Ossétie du Sud: La poudrière Géorgienne… pour du Pétrole (2)

La guerre continue de faire rage. Pour tenter de décrire sommairement le tableau, c’est comme si l’Italie soutenait financièrement et militairement depuis 18 ans les autonomistes corses.
La France interviendrait en Corse mais l’Italie contre-attaquerait massivement avec une aviation et une marine 10 fois supérieure. Une boucherie. C’est exactement ce qui se passe, grosso-modo là-bas, avec le contrôle du transit du pétrole en toile de fond.

Sur place…
Côté géorgien s’apercevant de son erreur, le très controversé président Mikhaïl Saakachvili a fait retirer ses troupes de l’Ossétie-du-Sud.
Coté russe, les troupes ont pris le contrôle définitif de la capitale de cette région, Tskhinvali. Preuve de la planification, les russes ont ouvert un nouveau front à l’ouest de la Géorgie en Abkhazie, république dissidente et pro-russe.
Des navires russes ont même été déployés sur la Mer Noire pour bloquer tout ravitaillement en armes et munitions à la Géorgie. Les bombardements russes se sont aussi intensifiés malgré la retraite géorgienne.

Les plus offensifs et provocateurs ne sont donc pas ceux que l’on pourrait croire, d’autant que selon les témoignages, il n’y aucune trace d’ “épurations éthniques” en Ossétie-du-Sud, épurations soi-disant perpétrées par la Géorgie sur les autonomistes. C’était et c’est pourtant la raison officielle du Kremlin pour continuer les représailles sur des points stratégiques (port pétrolier de Poti, aéroport militaire de Tbilissi) mais aussi sur des immeubles civils faisant de nombreuses victimes totalement innocentes.
La Russie Poutinienne a même demandé aux Nations unies de rappeler ses observateurs des territoires situés entre l’Abkhazie et l’ouest de la Géorgie, histoire de finir la sale besogne à l’abri des regards indiscrets?

Le barratin diplomatique suffira-t-il ?
Barratin diplomatique de Sarkozy - Parodie de Bharati

“Un enjeu microscopique”, mais bien sûr!
Contrairement aux propos du French Doctor de la Gauche Caviar Bernard Kouchner, qui a dit hier soir que “C’est une guerre terrible, brutale et redoutable pour un enjeu microscopique, on voit bien que l’objectif n’est pas de défendre l’indépendance de l’Ossétie du Sud.
Le but est de prendre le contrôle de cette région qui permet l’acheminement du pétrole entre la Mer Caspienne et la Mer Noire sans passer par la Russie. Cette dernière veut absolument supprimer ce contournement pour garder une maitrise totale de l’approvisionnement énergétique à destination de l’Europe. Un point clé qui explique le déploiement de 10 000 soldats russes supplémentaires. Surtout en ces temps où les ressources pétrolières sont encore hors de prix.

En outre, comme à chaque fois dans de telles conditions, le belligérant le plus puissant militairement va essayer de gagner du temps avant les négociations officielles et le prochain cessez-le-feu: il va tout faire pour rentrer dans les terres, gagner du terrain, et arriver à la table des négociations en position de force.
Sur ce plan, la Géorgie est sûre de perdre très gros face à l’impérialisme russe.

Aux JO, l’image symbole
Parallèlement à ces événements, deux athlètes, l’une géorgienne, l’une russe se sont embrassées sur le podium de l’épreuve de tir au pistolet. Un comble par rapport à leur discipline et un extraordinaire symbole qui prouvent que les peuples ne sont jamais véritablement ennemis mais ne sont que les victimes du narcissisme, du nationalisme aveugle et de la folie financière des chefs d’états.

Et pendant ce temps-là au Cap Nègre…
Lors d’une conférence téléphonique, Angela Merkel a demandé solennellement à Nicolas Sarkozy, le courageux président de l’Union Européenne, la fin immédiate et inconditionnelle des hostilités militaires des deux parties.
Entre deux ou trois séances de bronzettes, on attend avec impatience les décisions du souverain français.
C’est pourtant en de pareilles circonstances que l’Europe diplomatique doit montrer sa force.
La Géorgie, connaissant les liens étroits entre Poutine et Sarkozy, a ainsi demandé aux USA de jouer le rôle du médiateur. (sic!)

No Comment et Wait & See.

MAJ 11/08:
Un lien intéressant voire troublant de RFI en 2005 sur le plus important oléoduc Géorgien: L’oléoduc qui «fidélise» la Géorgie
Merci à Patrice pour l’avoir redécouvert !

Il faut ajouter l’information de l’AFP faisant état d’une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne mercredi à Bruxelles. 5 jours de gagner pour les belligérants et autant de temps perdu pour sauver des vies civiles. Mais après tout, les vacances c’est sacrée! Honteux, mais si prévisible…