Manuel Valls: Traître du PS ou Simple Dissident ?

« Enfin! » ou « Allélouia! » voire « Et bien elle a mis le temps! » Vous le direz comme bon vous semblera, une chose est sûre, « titine » s’est réveillée.
La maire de Lille, et première secrétaire du PS bénévole, a daigné écrire une lettre à Manuel Valls pour lui exprimer tout le bien qu’elle pensait de lui. Syndrome de la feuille blanche bien connu des bacheliers, encore plus intelligents d’années en années. Alors elle a préféré prendre son courage à deux mains et lui écrire tout le mal qu’elle pensait de lui et là, l’écriture était quasi-automatique. Et oui autant Ségolène est la Reine des excuses, autant Martine semble se présenter en tant que grande pamphlétaire. Deux femmes, deux styles, pourquoi pas.

La Taupe?
Petit tour vers notre Wikipédia pour en apprendre de belles sur Manuel. Ainsi « En 1980, à l’âge de 17 ans, il adhère au Parti socialiste pour soutenir Michel Rocard ».
Depuis plusieurs semaines, Rocard passe pour être un félon après avoir accepté de présider la commission chargée de réfléchir aux priorités du futur emprunt. Enième commission et surtout une troublante coïncidence avec ce tandem Rocard-Valls.
Continuons à remonter le temps. Alors que le PS s’oriente vers un oui massif en faveur du Traité de Lisbonne, Manuel préfère le « non » alors qu’il fait pourtant partie de l’aile droite du PS. Paradoxal puisqu’ainsi il se retrouve sur la même ligne que Mélenchon. Autant on sait pourquoi le Ronchon en chef du Parti de Gauche était et reste un noniste convaincu, autant pour Manuel, seule l’envie de faire sécession et foutre la pagaille au PS semble être sa seule stratégie.
Pour preuve, Manuel s’incline et se rallie rapidement à la décision de son parti. Il va même plus loin puisqu’avec d’autres élus, lors de la réunion du parlement français en congrès, il vote « pour » la réforme de la constitution permettant la ratification du Traité de Lisbonne (2007) le 4 février 2008. Curieux revirement, non?

Concernant les sujets politiques, ses avis semblent très influencés non pas par une aile droite du parti socialiste mais directement du parti néoconservateur français, l’UMP.
Ainsi en septembre 2007, Manuel se fait le chantre de « l’allongement du nombre d’années de cotisation pour fixer l’âge du départ à la retraite et l’alignement des régimes spéciaux sur le régime général ». Il parle même d’un départ « à la carte », selon la pénibilité des carrières.
Christine Lagarde devrait l’embaucher comme stagiaire pour établir ses prédictions économiques de la France. Moins de 2 ans après, Hortefeux alors ministre du Travail – temporaire car juste avant le remaniement – sortait de son képi de Herr Marechal, justement le chiffre de 67 ans. Pour l’alignement des régimes, la droite l’avait déjà bien entamée avec la politique de Xavier Bertrand, pour la pénibilité, qui semble « aller de soi » comme on dit, elle constitue précisément la clé du voûte du plan com’ UMP pour faire passer la pilule.
Alors de deux choses l’une, soit Manuel a raté sa vocation de voyant, soit il est diablement intelligent et l’UMP lui a honteusement tout voler, sans lui payer le moindre droit d’auteur. A moins que cela ne soit pas lui, le véritable auteur…

Pas écolo pour deux sous
Wikipédia continue de nous rafraîchir la mémoire, et on redécouvre que Manuel Valls en mai 2008 dans Ouest-France déclarait son regret contre les « fatwas anti-OGM » et antinucléaires.
Là, force est de constater que la boule de cristal du teigneux s’est fissurée puisque nous avons tous en mémoire l’écrasante percée d’Europe Ecologie aux européennes, qui aura eu le mérite, d’enfoncer un peu plus le parti socialiste déjà bien mal engagé. Ajouter un joli film propagandiste offert par l’UMP, 2 jours avant le scrutin…
Mais Manuel lui n’a qu’un but: dynamiter de l’intérieur le parti, le discréditer, provoquer les divisions, un agitateur en somme avec toujours cette fausse image du « réformateur ». Comme son maître Nicolas. Dès fois que d’autres éléphants du PS émettent le moindre doute sur la ligne officielle du parti pour pencher dans « la Valls des idées de Manuel », le pari sera gagné.

Déjà les présidentielles
« En novembre 2008, il prendra fait et cause pour Ségolène Royal », ne pas y voir comme naïvement nous avions pu tous le faire à l’époque, un quelconque ralliement à la Sainte Ségolène (qui reprendra son terme de « retraite à la carte »), mais au symbole de la division du PS. Encore et toujours. Pour enfoncer le clou, et frapper là où ça fait mal, il brisera même l’omerta concernant les magouilles légendaires de son propre parti, en réclamant « l’arbitrage des tribunaux face aux suspicions de fraude électorale » à l’issue du scrutin Ségo-Titine.
En l’état actuel des choses, cela nous a prouvé que, d’une part ses paroles dures n’ont servi strictement à rien, les complots et autres malversations n’ayant pas cessés, et d’autre part que cela n’a fait qu’affaiblir un parti déjà un genou à terre. Pour la plus grande joie de l’UMP.

