Européennes: Le Devoir de Mémoire des Banques par la Taxe Tobin

Elles ont mené l’économie mondiale à la quasi-faillite. Elles qui bannissaient toute aide de l’Etat – dans le plus pur style libéral prétentieux, sûr de lui et égoïste – elles ont dû finalement se résoudre à supplier les Nations à renflouer leurs dettes par de l’argent public. L’arroseur arrosé en somme.

Culs et chemises… à cols blancs
Alors même qu’une telle occasion en or massif n’arrive qu’une fois par siècle, les représentants politiques des états concernés auraient dû en profiter pour attacher les pitbulls des places financières à une liesse bien robuste.
Malheureusement les politiciens corrompus et/ou incompétents font partie prenante des taupes du système bancaire. Les campagnes électorales coûtent bonbon, vous savez. Et le contrôle d’un pays une fois élu ne se fait pas sans soutien dans chacune des entreprises les plus riches et les plus créatrices d’emplois.
Ainsi en échange de prêts de plusieurs milliards de dollars (ou d’euros) à un taux préférentiel, les banques ont accepté des audits de leurs différents comptes et des intrusions dans leur conseil d’administration. (Pérol si tu nous regardes…)
Et l’idée de génie leur est venue: Comment se débarrasser rapidement de ses fouineurs de l’Etat dans nos petites affaires?
En remboursant, le plus rapidement possible nos prêts peut en déduire le bon père de famille.
Sauf que les caisses sont vides! répondent les plus honnêtes et les moins compétents dirigeants
Il suffit de refaire ce que nous savions faire avant la crise: gagner de l’argent, à tout prix! rétorquent les plus lucides et cupides des traders.

AIG Dexia Tour de la Défense

Et tout est une question de temps.
Jamais dans l’histoire de la bourse, la volatilité du cours national (le Dow Jones aux USA, le CAC 40 à Paris) n’a été aussi important. Comprendre: une chute rapide proportionnelle à la crise… mais une remontée étrangement spectaculaire presque de forme exponentielle, et où certains indicateurs conventionnels montrent que les marchés sont manipulés pour que tout le monde retrouve ses petits.
(Observer attentivement le cours BNP Paribas ou Société Général de Janvier 2009 à aujourd’hui…)

Les banques se concertent entre elles, l’Union faisant toujours la force, pour se renflouer mutuellement. Tout le monde, même votre concurrent le plus détesté y a intérêt puisque toutes les banques sont interdépendantes. Si un nombre trop élevé de banque font faillite, le château de carte s’écroule. On l’a vu pendant courant 2008, année où les banques ont dû crier au secours, promis « plus jamais ça! » ont elles supplier toutes penaudes.
Ainsi les caisses de nos amis les établissements financiers se renflouent gentiment depuis le début de l’année, alors que parallèlement à ce bonheur, le monde panse ses emplois perdus en les dénombrant.
Pour y parvenir, le secteur bancaire et financier se remet même à embaucher les meilleurs « personnels » avec des hausses de 50% des salaires, notamment chez UBS.
Du jamais vu, qui s’explique par la nouvelle réglementation sur les stocks options ou l’interdiction pure et simple des parachutes dorés pour les entreprises soumises à des aides nationales. Une fausse bonne idée puisque les responsables, le même genre que ceux qui ont mis leur employeur et les clients à genoux, vont toucher dorénavant des salaires fixés à l’avance, quel que soit le résultat. Finement joué!

La crise n’aura été finalement que temporaire dans les milieux financiers, qui recommencent à embaucher à tour de bras, contrairement à l’industrie voire le secteur des services, où les faillites, les délocalisations, et les chômeurs ne sont pas près de s’arrêter.
L’adage « On ne prête qu’aux riches » devrait être ainsi complété par « On ne sauve que les riches ».

Et on reste là les bras ballants…
Elles ont mené l’économie mondiale à la quasi-faillite. Elles vont rembourser leurs prêts tranquillement, fièrement avec le plus grand des sourires et faire dégarpir les contrôles nationaux de leurs petites affaires. D’ici la fin de l’année, la fierté et l’arrogance des PDG, des traders, des chefs de service, voire mêmes des chefs d’agence redeviendront la règle: « Vous voyez comment on s’en est sorti? », alors que les conséquences de leurs incompétences et de leurs folies se verront encore dans nos rues, en prenant tour à tour la forme d’un commerce vide, d’un entrepôt désaffecté, d’une usine en ruine, d’un nouveau mendiant à une station de métro. Sans parler de tous les projets professionnels ou personnels qui auraient pu aboutir si l’un des parents n’avait pas perdu son travail.

