Censure des Médias en France, Liberté de ton à l’étranger
Il suffit de le voir pour le croire: rendez-vous à l’étranger, pas besoin d’aller bien loin, traversez la première frontière venue et vous verrez qu’en France, notre si beau pays, le journalisme a perdu de sa superbe.
Un tabou concernant le président plane sur les rédactions. Un sujet intéressant, accrocheur, décalé sur le petit Nicolas, sa politique voire pire sa femme, et hop, le couperet tombe et on passe à autre chose.
Politique
Il y a 3 semaines de cela, le Financial Times publiait tout un article sur Nicolas et sa prétendue modernité en politique. En fait, beaucoup de promesses avant la campagne mais une plus révélatrice que les autres: la réforme de la PAC (Politique Agricole Commune européenne).
En septembre 2007, le prétendant à l’Elysée annonçait effectivement la couleur en tendant la main à aux agriculteurs d’en bas, les petits exploitants, mais aussi et surtout en mettant un grand coup de frein à la politique de subventions, très couteuse et destructrice pour le Tiers-Monde.
En effet, les états européens en subventionnant leurs productions nationales à l’exportation les rendent ultra-compétitives sur les marchés africains et, de ce fait, les producteurs locaux ne peuvent même plus vendre leur propre produit. Une situation ubuesque véritable moteur du déclin de l’Afrique.
Au lieu de cela, lors des dernières négociations de l’OMC le 28 juillet dernier, on a eu droit à un Sarkozy digne des plus politiciens les plus conservateurs pour en pas dire archaïques.
Déjà en insultant par presse interposée le commissaire européen au commerce Peter Mandelson pour s’opposer à toute signature en l’état, puis par sa position ultra-protectionniste vis à vis du commerce avec nos partenaires extra-communautaires: à l’opposé total de son image de réformateur.
A croire qu’en arrivant à la tête du pouvoir, le Nicolas se rend compte que ses promesses sont irréalisables.
People
A l’image de Mitterrand avec “sa Mazarine”, du fils caché japonais de Chirac, les rumeurs vont bon train sur la vie privée du président comme un possible enfant avec son ex-Anne Fulda, ancienne journaliste au Figaro . Rumeurs car si à l’étranger, la presse ne se prive pas pour diffuser des témoignages troublants voire des photos révélatrices, ici en France c’est motus et bouche cousue.
Mais comme sous Mitterrand et Chirac, toutes les rédactions sont bien évidemment au courant des frasques du plus haut fonctionnaire de l’Etat, mais ordre est de garder le secret, que ce soit la santé du président ou celle de son entourage. La Raison d’Etat pour couvrir les écarts de la vie privée.
Ainsi cette semaine, en plus de la gestation surprise de Rachida Dati, dont tout le monde se demande qui est le père, c’est une image déconcertante qu’a diffusée le Daily Mail et le Telegraph. Et là question est naturellement: La Reine de France La première dame de France Carla Bruni serait-elle enceinte, le Roi attendrait-il un dauphin?

Quand un homme pose sa main d’une telle manière sur le ventre de sa femme, il est clair que le doute s’installe. Et si l’information n’est pas si importante en soi, enfant d’un couple marié, pourquoi les médias français se sont abstenus? Parce que la vérité n’est jamais bonne à dire surtout sous le régime Sarkozien. Si on nous cache un fait si banal et heureux, la natalité, alors les sujets bien plus cruciaux peuvent donc nous être occultés avec facilité. Comme souvent, ce n’est pas le fond qui est gênant mais la forme: la Censure.
ça dérange le président? n’en parlons pas!
La politique, les images, les mots même sont tabous sous Nicolas 1er: “centrafrique”, “politique de rigueur”, “récession”. A l’instar de la Chine, où tout doit être lisse, beau, et agréable à entendre, les contestations ou reproches sont devenus impossibles dans notre pays. Dans le JT de France 3, hier midi, Bernard Laporte ne voulait parler que des 40 jolies médailles olympiques et pas de la déroute de l’athlétisme français. Une nouvelle interview enregistrée avec l’alibi du décalage horaire, mais qui a l’avantage de pouvoir être coupée au bon moment pour masquer l’agacement du journaliste, qui se voit obligé de jouer le rôle de perroquet.
Autre secrétaire d’état, autre méthode.
Lors de sa visite d’un supermarché marseillais, Nadine Morano ne souhaitait parler des avantages de l’allocation rentrée et d’aide aux familles qu’avec des quidams apparentés UMP, les parents d’élèves beaucoup moins. Etrange démocratie.
Vidéo postée par Rue89
Politique de l’autruche, censure et répression font toujours bon ménage. La Rupture avec les tristes méthodes Mitterrandiennes ou Chiraquiennes est visiblement aux abonnés absents.