Les Vilains Desssous de l’Actualité: “vraiment trop inzuste !”

En grattant un peu l’actualité, il est facile de voir ou plutôt de lire que selon le point de vue du journaliste et son travail, on peut avoir une toute autre opinion des faits.

1er exemple: le travail dominical
Radio, Presse, Web, TV, difficile d’échapper aujourd’hui au matraquage organisé par l’UMP et notamment Jean-François Copé pour expliquer le report de l’étude de la loi sur le travail le dimanche.
L’homme anti-langue de bois de la majorité, une espèce protégée, s’est officiellement plaint à son complice Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale, pour les “menaces et injures” de l’opposition lors du débat parlementaire. Pauvre Jef!
Il est vrai qu’en matière d’injures les représentants de l’UMP en connaissent un rayon: “casse toi pauv’ con” par Nicolas Sarkozy, “Salope!” par Patrick Devedjian contre Anne-Marie Comparini, “Tocard!” par Françoise de Panafieu vilipendant Bertrand Delanoë dans les couloirs.
Alors forcément, devant l’aveuglement et l’arrogance de cette majorité, les insultes se retrouvent proférées de l’autre côté de l’hémicycle, tel un boomerang qui revient à son destinataire.
Ainsi en début de semaine, le peuple de France a pu assister à une magnifique provocation de Patrick Bloche, député PS et conseiller de Paris, qui recadre Jean-François Copé à propos de la réforme audiovisuelle.
Il démarre donc par un: “Vous commencez à nous gaver avec votre coproduction législative! Parler de Coproduction pour un fait du prince, c’est un peu prendre les français pour des oies” puis fini par un tonitruant duo d’adjectifs “hypocrite et tartuffe”.
Procédé, évidemment regrettable, mais qui a eu certainement le mérite de lâcher de la pression et de parler vrai dans cette assemblée déconnectée des réalités. Un peu comme les chaussures du journaliste irakien visant l’infâme et stupide Bush Junior: cela ne sert pas à grand chose, mais ça soulage!

Mais au fait, savez-vous pourquoi Copé a profité cette fois-ci de l’opposition un peu trop virulente?
Le Monde, un journal ultra-gauchiste, nous révèle au détour d’une phrase qu’il y avait un “risque de voir votée une motion de procédure du fait d’un nombre plus important de députés de gauche que de droite présents dans l’hémicycle”.
Original, non? Ainsi l’UMP expliquera aux français que si la France est bloquée, que la France ne se réforme pas, que la raison vient naturellement du blocage et accessoirement de la vulgarité malsaine de l’opposition PS qui donne une mauvaise image du parlement.
Force est de constater qu’un parti qui contrôle le pouvoir de bout en bout – Elysée, Gouvernement, Assemblée Nationale, Sénat – et qui se permet de passer en force par décret, enchaînant les lois à un rythme sans précédent dans la Vème République, rythme reprochés à gauche comme à droite, cela donne une image bien meilleure à la démocratie.
Mais évidemment l’UMP et la démocratie, cela fait depuis longtemps deux, surtout quand on apprend que des photographes de l’AFP sont désormais molestés et empêchés de faire leur travail de journaliste.
Dérives, vous avez dérives…fascistes?

2ème exemple: Le Falcon de Fillon
Anecdote truculente: Le pilote de l’avion qui a frôlé celui du premier ministre Fillon a finalement écopé hier d’une suspension de piloter durant 18 mois et 1.000 euros d’amende. Alors qu’une telle sanction pénale n’arrive jamais pour ce cas de quasi-collision, une sanction disciplinaire étant toujours de rigueur. Alors “Inzuste?” Oui certainement.
Il n’y a qu’à lire un temps soit peu l’article de France3.fr pour découvrir, avec stupeur, qu’il aurait fallu plutôt condamner le pilote du Falcon du souffre-douleur de Nicolas puisqu’il volait non seulement à une vitesse excessive pour son approche finale, mais aussi qu’il n’avait pas bien localisé l’avion de tourisme par rapport à lui.
Incroyable mais vrai, à l’instar de l’affaire scooter de Jean Sarkozy, c’est à la victime de payer.

3ème exemple: la discrimination positive
Nicolas veut promouvoir la diversité. Très bien, très bonne idée. Seule souci, comme à chaque fois, ce n’est pas le fond mais la forme que prendra la loi qui pose problème, en obligeant les grandes écoles à un quota de 30% de recrutement issu des meilleurs boursiers.
En écoutant une interview de la RH de la SNCF – qui peut mieux qu’une RH peut parler de recrutement, certainement pas un avocat de vente à la découpe devenu président – on apprend et/ou on vérifie, selon les personnes, que la méthode du quota est la bien la pire des réformes. Selon les responsables de la SNC, “il faut aller chercher les compétences là où elles se trouvent”, notamment en banlieue, les quotas imposés ne servent à rien.
Car au final, cette discrimination positive s’apparente ni plus ni moins à un piston, ce dont n’ont pas besoin les minorités pour réussir. Elles ont simplement besoin que les lois en matière de discrimination et d’égalité des chances soient respectées. Ce qui n’est manifestement pas le cas dans le privé comme dans les partis politiques.
Une telle mesure imposée dépréciera le poste que ces minorités auront obtenus de leurs mains, et on entendra évidemment toujours les nauséabonds: “Encore une placée à cause de la discrimination positive…”
Oui, 3 fois oui, la discrimination positive, positive ou pas, reste une discrimination et confirme son statut de vraiment trop “inzuste” et inégalitaire.

Et que dire de la nomination de Yadi Sabeg? Un homme à la biographie potentiellement sensible, “naît en Algérie française d’un fonctionnaire dans l’armée française participant de la manifestation de Guelma en 1945″, homme d’affaire patron d’une SSII CS Communication et Systèmes, comprendre “marchand de viande”, “homme de réseau” et franc-maçon comme Xavier Bertrand, selon notre vénérable ami Wikipédia.
Comprendre: “Ami djeun, fais jouer tes réseaux!”. L’idéal pour magouiller et pratiquer une corruption politiquement correcte et forcément contraire à la bonne marche du fonctionnement d’un Etat honnête et serein. Yazid Sabeg est donc la preuve vivante que la discrimination positive est inutile, puisqu’il a réussi sans celle-ci. CQFD. Et donc pas vraiment le meilleur symbole pour les jeunes générations.
A l’inverse, Rachida Dati, Fadela Amara et Rama Yade n’ont pas illustré de la meilleure manière la politique volontariste de Nicolas Sarkozy. Les résultats dans leurs ministères ou secrétariats d’état respectifs parlent d’eux-mêmes.
La discrimination positive ou comment confondre avec la pure démagogie et le copinage politique.

Sources: ici et