Vous reprendrez bien un peu de laïcité?
Autre sujet, qui a pourtant le mérite de fédérer les socialistes, la laïcité. Manuel proposa dans son livre « La laïcité en face » de modifier la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
Cela ne vous rappelle personne? Sarkozy évidemment, après coup. On retrouve d’ailleurs les traces d’une interview sur communautarisme.net de Zébulon 1er alors Ministre de l’Intérieur qui met en place une commission pour réformer la loi de 1905. Date de l’interview: 21 octobre 2005
Or l’idée forcément brillante de Manuel Valls, sur cette réforme émerge dans un article de Bernadette Sauvaget lors du débat national sur l’instauration d’un règlement interdisant clairement le port du foulard islamique dans les établissements scolaires. Et l’article est daté du mois d’août 2005.
Belote et rebelote et dix de der: Soit Nicolas a pompé copieusement 2 mois après cette divine idée – le thème s’y prête et l’homme aussi – soit là encore Manuel n’a fait que devancer médiatiquement les idées de son gourou. Histoire de préparer le terrain.

Manuel Valls raciste?

Deus ex machina
Mais parfois le Manuel se fait avoir à son propre jeu. Lors d’un désormais culte reportage de Direct 8 dans une brocante de sa ville d’Evry, le naturel revient au galop. Il demande à son bras droit de rajouter « quelques blancs, quelques white, quelques blancos », afin de donner une meilleure image de sa ville. Scandale, polémique plaçant le jeune rebelle maladroit sur le terrain à découvert de l’UMP voire du FN: l’immigration.
Que fait Manuel Valls pour se sortir de ce mauvais pas? Il rebondit, demande des primaires au PS pour la campagne présidentielle 2012, et voyant que cela ne suffit pas pour faire diversion, propose sa candidature à ces primaires, candidature que personne ne demandait pour des élections encore non prévues. Seul le temps finira par éteindre l’incendie. Finalement, les mêmes idées que l’UMP, les mêmes méthodes que l’UMP, mais dans le clan socialiste.

La goutte de Sarkozisme qui fait déborder le vase socialiste
Alors ni une ni deux, quand Manuel tire une nouvelle fois dans le tas sur un sujet aussi superficiel que le nom du Parti Socialiste, « il faut désormais privilégier la clarté du projet au fétichisme des mots », Martine Aubry n’en peut plus et dégaine sa plume.
Sauf qu’elle vient justement de tomber dans le piège tendu par ses pires ennemis, après certains éléphants du PS évidemment.
Etant la seconde, la lettre est aussitôt discréditée voire ridiculisée par la droite et ses défenseurs journaleux.
En ces temps de climat social difficile avec des salariés qui menacent de faire sauter les usines (New Fabris et aujourd’hui Nortel), Martine Aubry ne pense qu’à écrire des lettres et éliminer les dissidents en interne de son parti. Telle fut la diatribe de Claude Askolovitch, sur Europe 1 ce matin.
Ce journaliste à la réputation clairement UMPiste, un Catherine Nay sans les séquelles faciales de la chirurgie esthétique, est le co-auteur avec Manuel Valls, d’un livre intitulé « Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche ».

N’en jetez plus! Manuel Valls ne représente pas « la génération qui dévore ses enfants » comme il aime à le dire, mais il constitue plutôt « une des métastases du mal qui ronge le parti socialiste ».
Alors quand on peut, on s’en débarrasse. Le plus vite sera le mieux.

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Une réflexion sur “Manuel Valls: Traître du PS ou Simple Dissident ?

    1. Bonjour

      Merci beaucoup pour votre lien. Je conserve précieusement l’image de Manuel Valls de ce compte Facebook pour un prochain détournement d’images.
      Concernant le fait de rejoindre le groupe de Valls, vous m’auriez proposer la même chose pour le compte de Nicolas Sarkozy, vous auriez eu la même réponse de ma part: un non catégorique. J’imagine que cela fait partie de la provocation vu le joli billet écrit sur votre « gourou ». C’est le jeu ;-)

      Bien Cordialement,
      Cpolitic

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  1. Il n’en maque de culot le pro-walseur ! Toujours le même pas de danse en matière de politique. A mon avis ce *** n’a lu que le tire de l’article. C’est ça le PS depuis un moment, juste un Post Scriptum…

    Bien répondu Emachede ! Mon NON Catégorique rejoint le tien.

    A bientôt.

