Le bourbier Afghan: 10 morts de trop

Nouveau tournant dans cette guerre si lointaine: 10 morts et 21 blessés français, de la tristesse, de la compassion et surtout beaucoup de questions à élucider.

A la lumière de ce que la Grande Muette a déjà admis:
- pourquoi une telle mission de reconnaissance s’est faite en fin de journée, peu propice à une auto-défense efficace dans des endroits escarpés et montagneux?
- pourquoi l’aviation américaine appelée en renfort n’est pas intervenue?
- pourquoi les mirages français envoyés en Afghanistan n’ont pas été mis en action?
- pourquoi alors que la mission comportait des équipes américaines, afghanes et françaises, on ne compte que des blessés et des morts français?
- comment les talibans savaient qu’une mission de reconnaissance passerait à cet endroit, ce jour-là et à cette heure là? une ou plusieurs taupes dans le camp allié?
- pourquoi n’y avait-il pas d’appui aérien dès le début, comme un soutien héliporté?
- qui fourni et qui a des intérêts à fournir les nouvelles armes et leurs munitions aux talibans, les Russes (AK 47, lance-roquette)? idem pour les financements.
Une sorte d’arroseur arrosé puisque les services secrets américains via un trafiquant d’arme israëlien fournissaient des armes russes pendant la guerre d’Afghanistan aux rebelles afghans, afin que le bloc de l’est n’ait pas de preuve formelle du soutien militaire des USA.

La guerre éclair et totale contre les talibans s’est donc clairement transformée en bourbier. A leur époque, les 160 000 soldats soviétiques n’avaient pas réussi à venir à bout des afghans, armés et financés dans les dernières années par la CIA.
Les récentes victimes françaises ne défendent pas les populations, ni les intérêts nationaux de la France comme on pourrait le croire, mais bien des intérêts privés.
Le piège afghan se referme jour après jour sur les coalitions alliées qui ont eu la négligence de suivre la folie américaine et le complexe militaro-industriel mondial.
Quoi de mieux que de bons conflits enlisés pour faire un maximum de profits, du Business sur le long terme? Tant pis pour les victimes civils ou militaires du moment que l’argent public est transféré vers des caisses bien privées.
L’administration Bush avait été montrée du doigt avec ses compagnies de lobby comme Halliburton (Dick Cheney ex-PDG), Chevron (Condolezza Rice ex-membre du conseil d’administration), BlackWater etc…

Que faudrait-il dire du complexe militaro-industriel français qui a financé la campagne de notre nouveau président?
Dassault, Lagardère (via le groupe EADS), Thalès (ex-Thomson CSF), Sagem (Groupe Safran).
Et pour faire le lien entre les deux pieuvres rappelons simplement qu’Olivier Sarkozy, le demi-frère du petit Nicolas, est entré en mars 2008 dans le groupe d’investissement spécialisé en électronique militaire Carlyle Group.
Pour rappel, il est de notoriété public, que ce même fond a vu la participation de John Major, ancien premier ministre britannique, George Bush Père, ex-président des USA mais aussi ex-directeur de la CIA, ex-employé de l’entreprise Dresser Industries fusionnée avec Halliburton, mais aussi et surtout de la puissante famille Ben Laden. Famille qui avait renflouée l’entreprise pétrolière texane alors en quasi-faillite gérée par George Walker Bush, l’actuel président des Etats-Unis.

Le monde est si petit…

Deux films à voir pour se divertir utilement:
- Farenheit 9/11 de Michael Moore, incontournable
- La guerre selon Charlie Wilson, ou comment un seul homme, un sénateur américain, a fait gagner les rebelles afghans contre l’armée rouge et du même coup, a participé activement à la chute de l’empire soviétique quelques années après.

MAJ du 23 août 2008: pour l’idée du piège, du “guet-apens” tellement évidente, c’est confirmé.
A lire dans l’article de FranceSoir.fr: ici