Notre ami, Kadhafi: Le Pétrole du Terrorisme

Depuis l’arrivée au pouvoir du petit Nicolas, la visibilité de l’ancien chef terroriste et colonnel Mouammar Kadhafi sur la scène internationale est de plus en plus grande.
Nous ne reviendrons pas sur l’épisode vaudevillesque de son fils Hannibal, le bien nommé, aussi pourri que son père mais en plus jeune, qui battait ses propres domestiques en Suisse. Suite à leur plainte, le fils a été arrêté mais la Libye a en représailles retenu prisonnier des 2 ressortissants civils helvétiques, supprimé 2 des 3 liaisons aériennes entre les deux pays et brandit, sans l’appliquer, l’exportation libyenne de pétrole vers ce si beau pays du secret bancaire.

Non l’événement historique est la visite officielle de Condolezza Rice, Candy Rice pour les intimes, en Libye.
Historique car depuis les attentats terroristes de Lockerbie tout pont diplomatique avaient été coupés entre les Etats-Unis et la régime du colonel défiguré.
Histoire de mettre de l’ambiance et “pour fêter cette rencontre”, Mouammar Kadhafi a eu le bon goût d’inviter sa “miss beauté” made in USA dans la maison où est morte sa fille adoptive Hannah dans les bombardements américains de 1986 de Tripoli et Benghazi, qui visait à le tuer lui. Cette opération nommée El Dorado Canyon avait été demandée par Ronald Reagan suite à l’attentat d’agents libyens dans une discothèque Berlin-Est où des militaires américains étaient visés (dont un décédé).

Et quel sens de l’hospitalité !
Pas étonnant que tous les chefs d’états néo-conservateurs souhaitent lui serrer la paluche à ce colonel.
Tellement sympathique le gentilhomme, à moins que ce ne soit pour son pétrole? Car les USA ont un manque cruel d’Or noir, l’ouragan Gustav les ayant obligés d’entamer dans leurs célèbres réserves stratégiques.
Ainsi la diplomatie américaine serait basée uniquement sur le pétrole et donc l’argent.
Il est vrai que depuis les guerres en Irak nous n’étions plus dupes, d’autant qu’au deuxième opus, le seul ministère qui n’ait pas été livré aux pillards, était précisément le ministère du pétrole irakien.
Mais là, l’évidence est criante: un homme peut donc passer du statut de terroriste à celui d’un honnête chef d’état.
Bluffante l’Amérique de Bush.

Et chez nous? Belote et Rebelote
Non seulement Nicolas Sarkozy a ouvert la voie de la détente avec le colonel Kadhafi en échange d’un nucléaire civil avec le programme EPR, pour l’instant un fiasco industriel en raison de ses retards à répétition en Finlande et en France. Mais en plus le rapprochement est encore plus troublant diplomatiquement avec le régime tout aussi abject et dictatorial du président syrien Bachar Al-Assad.
A l’image des autorités chinoises qui mettent en balance les contrats d’Areva et d’Airbus, cette semaine lors de la rencontre Sarkozy/Al-Assad, la Syrie a signé un contrat avec Total pour l’exploitation de nouveaux gisements pétroliers en échange de l’ouverture de la France vis à vis de la Syrie. D’autres contrats pour Alstom, Lafarge et EADS ont aussi été conclus lors de la dernière visite du petit Nicolas. (voir ici)

Au final, on constate que fidèle à certaines promesses, la Rupture est bien présente dans la conduites des “Affaires Etrangères”. La France étant maintenant l’experte dans cette schizophrénie diplomatique ou comment pardonner l’impardonnable. Les pays occidentaux, via leurs représentants élus, si attachés aux libertés et aux droits de l’homme sont prêts à les mettre de côté au profit unique de sauver leur économie et leurs emplois, gage de réélection.
Un sacrifice que les générations futures jugeront sur pièce, si elles peuvent encore le faire.