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  2. Alors, a priori, je vois que vous lui reprochez beaucoup de choses à ce Manuel Valls, pourtant il ne m’a jamais été antipathique, alors que je ne supporte pas Arnaud Montebourg pour sa suffisance qui m’insupporte. Si l’on revient à Manuel Valls rappelé à l’ordre par Martine, il serait temps qu’elle se rappelle qu’il était plutôt lieutenant sans galons de Ségolène ! Il est ni plus ni moins que les autres entrain de se placer sur la ligne de départ, peu importe les moyens. Il me semble que contrairement aux autres, il n’est pas borné et incrusté dans une gauche qui ne veut pas bouger d’un pouce, il est peut-être maladroit et se dévoile un peu trop en prenant des risques, mais pour moi ils en font tous autant, chacun travaille à sa maison personnelle et c’est le concours de celui qui l’aura terminée à tant, 2012 bien sûr.
    Bonne journée
    amitiés
    genevieve

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    1. Je ne lui reproche qu’une chose en fait: être plus proche des idées de la droite dure UMPiste, tout sujet de débat confondu, qu’avec des idées républicaines (liberté, égalité, fraternité, laïcité) et sociale. (même pas osé dire socialiste!)
      Ce n’est pas critiquer le PS qui dérange, puisque s’il y a un bien un parti qui a besoin de critiques et surtout de solutions c’est celui-là, c’est plus l’orientation dynamitage de l’intérieur que les différentes interventions de Manuel prennent.
      Dans cet article, via les multiples prises de position, on sent bien que le Valls naît là que pour semer la zizanie dans les ruines du socialisme, bien loin des critiques qui pourraient justement sauver le parti, ou organiser une refondation.
      Deux objectifs bien différent. Lui veut la place, occuper la niche laissée vacante (ou presque).

      « Pas borné » dites vous? Je ne puis malheureusement que m’interroger sur la lucidité de votre analyse de part l’historique du personnage. D’autant « incrusté dans une gauche qui ne veut pas bouger d’un pouce » semble vouloir dire qu’il vous mieux agir que ne rien faire ou réfléchir. Sarkozy est justement là pour notre démontrer que c’est la pire des solutions: mettre la charrue avant les boeufs, paraître plutôt qu’être, agir avant de réfléchir, semer la discorde sans prendre les différents avis, imposer sa loi.
      Manuel Valls n’apporterait rien à la gauche dans la mesure où il n’est que Nicolas light, puisqu’il véhicule les mêmes idées avec la même arrogance. Ce ne sont pas des réformes ou une dissidence, c’est un écart total avec la ligne politique de gauche.

      Et pardonnez moi, mais balancer un « mets moi plus de blancos de white », renseigne illico sur la véritable nature du personnage. Si vous le préférez à d’autres, évidemment c’est entièrement votre droit, mais sachez si vous en doutiez encore, que mon avis sur ce type d’énergumène est très tranché, pour ne pas dire définitivement négatif.

      Cdt,
      Cpolitic

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  3. Entendons-nous bien, je reconnais n’avoir qu’une idée superficielle sur le personnage et me laisser influencer par un physique agréable,je reconnais qu’il louvoie pas mal, je l’ai souvent entendu dans des débats, et il me paraissait assez ouvert, contrairement à certains autres absolument obtus, de toutes façons, il fait partie de ceux qui n’ont pas cédé à la tentation, mon avis sur lui ne va pas plus loin et je le répète reste superficiel, maintenant je dirai que la nouvelle vague socialiste c’est bonnet blanc et blanc bonnet en ce qui concerne leurs objectifs qui sont plus individuels que collectifs.
    Bonne soirée à vous
    genevieve

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    1. Pas de souci, Geneviève. Le charme en politique étant aussi un outil « naturel » pour convaincre les foules. Après charge aux séduits (quand ce sont des femmes politiques) et séduites (quand ce sont des hommes), de faire la part des choses et de demander à leur cerveau de reprendre le contrôle ;-)
      Le coup du « blanc bonnet » reste ainsi un peu trop facile, on peut en revanche effectivement faire des packages « Montebourg-Valls »…

      Bien Cordialement,
      Cpolitic

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  4. Bravo pour cet article qui rejoint ce que je pense sur l’état du PS et tous ceux qui n’ont qu’un seul but : le dynamiter, l’enterrer en grandes pompes, rompre avec le socialisme, etc… dpnt l’idée serait aussi dépassée que le nom. Bref une « 3ème voie » à la Rocard, comme si précisément les échecs de Blair et Schröder, sans oublier Jospin et son « social-libéralisme » grandement responsable du désaveu des électeurs en 2002, n’en soulignaient pas que c’est une simple « voie de garage » ! Même s’il ne faut pas tomber tête baissée dans la pure idéologie. Il faut être réaliste et pragmatique mais sans perdre de vue nos valeurs.

    Quant à Valls, il a sévi dans le Val d’Oise, comme « premier fédéral » et ce n’était pas vraiment de la tarte. Déjà ambitieux (il aura bouffé à tous les râteliers) et fort imbus de sa personne. Méprisant au possible à l’égard des militants et des représentants des courants minoritaires, magouilleur comme c’est pas possible. J’ai assisté en tant qu’observatrice à un congrès fédéral, après avoir vu comment il avait empêché les représentants de la motion de la « Gauche socialiste » d’aller la défendre dans les sections : en ne communiquant ni les dates ni le lieu des réunions. Chapeau l’artiste !

    Je ne suis nullement influencée par le physique ni les belles paroles. Et au vu des photos de Valls parue dernièrement dans la masse d’articles que j’ai dépouillés,il me semble plutôt dégager beaucoup de hargne. Ce qui nuit à l’esthétique :)

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