41 300 Chômeurs sur Fond de Crise Mondiale: On Nous Aurait Menti?

L’impensable c’est finalement produit malgré les négociations entre les parties. Hier soir pour la France, le plan d’aide de George W. Bush n’a pas été voté par les 2/3 des parlementaires républicains, malgré le soutien des deux candidats à la Maison Blanche.
Et le résultat ne s’est pas fait attendre tel un tsunami: toutes les bourses ont plongé comme celle d’Asie de 4.6% pour Tokyo, -3.6% pour Hong Kong alors que le Dow Jones à New York lui baissait d’un triste record à 7%.
Notre petite bourse, celle de Paris, est retombée en-dessous des symboliques 4000 points, valeur qui marque la limite virtuelle entre une situation économique “prospère” ou tendue à une autre plus préoccupante qui annonce que le pire dans cette crise financière est bien devant nous. La fin d’un monde avec un retour aux chiffres de 1987, le 11 septembre à côté n’était qu’un entraînement.

Et comme d’habitude dans l’Histoire…
Crise financière, crise bancaire débouchent sur une crise politique et sociale. Les conflits politiques en Europe et dans le reste du monde se voient relancés et les opposants reprennent la parole.
Petit exemple avec le leader de la CFDT, François Chérèque, jusque-là très voire trop discret vis à vis de la situation économique et de la politique Sarkozienne.
Au micro de Jean-Michel Aphatie sur RTL, il déclarait hier : “on nous a un peu enfumés depuis quelques mois”

Shrek chez Aphatie

Enfin!
Paroles inhabituelles et peu diplomatiques même pour un syndicaliste. Il est clair que comme l’a fait aussi remarquer le Chef Solitaire du Modem Déconnecté, le gentil Bayrou, “40.000 chômeurs supplémentaires, c’est-à-dire le plus mauvais chiffre qui ait jamais été réalisé en France depuis 1993, ça c’était pas la crise, qui vient d’éclater au mois de septembre, c’était avant”
et d’ajouter “Pourquoi? a-t-il ajouté, parce que les choix économiques du gouvernement ont été des mauvais choix et nous les payons”
Sauf qu’il oublie trop facilement que la crise ne date pas d’hier. A contrario, il est fort probable que le gouvernement français ait retardé le plus possible l’annonce afin de faire coïncider ces mauvaises nouvelles du chômage, preuve de l’inefficacité de la politique économique et du bouclier fiscal, avec le pic majeur de la crise. Encore que le pic n’est peut être pas encore atteint.
Histoire de camoufler l’inavouable.

L’agriculteur centriste en a aussi profité pour faire un petit tacle légitime à DSK au passage en dénonçant la passivité de Dominique Strauss-Kahn au FMI, Fond Monétaire International chargé normalement d’établir les règles sur le marché mondial.
“Ca fait un an maintenant que Dominique Strauss-Kahn est en situation de responsabilité, je trouverais bien que l’on passe des paroles aux actes”!
Difficile de dire le contraire puisqu’effectivement aucune mesure particulière si ce n’est une annonce il y a quelques mois qui dénotait un certain pessimiste du plus socialiste des libéraux. Et inversement.
Pathétique au regard de la crise actuelle et du personnage qui se présentait pourtant en réformateur de l’institution.

On nous aurait menti?
Car évidemment ce qui brûle les lèvres de tous les opposants politiques, c’est cet effet Tchernobyl. Selon les prédictions de la voyante Mme Lagarde, la France ne risquait rien dans sa bulle bancaire.
“Ayez confiance !”. Mais là encore comme pour Tchernobyl, pour Tricastin les gens ont fait confiance et ont été déçus…
Et le “Shrek”, dit moins rapidement Chérèque, de lancer à propos des 41 300 chômeurs de plus en août: “Cette hausse me surprend et elle est surtout contradictoire par rapport à tout ce qu’annonce le gouvernement. Mme Lagarde nous avait annoncé que la crise américaine ne passerait pas les frontières. On se rend compte qu’elle est devenue européenne et mondiale”
Peut être que Fillon, sorti indemne d’une quasi-collision avec son Falcon 900 – quel poissard celui-là! – nous redira que dans ce domaine, le gouvernement n’a pas “à rendre des comptes”?

