Quand les sociétés privés ont les clés de l’Elysée
C’est la Rupture sous une forme extrême. Il y a toujours eu “des affaires” avec les grands groupes industriels notamment dans le cadre du financement occulte des partis politiques. On se souvient de l’affaire Urba-Graco pour le PS et des marchés publics truqués de la rénovation des lycées d’Ile de France pour le RPR avec la non-moins fameuse cassette Méry.
Mais au-delà de l’argent, c’est dorénavant le pouvoir aux industriels que donne le système Sarkozy.
Red-Bull
Pour la première fois dans la Vème République, en ce qui concerne la commercialisation de cette boisson énergisante, c’est la ministre du budget et des finances Mme Christine Lagarde qui a eu le dernier mot face à la ministre de la Santé Mme Roselyne Bachelot. Malgré l’avis négatif de l’AFSSA et d’autres experts qui ont pourtant “de la bouteille” ;-), la Red-Bull qui n’est pas, comme on entend trop souvent, composée de spermatozoïdes de taureau, mais d’un acide aminé appelé la taurine, est en vente libre en France. De peur d’avoir un procès sur le dos, la France de Sarkozy, au courage illimité, a donc plié devant un industriel. Et tant pis si la santé publique est en jeu. Tant pis aussi si cette boisson est utilisée, à raison, par les jeunes pour augmenter leur tolérance à l’alcool lors des soirées étudiantes et autres “teuf” remplies d’energy drink.
Alors que parallèlement à ça, Roselyne Bachelot souhaite faire passer une loi pour interdire totalement la vente d’alcool aux mineurs et l’organisation des open-bars, événements où pour un prix forfaitaire vous pouvez consommer de l’alcool sans limite. Réveils difficiles voire crise de foie assurée. Pauvre Roselyne, pauvre jeunesse sacrifiée sur l’autel des profits.
Socatri-Areva
Preuve que cela ne date pas d’hier, l’abus de pouvoir des industriels n’est pas né d’aujourd’hui. Comme le détail plus précisément cet article ici, la CRIIRAD a découvert le 4 juillet un tumulus de déchets radioactifs et toxiques vieux de 30 ans, 15 000m cube!, dans un terrain du CEA (actionnaire d’Areva) au nord de la centrale de Tricastin. 30ans durant lesquels l’Autorité de Sureté Nucléaire a fermé gentiment les yeux. Le 8 juillet, on annonçait étrangement une fuite d’uranium de manière officielle dans l’usine SOCATRI de Bollène située au sud-ouest de la centrale nucléaire. Hier,15 juillet, les médias nous apprenaient qu’une pollution anormale et radioactive a été détectée à 2Km de l’usine de retraitement de déchets nucléaires. Le nucléaire est une technologie si puissante et si innovante que des financiers ont vu le potentiel et s’en sont emparés. Malheureusement pour l’environnement et l’Humanité.
Crédit Lyonnais et Sarkozisme
Avec la crise des subprimes, on a bien vu aussi que les industriels n’étaient pas les seuls à enfreindre les règles de l’éthique de leur propre profession. 13 ans après les faits, la revente par le Crédit Lyonnais d’Adidas avec une marge exhorbitante alors que Tapie leur avait vendu deux fois moins cher, Tapie obtient réparation. Pour une fois, c’est un peu le pot de terre qui gagne contre le pot de fer. Pot de terre Deluxe certes.
Mais étrangement quand les intérêts des amis du Président sont en jeu, le Président peut reprendre la main sur les puissants financiers. La politique et ses réseaux se chargeant du reste.
Ainsi on constate Tapie a soutenu Sarkozy durant sa campagne et qu’il est aussi l’ami de Jean-Louis Borloo, actuellement ministre de l’écologie et du développement durable.
En 2005 déjà, l’amende record infligée à le Consortium de Réalisation (CDR), structure publique de liquidation des actifs du Crédit lyonnais, avait créé la surprise en passant de 498 millions de francs (soit 75 millions d’euros) à 135 millions d’euros. Mais sous l’ère des amis, Tapie est un opportuniste pur et dur, l’amende explose à 289 millions d’euros. L’inflation certainement.
Selon que vous serez puissant ou misérable, etc…
Renault
Tremblement de terre dans les rédactions des journaux automobiles. Suite à une plainte de Renault pour “espionnage industriel”, la police a perquisitionné durant 8 heures (sic!) les bureaux et le domicile familial d’un journaliste de la rédaction d’Auto-Plus.
Une procédure exceptionnelle puisque depuis 60 ans que ce type de presse existe, avec son lot d’exclus parfois données gracieusement par les industriels eux-mêmes et plus souvent envoyés par des salariés d’usine pour arrondir leurs fins de mois.
Preuve que la censure existe partout et une nouvelle fois sous Nicolas Premier, c’est l’anonymat des sources et le métier de journaliste qui est remis en question.
On peut y voir un juste retour des choses de Sarkozy à Renault, après la livraison de la Sarkomobile pour le 14 Juillet, une Vel-Satis rallongée, blindée, équipée des moyens de communication dernier cris pour la bagatelle de 150 000 euros. Que ne ferait on pas pour avoir une ristourne, même pendant les soldes?
Et encore la liste de tous ces abus de pouvoirs par des firmes privés, ces intrusions dans les hautes-sphères du pouvoir, n’est pas exhaustive. On pourrait citer le fond Carlyle, l’entreprise familiale pharmaceutique Servier, évidemment Bolloré, la chambre de compensation ClearStream, JC Decaux et les fameux Vélib (futur article)…
Cette liste “noire” serait malheureusement trop longue pour être traitée ici.
Plus d’infos:
Plainte de Renault ici, l’affaire Adidas là, Red Bull encore ici

