La double mort de Pierre Bérégovoy
A la lumière du documentaire du même nom diffusé samedi soir sur France 3, il ne fait aucun doute, malheureusement officieusement, que “Béré” a été victime d’un meurtre le 1er mai 1993.
Trop de “bizarreries” entachent les conditions de sa mort purement rocambolesque.
- Deux coups de feu entendus par des témoins situés derrière le talus, qui ont accourus juste après et qui ont vu 3 personnes “inhabituelles”.
- La présence sur les lieux d’une étrange vieille dame et de 2 hommes corpulents d’apparence militaire alors même que l’événement n’a pas été communiqué
- Des témoins menacés (particuliers ou équipes de secours) par les autorités pour les faire taire et/ou leur faire changer leur version des faits
- Des témoins gênants éliminés comme le directeur du camping, dernier lieu officiel où avait été vu 15 minutes avant l’ancien premier ministre.
- Une version officielle bancale présentant un parcours et un planning fantaisistes des dernières heures de la victime avec des témoignages qui se contredisent.
- Des enquêtes (policière, judiciaire, médico-légale) non pas bâclées mais négligées comme si la vérité était déjà connue.
- D’après une photo volée, une plaie par balle dérangeante: balle entrant en haut du crâne, comme si on avait demandé à “Béré” de se mettre à genoux, et plaies ne correspondant pas au calibre du 357 Magnum du garde du corps.
- Une autopsie réalisée par Mme Lecomte, la même personne ayant à son actif l’autopsie du juge Borel (mort à Djibouti suicidé par le feu) et celle de Lady Diana (sic!)
- Le rapport de cette autopsie ne sera jamais diffusé, ni aux enquêteurs en charge officiellement de l’affaire, ni à Gilberte Bérégovoy, alors que c’est pourtant la pratique habituelle.
- Un ministre de l’intérieur Charles Pasqua très laxiste et peu pressé de faire toute la lumière sur les raisons de la mort de l’ancien premier ministre.
Trop de zones d’ombres pour une même mort. Mais d’après le documentaire, il ne faut pas être étonné d’un tel dénouement. Pierre Bérégovoy, l’homme du peuple, avait décrété lors de sa nomination au poste de premier ministre de mettre un terme aux financements occultes des partis politiques de droite comme de gauche!
Il a même lors de sa déclaration de politique générale menacé les parlementaires de faire le ménage et qu’il avait en sa possession une liste de noms. Les rires dans l’hémicycle se sont faits rares et sont devenus crispés. Les applaudissements de moins en moins audibles. Une majorité de députés devaient se sentir visés.
Or plus que les parlementaires, c’est à tout le système qu’il entendait mettre un terme. Un système à l’époque largement bénéficiaire à la gauche et à la réussite de son supérieur direct: François Mitterrand.
Erreur fatale que de s’en prendre au chef de l’Etat et ses amis proches comme Roger-Patrice Pelat ami de guerre de tonton et ami financier. (Voir l’Affaire Urba instruction menée par les juges Thierry Jean-Pierre aujourd’hui décédé et Renaud Van RuymBecke)
D’autant que Pierre Bérégovoy globalement honnête comparé aux autres, était au courant de part son ancien poste de Ministre des Finances de nombreuses malversations. Les magouilles tournant autour du Circuit de Magny-Cours ne lui sont pas totalement étrangères. Cette construction au milieu de nul part et commandée par Mitterrand pour “arranger” des amis propriétaires de terrains, lui aura, au passage, permis de transformer Nevers en tremplin électoral.
Ascension qui s’arrêtera nette dans un fossé près d’un canal le 1er mai 1993.
27 mai 2008 à 07:05
[...] et qu’un drame n’arrive… Que ne ferait-on pas pour protéger la République? Pierre Bérégovoy et Robert Boulin en ont payé le prix à leur [...]