. Conneries, boulettes, culot, ridicule, rien ne peut l’empêcher d’exercer sa parodie de pouvoir sur le monde fermé du patronat, géré par le MEDEF.
Pendant ce temps, les petites et moyennes entreprises ont le couteau sous la gorge, les banques celles-là même se devant d’octroyer des crédits, n’osent plus prendre le moindre risque, alors que celui des subprimes bien plus terrible, avait été pris sans sourciller, en toute confiance, preuve qu’il y a une « couille dans le potage », voire plusieurs…

N’écoutant que leur arrogance, alors même qu’elles ne font plus le travail de base qu’elles devraient mener et qui leur avait pourtant permis de ne pas sombrer (la banque de détail, le financement des projets de la France d’en bas, étant toujours excédentaire), nos amies les banques préfèrent continuer de se gaver à la bourse et s’auto-attribuer des dividendes ou des bonus généreux.
Dixit Christine: « votre métier, c’est d’offrir du crédit aux entreprises, aux particuliers et de s’occuper de leurs clients, faites-le de manière très active et très entreprenante, en particulier à l’automne » […] « on va arriver à une période où les entreprises vont avoir besoin de trésorerie » […] Je serai très attentive au plan de marche et aux initiatives que prendront les banques dès la rentrée pour répondre à la demande des entreprises et des ménages »
Ce qui permet aux banques de gagner encore quelques mois d’été pour se consacrer uniquement à la spéculation, quant aux punitions collectives, pas la moindre trace. Touchant de mièvrerie, l’art de brasser de l’air, sans agir, tout en paraissant être intraitable. Une version évidemment relayée telle quelle dans les médias National-Sarkosistes.

L'ivresse du pouvoir Christine Lagarde

Alors forcément, suivant les recommandations de ses patrons, Nicolas et Pimprenelle François, Cricri a tancé pour la forme les méchants de BNP Paribas et leur milliard d’euros alloués au bonus de leurs futurs 17 400 employés bienheureux. Pan, pan, cul, cul pas bien! Vilains Banquiers!
Niveau communication, peu malin en apparence côté BNP, mais très futé finalement puisque évidemment dans ces 17 400, il y a aussi des employés « normaux », une pilule plus facile à avaler que d’annoncer 500 millions d’euros pour leur 200 traders!
Et puis, à l’instar de ce que tout employé fait quand il demande une augmentation, si le milliard n’est pas possible, les deux parties négocieront une diminution du montant vers les 750 voire un 600 millions d’euros sur moins de salariés, disons au hasard 200, histoire que Christine et les DG de BNP ne perdent pas la face aux yeux du monde de la France d’en bas.

Et Christine de tempérer immédiatement ses propos:
« On leur a prêté de l’argent, elles nous paient déjà des intérêts, en France, on a perçu déjà 1,4 milliard d’euros de la part des banques auxquelles on avait prêté de l’argent » […] « Les banques ont reconstitué leur fonds propres, elles se sont retrouvées en position de continuer à faire leur métier, de préférence et par priorité prêter à l’économie: c’est l’engagement qu’on leur avait demandé de prendre »
– Vous voyez qu’on a réussi à les dresser, les méchants vampires des places financières françaises!
Sauf que selon Philippe Vasseur, ancien ministre de l’agriculture et président du Crédit Mutuel du Nord Holding, sur les 360 milliards alloués aux banques, 60 milliards ont été fournis à un taux déjà scandaleux de 8% d’intérêt. Cette partie a été entièrement dilapidée par les banques pour subvenir à leurs besoins pressants. Sur les 300 autres milliards, utilisés partiellement, le taux s’élevait à environ…4,5 %, autant dire un prix d’ami. Abject dans la mesure où l’Etat, s’il avait joué son rôle avec les finances qu’on lui connaît, aurait dû imposer un taux exorbitant d’une dizaine de pourcents sur toutes les sommes prêtées et surtout instaurer des pénalités lourdes en cas de remboursements anticipés.
Pourquoi faire des cadeaux aux banques, les auteurs de ce véritable crime économique mondial, alors que toute l’année, que cela soit à l’Etat ou directement aux entreprises et aux particuliers, elles ne font aucun cadeau?

Elle sait se faire respecter… dans les médias!
Christine Lagarde est Glenn Close dans Damages

De la même manière que les représentants de l’Etat en place n’a pas su imposer de manière législative la répercussion de la baisse de TVA chez les restaurateurs, nos élus et nommés haut-fonctionnaires n’ont pas eu la compétence d’imposer, avec un échéancier, les prérogatives des banques.
Alors forcément, il ne faut pas s’étonner que les abus continus, que les caisses de l’Etat se vident (c’était pourtant une si belle occasion cette crise!), et qu’une nouvelle bulle éclate dans 4,5 ou 7 ans, (au hasard sur les commodities, les matières premières: les métaux mais aussi l’agricole comme le blé, maïs, lait où les traders ont ordre de mettre le paquet sur ce récent marché, et déjà à l’origine de nombreuses crises en France comme dans les pays sous-développés)
Les paradis fiscaux eux perdurent, malgré les gesticulations de Nicolas, tous les traders n’étant pas en France mais au contraire basés aussi en Suisse et dans d’autres pays plus exotiques comme Honk-Kong ou Singapour
Les mauvaises pratiques elles restent grâce aux largesses et failles offertes par les fameux produits dérivés, leurs effets de leviers et autres perversions qu’un bon père de famille n’imagineraient même pas.

