Ossétie du Sud: Quand la Guerre Froide se réchauffe pour du Pétrole
Petit résumé:
Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, le président de la Géorgie Mikheil Saakachvili lance une offensive en Ossétie-du-Sud pour rétablir l’ordre après de fortes tensions avec les indépendantistes locaux pro-russes.
Ayant des soldats de maintien de la paix dans ce pays, le président russe Dimitri Medvedev ordonne aux Forces Armées de la Fédération de Russie, nom officiel de l’ex-Armée Rouge, de défendre l’Ossétie-du-Sud mais aussi d’envahir la Géorgie en représailles.
S’en suit des incursions russes et des pilonnages de la ville géorgienne de Gori, au sud de la zone de conflit, et des bombardements des aéroports civils et militaires de Tbilissi, la capitale géorgienne.
Un nouveau front est aussi ouvert à l’ouest de la Géorgie en Abhkazie, république pro-russe située dont l’indépendance n’a pas été reconnue par la communauté internationale seulement par la Russie, tout comme l’Ossétie-du-Sud.
Les territoires maritimes et le aériens sont quant à eux entièrement sous contrôle russe.
Diplomatie et langue de bois
Après des aller-retours de diplomates européens dont Bernard Kouchner puis les entrevues médiatiques entre Nicolas Sarkozy et les présidents Medevdev et Saakachvili un accord de cessez-le-feu avec le retour dans leur caserne des militaires géorgiens en échange du retrait des troupes russes a été conclu.
Le sort des républiques indépendantistes géorgiennes comme l’Abkhazie ou l’Ossétie-du-Sud sera étudiée ensuite par leurs peuples eux-mêmes selon la volonté du président russe : “L’intégrité territoriale est une question complexe, qui doit être régulée par le droit international, ce dernier prévoyant également le droit des peuples à l’autodétermination”. Ce point de définition des statuts des deux républiques était prévu dans l’article 6 du texte négocié par Sarkozy, mais a été amendé sur demande de la Russie.
A l’image de Gaza et de la Cisjordanie, ces territoires pro-russes sont dorénavant considérés par le pouvoir géorgien comme des “territoires occupés”, pouvoir qui compte se rapprocher rapidement de l’OTAN pour assurer une dissuasion militaire crédible et efficace.
A qui profite le crime?
Au final, il en ressort que le président nationaliste Michaïl Saakachvili, élu de manière démocratique mais avec des fraudes multiples, passe pour un amateur voir un fou après son attaque de nuit pendant la trêve olympique d’un village ossète, signant de ce fait une attaque implicite du géant russe. Croyant naïvement qu’en raison des événements sportifs, la Russie n’allait pas réagir, c’est au contraire à un déchainement de violence auquel on a assisté.
Un véritable combat entre deux coqs transpirant le nationalisme le plus primaire et menteurs comme des arracheurs de dents. L’un accusant l’autre d’attaquer l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan ou BTC alors que BP l’exploitant n’est au courant de rien, l’autre accusant son adversaire de pratiquer l’épuration éthnique, alors que l’accusateur n’a d’une part aucune preuve et d’autre part la pratiquer sans ménagement en Tchétchénie.
Double piège ce combat, puisque il y a fort à parier, qu’à l’instar de Saddam Hussein en août 1990, Saakachvili a probablement eu un “laisser-faire” secret des Etats-Unis pour mener une telle action, en promettant de le soutenir en cas d’ennuis diplomatiques. A ce petit jeu de dupe, les USA dans un cas comme dans l’autre peuvent sortir gagnants.
En effet, première conséquence,cette guerre a déstabilisé l’Europe diplomatique et lui a rappelée ses souvenirs les plus sombres des Balkans. Un conflit armé en Europe ferait naturellement baisser un Euro devenu trop fort pour nos amis d’outre-atlantique.
Deuxièmement, les USA avaient prévu et envoient en ce moment même des hommes civils ou militaires pour aider les populations géorgiennes en péril après la boucherie russe. Quoi de mieux pour justifier la présence américaine en Géorgie? La CIA peut ainsi renforcer sereinement ces positions.
Enfin, la Géorgie va pouvoir se rapprocher rapidement et légitimement de l’OTAN. Un rêve pour les USA, qui pourront à défaut de mettre une de leurs bases de bouclier anti-missile là-bas, implanter une ou plusieurs bases militaires afin de garder un oeil sur le transit du pétrole par oléoducs.
Là encore comme en Irak, s’il y a bien un objectif unique, l’indépendance et la liberté des peuples n’étant que des prétextes, c’est bien une nouvelle fois l’or noir de la Caspienne qui est la cible ultime.
On a donc assisté à un jeu dangereux en passe de réussir pour les USA, prêt à tout pour leur consommation pharaonique de pétrole et pour titiller la Russie Poutinienne. La CIA n’a visiblement pas perdu la main. A moins que les Russes ne leur réservent une surprise de taille. L’avenir nous le dira. Quant aux dommages collatéraux de leurs géopolitiques sanglantes, les civils innocents, on sait bien que ni la Russie, ni les USA ne font dans le détail. Vae Victis, Mort aux vaincus

