Liberté de la Presse: les sites Backchich et Réseau Voltaire en sursis
Que ce soir en Chine Populaire ou dans un pays plus démocratique comme le nôtre, un pouvoir politique en exercice n’aime pas les opposants politiques et les gêneurs.
Suivant le pays, il faut donc logiquement s’attendre à une même réaction mais avec des méthodes différentes.
Quand en Chine, les autorités peuvent faire une rafle de tout un batiment de dangereux “terroristes littéraires” ou faire disparaitre un blogueur célèbre, en France cela devient plus difficile.
Non que l’idée ne soit pas venue à la tête de nos puissants, mais cela pourrait créer un scandale politico-médiatique et tout un tas de tracasseries judiciaires. Trop risqué. Alors qu’en agissant légalement on peut arriver aux mêmes fins.
On peut faire part de sa colère et se présenter comme une victime du fameux 4ème pouvoir, au risque de paraître ridicule. Mais comme ce dernier ne tue pas…
On peut promulguer un texte de loi, sous couvert de se mettre en conformité avec les directives de Bruxelles, pour obliger les journalistes à divulguer leurs putains de traitres de sources. Rachida si tu nous lis…
On peut, et c’est là une pratique de plus en plus fréquente visiblement du fait de son efficacité, s’en prendre directement là où ça fait mal: l’emploi des journalistes.
Quand “la feuille de chou” a pignon sur rue, comme Le Monde, Les échos ou Le JDD, il suffit de placer un propriétaire à la botte du pouvoir qui saura faire preuve de dissuasion vis à vis du rédacteur en chef.
Mais quand le “torchon” est par essence un électron libre, mieux vaut s’en prendre aux généreux donateurs en utilisant toutes les techniques du contre-espionnage ou de la lutte anti-terroriste.
“Plus c’est gros, plus ça passe” dit le dicton. En Russie, on fait bien passer des résistants tchétchènes pour des dangereux terroristes à la solde d’Al Quaïda. Why not?
En pratique
C’est ainsi que le site de révélations et d’enquêtes Réseau Voltaire témoigne ici des malheurs survenus à ces contributeurs et collaborateurs. D’après leur article, ce n’est pas la première fois que cela leur arrive, mais cela pourrait finalement être la dernière, d’autant que les services compétents français sont devenus, après l’élection du petit Nicolas, beaucoup plus collaboratifs avec leurs homologues américains. Américains bête noire du site, auteur d’articles explosifs (sans jeu de mot), sur le 11 septembre et la politique états-unienne au Moyen-Orient.
Au menu de l’intimidation: piratage du site web, menaces verbales, menaces physiques imposant une sécurité des employés accrue etc…
Et de deux.
Dans des proportions heureusement moindres, le site web d’information Backchich.info informe ses lecteurs ici qu’il est emproie à des difficultés financières. La première étape pour faire réfléchir. La seconde étant celle infligée à leurs confrères du réseau voltaire.
Parfois le simple capitalisme suffit
L’autre site La Télé Libre avait eu bien du mal à démarrer, mais selon toute vraisemblance a atteint heureusement un rythme de croisière lui assurant un avenir à moyen terme. Quoiqu’il manifeste comme ici toujours son besoin d’aides régulières.
Au final, on s’aperçoit qu’au travers deux annonces successives et qui s’ajoutent aux attaques personnelles du président à l’égard des fondements même du métier de journaliste (éthique, honnêteté, indépenance, liberté de parole, confidentialité des sources), c’est tout un pan de notre démocratie qui s’effrite. Le 4ème pouvoir est comme sclérosé par le système sarkozien qui aimerait le contrôler de bout en bout. Ce qui ne facilite pas une opposition politique déjà inaudible, d’où qu’elle vienne.
Mais le vent souffle.
Et si les éminences grises fraichement élues pensent pouvoir arrêter un peuple qui se révolte c’est bien mal connaître l’Histoire. La révolte gronde et touche des corporatismes de plus en plus variés.
Hier la magistrature, les enseignants, les douanes, les officiers de police, les ouvriers, les retraités, les élèves et leurs parents. Aujourd’hui les pêcheurs et les agriculteurs. Demain, à l’occasion des prochaines réformes des armées, nos militaires.
Gageons qu’ils auront certainement des arguments plus convaincants, au moment opportun. Car si des civils ne sont pas entendus, peut être que des hommes potentiellement armés le seront plus.
Puisqu’en fin de compte, l’armée française se doit de défendre les valeurs de la République Française à l’étranger mais aussi sur son propre sol.

15 juillet 2008 à 06:07
Le site du Réseau Voltaire n’est plus accessible depuis quelques jours… Why? D’ailleurs, je recherche un site qui aurait archivé les articles.
15 juillet 2008 à 07:07
ils se font régulièrement hacker leur site par différents services d’après leurs dires et vu les articles, cela ne serait pas étonnant
de plus, leurs reporters connaissent une répression de plus en plus virulente aux 4 coins du monde
pour les archives, à part le cache de google je ne vois pas
merci de votre visite