Subprimes à la Française
A Toulon, notre héros national avait promis qu’aucun épargnant ne perdrait le moindre euro.
C’est fort louable. Mais comment, par quel prodige?

Sarkozy le Magicien
Nicolas Sarkozy Le Magicien - Mickey Fantasia

Par le même système que les américains, les anglais, les belges, les néerlandais, les luxembourgeois: en injectant des fonds publics dans des institutions privées et en nationalisant les banques comme pour Fortis hier, et Dexia aujourd’hui avec les deux pdg de la banque franco-belge qui viennent de démissionner.
Une vraie crise des subprimes à la française, avec une solution très mauvaise mais inévitable, puisque des erreurs d’hommes privés richissimes seront réparées par le bon peuple.
Avec un peu de volonté et moins de paroles, on pourrait pourtant ajouter une taxe pour les Big Boss de ces entreprises du CAC 40, désactiver le bouquet fiscal, interdire définitivement les parachutes dorés pour une entreprise avec un siège social en France, et taxer les stock-options, peu souvent accordés aux classes moyennes. Dommage que ceux qui arrivent au pouvoir aient toujours moins d’idées et de volontés que lorsqu’ils sont dans l’opposition. Dommage…
Aux USA, rien de concret encore à l’encontre des profiteurs du système qui l’ont fait chuté, malgré le sermont de Nicolas Sarkozy souhaitant voir tomber des têtes. Démagogie à outrance.
Ainsi l’éphémère PDG de la Washington Mutual, 6ème banque américaine, 1ère banque de dépôt US en faillite, est resté 18 jours à son poste! Il a empoché 7,5 millions de dollars à son arrivée et s’en va avec 6,15 millions de dollars pour rupture de contrat, soit 758.333 dollars par jour.
“Ah le libéralisme quel bonheur!” N’est-ce pas messieurs DSK ou Manuel Walls, les ersatz de socialistes?
Et n’en déplaise à Mme Lagarde une banque de dépôt n’est pas à l’abri d’une faillite, la preuve par l’exemple.

Plan B
Il y en avait une autre solution sinon, pour éviter la nationalisation des banques et cette ombre du socialisme voire du communisme, mais elle était bien pire: laissez-faire et aller jusqu’à la chute du système. Alors vous seriez retournés à votre banque et votre conseiller financier vous aurait dit: “Malgré votre compte positif, “nous n’avons plus de liquidité” Bienvenue en enfer.

Belote et Rebelote
Au final, pour éviter de contredire leur propre idéologie libérale, et malgré le résultat prévisible, les parlementaires républicains n’auront donc pas voté en l’état le plan Paulson de 700 milliards de dollars.
Un comble sachant que l’initiateur du projet, George W. Bush, est républicain. A l’heure actuelle, les USA et le reste du monde sont dans l’impasse d’autant que le Congrès est fermé aujourd’hui, malgré la crise, pour cause de…Rosh Hashana, le nouvel an juif. Sans commentaire.
(inutile d’argumenter que l’Assemblée Nationale en France est fermée pendant le jeudi de l’Ascension ou le lundi de la Pentecôte)

Léger retour en arrière: Mme Irma Lagarde n’avait-elle pourtant pas dit le 20 septembre dernier que “Le gros risque systémique qui était craint par les places financières et qui les a amenées à beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous”

On va finir par “l’adorer” l’extralucide de Bercy, autant que notre Mme Sans-Gène de la place Vendôme! ;-)

MAJ 14h15: l’Etat Français et la Caisse de Dépôts et Consignations (CDC) détiennent désormais 25% de Dexia. De l’argent public a été investi dans une banque privée en plus de l’argent public déjà présent dans cet établissement financier pour le sauver de la faillite. Réaction de la bourse: +10% à 13h pour l’action Dexia.
N’était-ce pas pourtant anti-concurrentiel de sauver des entreprises? Pour Bruxelles, sauver des banques oui. Des emplois dans des usines ou des PME non. Une Europe schizophrène et difficilement défendable.