Evolution de la TV Publique: ORTF, France Télévision, NS TV

La démocratie vient d’en prendre un sérieux coup. Nicolas Sarkozy réussi la prouesse de rassembler tous les inconvénients de ses prédécesseurs Chirac, Mitterrand, Giscard, De Gaulle sans avoir la moindre de leurs qualités. Et en matière de liberté de la Presse on est plutôt dans la catégorie, “le meilleur du pire”.

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Ainsi le jour même de la remise de l’épais rapport de la commission Copé sur la Télévision Publique et son financement, le chef de l’Etat a déjà tranché. Plus rapide en lecture que Flash Gordon, le tout-puissant de la République Bananière Française a déjà fait son choix, et par conséquent, cette commission fait partie de la longue liste de commission inutile mais dispendieuse.

Faisant fi de la préconisation de la nomination par le conseil d’administration, le chef de l’Etat a donc décidé, en son âme et sans conscience, que le président de France Télévisions sera nommé par le chef de l’Etat. Décision évidemment prise à l’unanimité en interne du cervelet du petit Nicolas. D’autant que cela peut agacer Patrick De Carolis, actuel PDG de France Télévisions placé par et ami personnel de Jacques Chirac, le Nico fait coup double.

Sarkozy rajoute donc de l’huile sur le feu, le feu étant le mode de financement pour pallier à la suppression de la publicité. Suppression qui ne se fera pas en septembre 2009, mais le 1er janvier 2009 à la stupeur générale. Décision du Roy: Un chef a toujours raison même quand il a tort puisque c’est lui le chef. Logique.
On n’ose imaginé la tête de Jean-François Copé qui après des heures de négociations et d’analyses, voit son rapport jeté à la poubelle par celui qui lui a commandé. Pour rappel, les deux hommes sont tous deux de l’UMP. Si, si!

Au final, c’est évidemment la main mise sur la télévision publique qui alimente la controverse. Le financement passe encore, on se débrouillera, mais la liberté de la Presse et contrôle qui rappelle les heures sombres de la République avec l’ORTF et le ministère de l’Information, ministère récemment rénové via le Service d’Information du Gouvernement (SIG) qui a lancé la fameuse campagne pour expliquer les réformes dudit gouvernement. Comme quoi tout est savamment planifié.

Tout ce remus-ménage a provoqué le réveil du Bayrou: il dénonce “un plan de mise sous contrôle de la télévision” dont le président “va être nommé par le pouvoir”. C’est bien François. Mais on a trouvé mieux en la personne de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, qui après la déculotté du traité de Lisbonne balance par vengeance et par lucidité que la mesure a “un parfum de Vème République du début”.
Là au moins c’est clair, net et précis.

Pour contrecarrer ce vent de rébellion, dans la série fayots de service et “je vous prends pour des buses”:
François Fillon, premier ministre virtuel avec “Je pourrais développer longuement devant vous tout le caractère hypocrite du système actuel de nomination du président de France Télévisions” [..] qui ‘“a jamais été indépendant et autonome”. Certes mais ce n’est pas avec une telle mesure que cela arrangera les choses. Un Fillon qui ne s’est plus quoi dire pour faire semblant de défendre son disjoncté de patron.

Good Morning France: une pâle copie de Good Morning Vietnam
Radio et TV Sarkozy

Dans l’article de laTribune.fr, on peut aussi y lire un commentaire d’Arnaud Mercier, professeur à l’université de Metz et spécialiste des médias. Personnellement j’adore les spécialistes et les experts. Avec tant de personnes si compétentes, on se demande d’ailleurs vu le nombre de ces élites pourquoi le monde va s’y mal.
“Dans les faits, il y avait une forme de séparation assez lâche entre le pouvoir et la télévision publique, puisque le CSA reste à domination politique. On peut dire que c’est la fin d’une certaine hypocrisie”. On supprime donc l’hypocrisie et on affiche clairement le contrôle de la télévision par l’Etat. Quelle courage: un bon gars qui a tout compris et qui veut mettre toutes les chances de son côté pour être muté dans l’université qu’il a demandé.

Et le pire dans tout ça c’est que cela ne contente personne. Ni le service public, ni les sociétés privés que ce soit TF1, Canal+ ou M6 ni même les opérateurs téléphoniques qui vont se faire taxer et comptent bien répercuter la hausse de prix sur leurs clients. (Voir l’article de Liberation.fr). Ce n’est pas un petit garçon dans la cour des grands qui voudrait jouer avec la zappette mais plus un vrai chien dans un jeu de quilles, ce Nicolas.
Notre président veut sa propre TV. Il l’a d’ailleurs dit à Patrice Duhamel directeur général de France Télévisions, qu’il ne pouvait pas supporter de voir Julien Courbet à 19 heures sur France 2. Voir l’article du NouvelObs
Enfin un président crédible et responsable que se soucie des vrais besoins des français.

Qu’ajouter de plus? Les 52% des français qui ont eu le malheur de voter Sarkozy au deuxième tour doivent s’en mordre 100 fois les doigts. Plus les jours passent, et plus le Nicolas impose sa marque et son style: injustice, despotisme, désordre. Comment diviser pour mieux régner sur un pays qui s’enfonce tel un Titanic où le chef d’orchestre continue de jouer en fermant les yeux.
Et ne plus là, il insulte les passagers!

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