Indépendance du Journalisme: Flagrant Délit d'Abus de Pouvoir de Jean-Luc Hees

C’est l’histoire d’un homme, un journaliste moustachu réputé et respecté du nom d’Edwy Plenel, qui défend humblement la liberté de sa profession dans ce pays. France Inter lui a ouvert le micro ce matin.
Au menu, peu de surprises. Simplement une confirmation et une analyse fine de ce que tout le monde ressent, voit ou subit déjà. Inutile de lire le livre de Bayrou.

Morceaux choisis:
« il y a une crise démocratique qui touche la presse française »

« L’actuel pouvoir politique empiète sur notre indépendance, sur notre liberté à nous journalistes et il le fait au détour de notre crise professionnelle, économique notamment celle de la crise papier »

« Aujourd’hui, le pouvoir politique dans ses liens avec des puissances économique peut violer l’intimité privé, une correspondance privée et accepter qu’une entreprise soit comme le pire des partis politiques, un parti totalitaire sans droit de dissidence, sans droit d’opinions diverses, et voilà ce que la ministre a laissé faire. »

« Dans notre pays le journalisme est forcément en conflit avec un pouvoir présidentiel qui veut tout occuper. (…) Quand le pouvoir veut nommer lui-même les patrons de l’audiovisuel public, il empiète sur nos libertés et les confrères qui acceptent ça ne se rendent pas compte, au-delà de leur carrière au-delà de leur popularité, y compris dans cette maison même (France Inter: ndlr), que dans ces moments là ils ne sont pas les gardiens d’une liberté qui ne leur appartient pas. Je rappelle (…) que la charte des droits et devoirs des journalistes de Munich (…), notre texte déontologique de référence, dit que la responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime sur toute autre responsabilité en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics. »

– En parlant de la nomination de Gérard Leclerc, le frère d’un ex de Carla Bruni, à la tête de la chaîne parlementaire de l’Assemblée Nationale: « Il y a un vote des parlementaire, ils choisissent majoritairement le sortant (…) et le président de l’Assemblée, pour plaire au prince, impose quelqu’un d’autre. On ne peut pas, nous journalistes, accepter ça »

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Fait inhabituel, inédit même dans l’histoire de la radio publique dorénavant radio d’Etat, le nouveau président s’est invité lui-même sur le plateau. Une intrusion aussi incroyable que celle d’un président de la République à l’Assemblée Nationale. Sacrilège!

Echéange courtois mais vifs des intéressés:
– Hees: « Je comprends votre vigilance et ce combat nécessaire. Nous sommes alliés, c’est ce que je suis venu vous dire » […] « On vous entend sur cette antenne de service public (…) Ça prouve quelque chose et on va vous entendre encore Edwy Plenel, vous êtes ici chez vous, comme tout le monde. Vous êtes la preuve que ce soupçon, en ce qui concerne la nomination des présidents de l’audiovisuel public, est infondé. »
– Plenel: « Il vaut mieux aboyer fort, déranger que d’être indifférent. »

N’ayant pas encore compris l’erreur de son geste, Hees va offrir sur un plateau (justement) un argument de poids à ses détracteurs notamment la CGT puis la SNJ:
«On n’a jamais vu une telle situation à Radio France, ni même dans le privé, un PDG qui déboule dans un journal pour prendre la parole! Pourtant, Jean-Luc Hees n’a de cesse de vouloir se montrer rassurant en revendiquant qu’il est le « garant de l’indépendance » alors qu’il prouve le contraire ce matin par ses actes en s’imposant sur l’antenne d’Inter!»
«Cette prise directe de l’antenne est de même nature que la nomination directe. Elle ne s’encombre pas de nuances. Elle bouscule les distances et les règles. Elle dit: « J’ai le pouvoir donc je fais ce que je veux ». C’est une grande nouveauté. Une nouveauté troublante.»

L’esclave Hees se révèle donc conforme au maître qui l’a nommé, à savoir faire l’inverse de ce que l’on prétend sauvegarder, le tout devant des millions d’auditeurs certainement aussi médusés que les membres de la profession. Un véritable flagrant délit d’abus de pouvoir, en somme qui ne fait qu’augurer d’une bien mauvaise destinée de Radio France. Les entreprises privées comme Orange, Les Caisses d’Epargne, Dassault, Bouygues… ne suffisent plus, le petit dictateur doit contrôler les médias publics en plus des médias privés qu’ils a déjà à sa botte.

Et d’attendre toujours une réaction du 4ème pouvoir, car force est de constater que les légitimes rebelles comme Plenel restent un peu trop seuls et isolés pour se battre contre tout un système.

Pour la route, une vidéo datant de 2007 d’Edwy Plenel qui se révèle bien plus doué pour les prédictions que Christine Lagarde et Elisabeth Tessier réunies. Avouons, devant l’incompétence ou la malhonnêteté de celles-ci, que la relève du défi ne semblait pas bien difficile. Et puis les politiciens sont si prévisibles…

Pourquoi ne pas voter Nicolas Sarkozy? (2007)

MAJ du 16/05/2009: Jean-Luc Hees s’est excusé sur le plateau de « + Clair », « Je voulais simplement saluer Edwy Plenel qui était invité de l’émission. J’étais derrière la vitre, en régie et un journaliste m’a fait signe de rentrer. Je suis affreusement désolé si ça a choqué. Je comprends que cela puisse choquer certaines susceptibilités mais c’est en réalité beaucoup de bruit pour pas grand chose »
Mais sur une éventuelle survenue d’un même événement, il a ajouté « On ne sait jamais ce qui peut se passer… » Comme quoi, tout n’est que façade à l’instar de son maître.

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