Eh vous? Justice, vous avez dit Justice?
“Elle est belle, la Justice!” Phrase qu’on entend à longueur de temps et d’années. Mais peut-être que celle-ci se base sur des faits réels pour être prononcée autant de fois par autant de monde?
Vous êtes en scooter dans Paris, vous percutez malencontreusement une voiture à l’arrière. Le chauffeur descend, souhaite faire un constat amiable. Mais vous, énervé, vous faites négligeamment un doigt d’honneur et vous prenez courageusement la fuite.
Pour tout à chacun, de jolis problèmes avec la Justice vous attendent au tournant: dégradation du bien d’autrui, insulte, tentative de fuite. Et par les temps qui courent, si vous aviez été un tantinet teinté de la peau, c’était directement la garde à vue puis la prison avant le procès.
Mais quand on est le fils du ministre de l’intérieur, devenu depuis Président de la République, on peut nier en bloc tous les faits reprochés, malgré l’enquête longue et fastidieuse de l’assureur du plaignant, et en plus, confirmer ce déni par une expertise totalement bidon qui prouverait qu’en fait, rien ne s’est passé.
Mieux, au besoin la voiture s’est abimée par l’opération du Saint Esprit. “Je n’ai pas l’habitude me dérober !”
Tellement crédible, que le procureur de la République a requis la relaxe pour Jean Sarkozy et son scooter.
Vous êtes instituteur. Aujourd’hui, la classe est turbulente et comble du malheur un enfant se lève et vous traite gentiment de “connard” devant tous les élèves. Un peu fatigué, vous en oublié les prérogatives de base du métier d’enseignant, à savoir “garder son sang-froid” en toute circonstance. Vous virez les affaires du “sale mioche”, vous le plaquez à deux reprises contre le mur, et vous lui décoché une bonne gifle. “Au moins ça le calmera, non mais!”, et vous aussi.
Pas de chance, le père est gendarme, et ce qui aurait pu être une bonne correction d’un élève dans les années 50 par son instituteur puis par son père, va se prolonger au XXIème siècle par une garde à vue de 24 heures puis par un procès à votre encontre. Et en plus vous avez un penchant pour l’alcool? Ce jour-là vous n’en aviez pas pris? “Mouais”, pour nous ça ira, mais devant les juges…
“J’ai réagi en père de famille. C’est comme si un fils insulte son père. Je n’avais jamais mis de claque avant. En 29 ans de carrière, je n’avais jamais non plus été insulté”
Théoriquement vous encourez pour “violences aggravées”, 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende. Dans la pratique, le procureur de la République a requis 800 euros d’amende. Vous pouvez vous estimer heureux. Circulez y’a rien à voir!
Plus d’infos sur l’affaire
- du scooter du Jean Sarkozy sur l’express.fr
- de la gifle du professeur de Technologie sur lePoint.fr
