MEDEF / Syndicats : des tensions de plus en plus palpables

Qu’il est loin le temps de la fluidification des tensions sociales, à coup de millions d’euros, par l’UIMM et Denis Gautier-Sauvagnac.
Dorénavant les grèves augmentent à un rythme soutenu, trop peut-être.La proximité des municipales en est-elle la cause?
Un peu certes, mais la source des problèmes, comme la vérité, est ailleurs et les maux bien plus profonds.

Ford:
L’usine de boites de vitesse de Blanquefort (Gironde) fermera ses portes en 2010. 1850 salariés sur le carreau à terme, ont entamé une grève ilimité.

L’Oréal:
Les salariés qu’ils le valent bien veulent une augmentation de leur pouvoir d’achat par une hausse de leur salaire. (Quelle idée?)
D’après la direction même du groupe, depuis 2004 les 12 000 salariés n’ont pas vu la moindre réévaluation de leur fiche de paie depuis 2004. (sic!) Une certaine catégorie de personnel de la fonction public aurait fait grève depuis longtemps…

Miko:
Unilever nouveau Big-Boss du groupe a décidé de virer plus de la moitié du personnel soit 250 employés dans son usine de Saint-Didier. Le géant de l’agro-alimentaire et des produits nettoyants (un groupe chimique international en fait) souhaite simplement encore accroître ses bénéfices au détriment des salariés. Les seuls heureux seront les actionnaires, comme d’habtidude.

Kléber-Michelin:
2400 euros de prime d’ancienneté. C’est le montant de l’accord trouvé entre les syndicats et la direction du groupe Michelin de l’usine Kléber de Toul. Là encore, le groupe étant bénéficiaire, il préfère sacrifier une usine entière au lieu de la moderniser.

Dockers de Fort-de-France:
Le secrétaire général des manutentionnaires aurait publier des salaires gonflés pour les employés. En réaction et dans le cadre des négociations annuelles sur la valorisation des salaires, les dockers du port ont entamé depuis 7 jours une grève intense qui bloque l’approvisionnement de l’ile de la Martinique.
Le syndicat des grossistes alimentaires et le Medef-Martinique ont dénoncé une entrave à la liberté du travail.
Il faudra a priori leur ré-expliquer le principe et les fondamentaux d’une grève.

France Télévision:
Le pouvoir en place Miss Albanel, Fillon, Nicolas S. semblent décider à appliquer la proposition du Super-président, à savoir la suppression pure et simple des publicités sur le service public télévisuel et radiophonique.
La grève du 13 février n’a rien changé, et nul doute que d’autres mouvements syndicaux seront nécessaires pour changer un tantinet la donne.
A moins que la politique de l’Autruche et l’arrogance chères à Rachida Dati, ne soit de mise aussi au ministère de l’inculture.

Petit Napoléon

On s’aperçoit au final que deux groupes co-existent. Le “je t’aime, moi non plus” social.
D’un côté, ceux qui usent et abusent de leur pouvoir de licenciement et de leur appétit insatiable de profit. Que ne ferait-on pas pour augmenter ne serait-ce que de quelques centimes les dividendes des actionnaires pour l’année en cours?
De l’autre, des salariés pris à la gorge, avec au choix des plans de licenciement secs ou l’abandon des suppressions de poste en échange du passage de la semaine de 40h. Pour les salaires et le pouvoir d’achat, le MEDEF nous prie de voir vers le Président tout puissant. Et ce dernier, annoncement naïvement à la presse lors de ses voeux que les caisses de l’Etat sont vides, ne peut rien faire à part renvoyer la balle entre les représentants du MEDEF et des syndicats.

Conjuguez une grogne manifeste du Tiers-Etat, des Seigneurs et un Clergé oppresseurs, un Roy schizophrène, mi-Jekyll /mi-Hyde, et il y a fort à parier que des rebondissements électoraux mais aussi sociaux vont bouleverser la vie du royaume Sarkozien.

Et Louis XVI de demander, en apprenant la prise de la Bastille:
Mais c’est une révolte?
Et le Duc de Liancourt de lui répondre:
Non Sire, c’est une révolution.

Laisser un commentaire