Ensemble tout est possible: Apprendre son Licenciement par Internet!

C’est ce qui vient d’arriver aux salariés de l’entreprise Matussière et Forest, spécialisée dans le recyclage du papier à partir des journaux et magazines.
Subissant la crise économique, le fond américain qui détient l’entreprise a décidé de liquider l’entreprise purement et simplement en laissant sur le bas-côté plus de 720 salariés.

Argent américain, méthode américaine
Respectant le modèle américain qu’affectionne tant notre parodie de président, les employés ont appris leur licenciement sec non pas par les directions d’usines ou des ressources humaines, mais par internet. Gage d’une plus grande modernité!
Ce qui prouve aussi l’immense courage dont on fait preuve les responsables de l’entreprise, bien français, eux.

Paradoxe Sarkozien
Hier, Nicolas Sarkozy a critiqué le système économique actuel et prôné devant les représentants de l’ONU à New York “un capitalisme régulé”.
Il serait ainsi bon, qu’avant de critiquer, que le gouvernement actuel puisse faire respecter au minimum le droit français sur son sol en matière de droit du travail: le licenciement en fait partie intégrante.

Pour rappel
D’ailleurs, à ce propos, la France devrait balayer devant sa porte en matière de réglementation financière. Car la personne chargée de défendre et promouvoir la norme Bâle 2 en France, sur les risques opérationnels (allocation de fonds propres pour éponger d’éventuelles surprises comme un trader flambeur par exemple), n’était autre que Daniel Bouton, l’ex-DG de la Société Générale, la même banque qui a perdue grâce à Jérome Kerviel près de 5 milliards de dollars et toute sa crédibilité vis à vis du grand public. Alors profil bas…

Chez Matussière et Forest
En attendant les salariés du groupe ont conservé pour près de 5 millions d’euros de matériels et produits finis afin d’avoir un levier pour les prochaines négociations.
Car comme d’habitude malgré 30 ans de carrière, les employés sont virés manumilitari “comme de la viande de boucherie” pour reprendre une expression d’un des licenciés, et les indemnités de licenciements sont calculées chichement.
En France, le climat est tendu mais pas autant qu’en Inde. Là bas, selon une nouvelle du journal Metro d’aujourd’hui, des salariés licenciés d’une usine sous-traitant pour un équipementier automobile italien ont lynché à mort leur PDG. Le gouvernement indien a même qualifié ce geste violent et criminel par une leçon donné au patronat.

Suivant la décision du procureur du 16 septembre dernier, comme tous les repreneurs se sont désistés, le tribunal de commerce de Grenoble a donc déclaré en liquidation judiciaire l’entreprise Matussière et Forest créée en 1968.
Comme quoi, le petit Nicolas avait eu une triste prémonition en annonçant “tourner la page de mai 68″

Etrangement l’article de la Tribune.fr, société du groupe LVMH, ne fait allusion à aucun moment du fond américain. Sûrement un oubli…