La Défense et les Banques:Danger Terrain Glissant

La Crise, véritable holocauste économique et social
A l’image de la folie fasciste que l’Humanité doit constamment se remémorer pour éviter de retomber dans ce piège fatal, le secteur financier doit se souvenir ad vitam aeternam des erreurs du passé, des abus qui l’a commis au nom du profit à court terme, the easy money.
Est-ce utile de rappeler que le G20 avec ses 3 listes éphémères de paradis fiscaux n’a été que de la poudre aux yeux? Et d’ailleurs pourquoi s’en prendre à ces pays dans la mesure où ils n’y sont que pour peu de choses dans la crise?
Les véritables coupables sont celles et ceux qui incitent, qui autorisent, et au final qui utilisent les fameux produits dérivés, ces produits financiers destinés uniquement à la spéculation, et où vous pouvez vendre un bien immatériel dont vous ne disposez même pas. Des effets de leviers qui portent malheureusement bien leur nom et dont l’effet catastrophique avait été prévu, certes sur un plan plus physique qu’économique, Archimède: « Donnez-moi un levier, un point d’appui, et je soulèverai le monde »
Et parmi ces produits spéculatifs, les fameux CDS ou Credit Default Swaps qui ont créé une bulle financière de plus de 60 000 milliards de dollars, continuent gentiment à exister comme si de rien n’était dans les institutions financières.
Aucune leçon n’a été retenue, l’objectif n’étant que d’atténuer rapidement les symptômes, à l’instar d’une grosse grippe.

Alors pour que ces banques se souviennent, il faut marquer au fer rouge leurs pratiques. Et seul le point sensible, l’argent, peut leur rappeler au bon souvenir de ce qu’ils ont fait en opposition totale à leur devoir économique et social: financer les projets personnels, professionnels, les infrastructures des collectivités locales, et les politiques économiques et sociales des Etats…
D’où la résurgence du la fameuse taxe Tobin, suggérée simplement par un modeste « Prix Nobel d’Economie », James Tobin. Elle consiste en la « taxation des transactions monétaires internationales afin de désinciter à la spéculation par un taux faible de l’ordre de 0,05 % à 1 % ».
Un taux double effet, comme savent se vanter pernicieusement les publicités des banques:
– suffisamment important pour le devoir de mémoire, mais éventuellement modifiable à la hausse, si besoin
– permet de renflouer a minima les caisses des états qui se sont endettés pour sauver les banques et dont l’économie a été ruinée par les conséquences sociales de celles-ci.

Du concret…
Prenons l’exemple de la fameuse chambre de compensation luxembourgeoise, Clearstream. Cette société gère et assure les contreparties des différents intervenants financiers pour un montant annuel (chiffre de 2002 ici) d’environ 9 trillons d’euros soit 9 000 milliards d’euros, ou encore 9 000 000 000 000 euros.(sic!)
Une taxe Tobin de 1% annuelle permettrait la récupération de 90 milliards d’euros. Impressionnant, non? Pour l’anecdote, l’impôt sur le revenu collecté en France au titre du budget de mars 2009 s’élève à seulement 50 milliards d’euros et la dette annuelle française s’élève à 100 milliards d’euros.
De quoi rembourser à chaque fois les petits écarts de notre gouvernement…
N’oublions pas qu’il existe une autre chambre de compensation existe sur le marché et se nomme Euroclear. Elle est leader de son domaine, devant Clearstream, de part les montants gérés: 500 000 milliards d’euros en 2007.
Exercice simple: Calculer la taxe Tobin en milliards d’Euro que l’Union Européenne serait en droit d’imposer à cette firme basée à Bruxelles.(sic!)
Même Madoff avait des comptes chez Euroclear et Clearstream via ses sociétés. Vous pouvez lui faire confiance.(voir ici)

Une petite recherche sur Wikipédia, dont est tirée la définition précédente, vous expliquera que cette taxe est la principale revendication de l’association altermondialiste ATTAC, ces ultra-gauchistes que les gouvernements libéraux de la planète adorent par-dessus tout. (MAM y compris)
Comme quoi, on peut être réputé d’extrême-gauche et avoir une vision lucide, voire prémonitoire, sur le fonctionnement de l’économie mondiale, le tout en sa basant sur des travaux de professionnels prônant le libre-échange!

Ainsi, pour enfoncer le clou, cette taxe reste aussi largement plébiscitée par Joseph Eugene Stiglitz, un « petit » économiste américain simplement auréolé du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel en 2001, occupant entre autres le poste de vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale de 1997 à 2000. […] En 2002, Stiglitz publia La Grande Désillusion (Globalization and its discontents), où il affirme que le FMI fait passer l’intérêt de son « principal actionnaire », les États-Unis, avant ceux des nations les moins favorisées qu’il a pourtant pour objectif de servir.
Coïncidence, Nicolas Sarkozy a commandé une mission de réflexion sur le changement des instruments de mesure de la croissance française, conjointement avec Amartya Sen et Joseph Stiglitz.

Alors qu’attendent nos politiques pour passer à l’action? Depuis 2 ans, les Français voulaient une Rupture… ils attendent encore, n’ayant eu que du baratin et de la poudre aux yeux.
Au sein du gouvernement, l’idée n’est pas prête d’être adoptée, si l’on en croît la réponse de Christine Lagarde à l’encontre de son collègue, porte étendard de la gauche caviar, Bernard Kouchner: « Vous savez, quand les ministres des Affaires étrangères se mettent à sortir la boîte à idées finances, on peut tout attendre. »
Concernant la voyante Christine, que valent ses diplômes de droits et notamment celui de maîtrise de droit des affaires, face à des prix Nobel d’économie?
En revanche, questionnez la sur le libre-échange des armes de guerre entre les USA, l’UE et la Pologne et vous en aurez certainement pour votre argent…(elle fut membre du Center for Strategic and International Studies de 1995 à 2002)

EUROPEENNES: Choisissez un parti qui exige l’application de la taxe Tobin.

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