Retour sur l’Actu> André Santini, Parrain des Eaux de Seine, et Bertrand Delanoë: Deux Maires, Deux Gestions de l’Eau Potable

Nouvelle rubrique sur ce blog, “Retour sur l’Actu”.
Le principe est très simple: à partir d’un fait de l’actualité décortiqué et abordé dans un article précédent, un nouvel article permettant d’approfondir le sujet et d’y voir encore plus clair est publié. Une autre information, quelques mois après, permet ainsi d’améliorer la compréhension d’un événement passé (ici l’enquête de l’UFC Que choisir sur la surfacturation de l’eau en Ile-de-France par Veolia) en analysant au mieux les tenants et les aboutissants.
Précédent article: André Santini le Parrain des Eaux de Seine contre l’UFC Que Choisir
André Santini et Veolia sont donc les heureux bénéficiaires de ce procédé.

On ne s’en lasse pas:
André Santini Le Parrain des Eaux de Seine

Yes, We Can!
Ainsi durant la semaine écoulée, on a pu apprendre, par la presse notamment, que la ville de Paris allait re-municipaliser le service public de la distribution de l’eau potable.
Jacques Chirac, l’homme qui voulait se baigner dans la Seine et accessoirement maire de 1977 à 1995, avait en effet privatisé l’eau à deux sociétés privées pour la distribution, côté rive droite Veolia et côté rive gauche Suez, Eau de Paris, société d’économie mixte (SEM) à 70% municipale, s’occupant de la production.
Inutile de dire que ce triptyque engendrait une redondance de frais et des conflits dans la gestion des responsabilités. D’autant que ces opérateurs privés s’occupaient de l’entretien du réseau intra-muros et de la facturation aux clients, les deux parties les plus rémunératrices et dénuées de véritable risque, alors que les infrastructures du réseau (des usines aux tuyaux en passant par le traitement), parties moins rentables, étaient sous le contrôle de la SEM. Un bien inégal partage du gâteau de l’eau!

Par conséquent, un choix politique très mauvais à moyen et long terme pour les citoyens et contribuables d’une ville, mais pour un futur candidat à la présidentielle, un excellent moyen de s’octroyer un trésor de guerre. Ne soyons pas dupes!

Dès 2010, conformément aux engagements électoraux de Bertrand Delanoë, l’établissement public industriel et commercial (EPIC) sera responsable de toute la filière de l’eau à Paris: gestion et distribution, suivant ainsi l’exemple couronné de succès de la ville de Grenoble.

Pour des missions ponctuelles ou précises, l’EPIC pourra se retourner vers des prestataires privés, point évidemment à contrôler régulièrement de ne pas retomber dans les mêmes travers qu’actuellement. Là encore pas de naïveté, gauche ou droite, l’argent est le nerf de la guerre électorale.

Preuve que ce principe de gestion, un retour aux sources en fait, est avantageux: les villes de Lille, Lyon et Bordeaux s’y intéressent. Alors que la ville de Rennes (PS) a préféré étrangement négocier avec un poids lourd du secteur: la Générale des Eaux (Veolia encore elle!)

Comme quoi au final, André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 28 ans de 1980 à 2008 (World Record! ;-) a été un modèle pour tous, à gauche comme à droite, en laissant des admirateurs politiques de ses liaisons sulfureuses voire ferrugineuses avec des entreprises privées uniquement là pour faire un maximum de bénéfices.
Sacré dédé!