Marcoussis: Quand le Parti Socialiste se met au Vert et tente l'auto-critique

Rien que la ville choisie fait déjà sourire, celle du centre d’entraînement de l’équipe de France de rugby. Pourquoi diantre se jeter dans la gueule du loup des journalistes? Aujourd’hui, chacun va de son bon mot pour titrer avec honneur une information capitale au début de l’été: « le PS se la joue collectif », « le PS veut pousser fort dans la mêlée ».
Encore une énième erreur de communication se dit-on, et surtout pourquoi faire?

Le journal Les échos annonce pas moins d’une centaine de têtes socialistes pour « brainstormer » dans la verdure. Impressionnant. On apprend dans le même article, la présentation d’études et même d’un film pour déboucher « un nouveau modèle de développement économique, social et écologique » et « installer la parole des Français dans le projet socialiste », selon les mots de Martine Aubry.
Rien de bien original finalement: encore des débats à n’en plus finir, dignes des plus repoussantes réunions tupperware pour aboutir sur un énième accord, style manifesto avec évidemment, au bout du compte, les mêmes éléphants ou éléphanteaux qui vont faire ou refaire surface. De tristes et vaines chaises musicales, en somme.

Perdus dans le PS avec Royal, Hamon, Aubry et Delanoe

Dans la nature, quand un nouveau né n’est pas normal dans sa physiologie, sans intervention humaine, celui-ci a de forte chance de mourir. Non par pure cruauté, mais pour que les tares engendrées par cette nouvelle descendance ne puisse du même coup se perpétuer à d’autres générations. Les plus faibles sont impitoyablement éliminés parfois de manière féroce, par les prédateurs, voire même abandonnés par leurs parents à leur triste sort. C’est une des formes de la sélection naturelle.

Il en va de même pour les organisations humaines comme un parti politique. Rien ne sert à faire de l’acharnement thérapeutique quand le patient est en phase terminale. Au contraire, la cruauté revient à essayer de le sauver, ne parvenant ainsi qu’à l’éloigner de quelques mois d’une fin certaine, le tout dans des douleurs physiques ou psychologiques atroces.
Pour une nouvelle opposition crédible dans ce pays, il faudra de nouveaux et multiples géniteurs avec des idées neuves mais basées aussi sur d’anciennes valeurs, visiblement oubliées, comme la tolérance, l’éthique, l’incorruptibilité…
Quelles que soient les modalités que cela prendra, si le parti socialiste ne s’engage pas dans cette perspective, sa nouvelle transformation sera vouée à l’échec. Inéluctablement. Alors la recette est simple, recette qui ne se veut pas unique évidemment:

1/ Dissolution pure et simple du Parti Socialiste
2/ Création d’une association temporaire (idem pour ses membres dirigeants) en vue de la refondation d’une nouvelle entité politique
3/ 1 mois de rencontres et débats pour aboutir à la récolte de propositions ouverte à tout public pour cette association (sorte de doléances au format papier et électronique)
4/ Congrès (4 jours) ouvert à toutes et tous, où se rassembleront (y compris par internet) pour sélectionner les nouvelles idées et fonder la charte interne du nouveau parti, charte qui sera suivie à la lettre, sous peine d’exclusion définitive, par tout nouvel adhérent:
– sa ligne morale (respect du parti et des autres élus, contrôle annuel des comptes des élus PS évitant les délires d’Hénin-Beaumont)
– ses objectifs prioritaires (écologie, chômage, logement, Europe…)
– sa nouvelle organisation (en terminer avec les magouilles de fédération avec des organisations différentes dans le Nord Pas de Calais, les protections des leaders pourtant très critiqués localement comme Georges Frèches…)
5/ Changement de nom et de locaux pour faire définitivement table rase du passé
6/ Organisation dans le mois qui suit des élections de représentants de chaque entité (suivant l’organisation choisie) 1 vote = 1 personne

Ce principe de refondation reste LA condition sine qua none pour créer un parti avec des nouvelles idées, avec des nouvelles têtes, basée sur un règlement clair et respecté par tous ses membres, développant une politique conforme en tout point à l’idée du terme « social » et non d’un quelconque « socialisme démocratique ».
Cet effort nécessitera et impliquera: simplicité, transparence, crédibilité, et engagements.

Critiquer reste vital. S’auto-critiquer et redevenir crédible, vis à vis des actions passées, l’est encore plus!

A propos des services publics, le PS n’a t-il pas dit OUI à Maastricht et Lisbonne, validant la privatisation de ceux-ci? Belle rhétorique sauf que lorsque le PS prend le pouvoir, les actions ne sont point là ou se contredisent avec la politique prônée.

Tant que l’archaïque et actuelle structure socialiste se bornera à se recroqueviller, faisant des petits débats dans son coin entre têtes soi-disant pensantes, déjà pré-sélectionnées impliquant de fait leur illégitimité et donc une inefficacité, alors ce parti ira toujours et encore droit dans le mur, pour le plus grand bonheur des infâmes néo-conservateurs en face.
Cessons les clivages, gauche – droite – centre, seule idée à retenir des cendres de l’ancien 3ème homme, dont il n’est évidemment pas l’auteur, puisqu’il reste aberrant de penser encore, que « préserver les emplois revient à une politique de gauche », tout comme interdire pour X raisons des licenciements, et que « favoriser le développement économique et les entreprises » reste typiquement de droite.
A terme, il n’y aura qu’une politique socialement juste, passant évidemment par tous les sujets typiques qui font la « politique ».

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