D’ici là, Zébulon 1er sera de nouveau porté en triomphe, en arguant que « qui mieux que lui peut lutter contre les effets de la crise? », grâce en partie au travail d’amortisseur de Christine Lagarde. Ou pas…

Rappelez-vous Christine et son béret (cf fin de la vidéo):
« est-ce que ce monde est sérieux? » comme dirait Cabrel

<td style='padding:2px 1px 0px 5px;' colspan='2'Christine Lagarde
The Daily Show With Jon Stewart Mon – Thurs 11p / 10c
www.thedailyshow.com
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Political Humor Spinal Tap Performance
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Une réflexion sur “Christine Lagarde: Envers et Contre tous (ou presque)

  1. Le gouvernement «a pris acte» de «l’engagement formel des banques françaises à se conformer strictement» aux règles du G20 en matière de rémunération des opérateurs de marché, a indiqué Matignon, ce vendredi, à l’issue d’une réunion avec des responsables du secteur bancaire.

    http://www.20minutes.fr/article/341125/Economie-Les-banquiers-vont-respecter-les-regles-du-G20.php

    J’éclate de rire !

    « L’engagement formel des banques françaises » !

    Qui croit encore aux promesses des banques françaises ?

    Qui ?

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  2. Vendredi 14 août, nous avons appris trois nouvelles :

    – 1ère nouvelle :

    Hausse spectaculaire du nombre de faillites aux Etats-Unis.
    Le nombre de faillites a bondi de 38 % d’avril à juin 2009 aux Etats-Unis, montrent des documents publiés par l’administration judiciaire, signe que les particuliers et les entreprises ont payé un lourd tribut à la hausse du chômage et au gel du marché du crédit.
    Au total, 381.073 procédures de faillite ont été ouvertes au deuxième trimestre, 15 % de plus que lors des trois premiers mois de l’année, 38 % de plus que lors de la même période l’année dernière.
    Plus de 16.000 entreprises ont déposé leur bilan d’avril à juin, un chiffre sans précédent depuis le deuxième trimestre de 1993.
    La hausse des faillites de sociétés a grimpé de 64 % par rapport à l’année dernière et le placement sous la protection du « chapitre 11 » a plus que doublé au cours des six premiers mois de 2009 par rapport au premier semestre 2008.

    – 2ème nouvelle :

    Wall Street a terminé en baisse vendredi 14 août, plombée par une mauvaise statistique de confiance du consommateur américain.
    L’indice de confiance du consommateur Reuters/Université du Michigan est ressorti à 63,2 en première lecture en août contre 66,0 en juillet et 68,5 attendu.

    – 3ème nouvelle :

    Etats-Unis : Colonial Bank, plus gros établissement bancaire à faire faillite cette année.
    C’est la 74ème banque à faire faillite aux Etats-Unis depuis le début de l’année. Sa chute est également l’une des vingt plus grandes faillites survenues dans le pays depuis 1980.
    Pour toute l’année 2008, 25 banques avaient fait faillite. Depuis le début de l’année 2009, il y a déjà 74 banques en faillite.

    Conclusion : tout va très bien, madame la Marquise.

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  3. Etats-Unis : des nouvelles du secteur financier.

    Les faillites bancaires s’accélèrent aux Etats-Unis.

    Colonial Bank, dont les dépôts s’élèvent à 20 milliards de dollars, est la 77ème banque à disparaître cette année.

    http://www.lefigaro.fr/societes/2009/08/17/04015-20090817ARTFIG00164-les-faillites-bancaires-s-accelerent-aux-etats-unis-.php

    NB : c’est bien 77, le nombre de banques en faillite depuis le 1er janvier 2009. C’est 77 (et non pas 74).

    Etats-Unis : des nouvelles du secteur non-financier.

    Hausse spectaculaire du nombre de faillites aux Etats-Unis.

    Le nombre de faillites a bondi de 38 % d’avril à juin 2009 aux Etats-Unis, montrent des documents publiés par l’administration judiciaire, signe que les particuliers et les entreprises ont payé un lourd tribut à la hausse du chômage et au gel du marché du crédit.

    http://www.zonebourse.com/informations/actualite-bourse/economie/Hausse-spectaculaire-du-nombre-de-faillites-aux-Etats-Unis-1-13228311/

    Christine Lagarde réagit : « Ah ben … voilà voilà voilà … c’est-à-dire que … euh … toutes ces informations confirment que la crise est finie. »

    Merci, Christine.

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