La politique en pleine crise de confiance

A l’instar de la finance, la politique ne s’appuie que sur une seule chose pour être pérenne: la Confiance
Un élu qui trahirait de manières un peu trop visibles ses propres électeurs, serait sanctionné au bout de son mandat, de manière d’autant plus certaine que son mandat est court.
Mais toute la sagesse de nos différents prétendants aux postes clés de l’administration, c’est de ménager la chèvre et le chou en distillant les déceptions ou les bonnes surprises aux différents camps. Les speeches et les talents d’orateurs feront le reste pour amadouer une foule incrédule ou inerte.
Tout l’art d’un VRP qui devrait vendre un pantalon à un cul de jatte!

Malheureusement, cette pratique s’est peu à peu perdue comme toutes les traditions si chères à Jean-Pierre Pernaut.
Et la discrétion, les tours de passe-passe, les influences souterraines de nos politiques sont visibles au grand jour. Et ils ne s’en cachent même plus. Ajouter un soupçon de procédure judiciaire avec des juges de plus en plus experts et téméraires, et vous avez là les prémices de mini-bombes de la République.
C’est bien évidemment valable en France qu’en Europe et dans le reste du monde.

Revue des événements:
Juin 2007: Annonce de la réforme de la Carte Judiciaire. La chouchoute du président calque la gestion des tribunaux sur des entreprises. Les moins gros, peu de juges, moins d’affaires que les autres, sont purement et littéralement supprimés et ceci sans aucune concertation réelle avec les différents syndicats de la magistrature. Depuis hier, on sait que cette mesure entrainera la suppression de 201 tribunaux de grande instance ou d’instance et de 55 tribunaux de commerce dont douze tribunaux d’instance seront supprimés dans l’Ouest. Le coût immobilier d’une telle mesure censé réduire les coûts est de 500 millions d’euros.
La mesure s’applique dès le 31 décembre 2008 pour les prud’hommes. Plus d’infos sur l’article du Telegramme.com

Septembre 2007: l’affaire UIMM. Denis Gautier-Sauvagnac, négociateur du patronat pour la convention Unedic, celui-ci est pris la main dans le sac, en étant accusé d’avoir transféré d’importantes sommes en liquide, 19 millions d’euros, pour acheter le silence des syndicats et “fluidifier” les tensions sociales au sein des entreprises. Chef d’inculpation: “complicité d’abus de confiance”
Plus d’infos ici.

Janvier 2007: Affaire Kerviel/SG.
Après s’être moqué de nos voisins transatlantiques avec leur crise des subprimes, (prêter de l’argent aux pauvres acculés sous les dettes), une crise de confiance sans précédent secoue le système bancaire et financier français. La banque bien sous tout rapport de Daniel Bouton annonce la perte record de plus de 4,9 milliards d’euros suite à la “négligence” d’un de leur trader, Jérôme Kerviel. En fait celui-ci a su contourner tous les contrôles pour gagner un maximum pour son entreprise préférée. Révélant du même coup les failles du système réputé inviolable de la Société Générale et l’incompétence notoire de toute la hiérarchie dudit trader jusqu’au pdg. Stupéfait et arrivant au mauvais moment, Nicolas Sarkozy souhaite vivement que Daniel Bouton prenne toutes ses responsabilités: “par ici la sortie!”.

Janvier 2007: Le pdg de Mittal, Lakshmi Mittal, annonce la suppression de centaine d’emploi à Gandrange (Lorraine) malgré les profits records du groupe 7,5 milliards d’euros, et sa promesse du maintien de ces emplois en janvier 2006.
Nicolas Sarkozy s’y était d’ailleurs rendu en promettant, abusivement car totalement illégal en Europe, le financement de l’usine privée par l’Etat français.
Plus d’infos : ici

Février 2007: L’affaire des hormones de croissance.
Après le milieu financier, le milieu médical. Depuis 1968, l’association France Hypophyse était chargé de récupérer l’hypophyse de cadavres humains pour y extraire de l’hormone de croissance pour les gens de faibles tailles (en-dessous d’1m40 après extrapolation pour leur future taille d’adulte). Or ces prélèvements sur des cadavres de malades et/ou prisonniers bulgares et hongrois ont été réalisés dans des conditions d’hygiène inexistante. A l’image de l’affaire du sang contaminé, des pontes du milieu hospitalier et des services de l’administration française ont préféré fermer les yeux sur l’origine des prélèvements plutôt que d’agir dans l’intérêt des patients.
Jeanne Goerrian, présidente de l’Association des victimes de l’hormone de croissance déclare: “C’est le procès de la toute puissance des gens qui croient détenir le savoir, qui sont imbus d’eux-mêmes et ne se remettent jamais en question
Après 16 ans d’instruction, 7 prévenus tous médecins sont poursuivis pour leurs “graves fautes d’imprudence et de négligence” commises dans la collecte, le conditionnement et la distribution de cette hormone de croissance et “tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires“.
Un des derniers prévenus s’est retranché sur le fait que les rapports de recherches américains étaient écrit en anglais et qu’en 1984 peu de médecins, selon lui, lisaient la langue de Shakespeare. (sic!)
Plus d’infos sur le site de LCI

Mi-février 2008: Evasion fiscale en Allemagne. Des centaines de personnalités sont soupçonnés de fraude fiscale au Liechtenstein et en Suisse.
L’information des comptes occultes a été fournie contre récompense de 5 millions d’euros par les services secrets à un employé d’une banque du Liechtenstein. La fraude est estimée à plus de 4 milliards d’euros. Kerviel a démenti tout implication, et promet de faire mieux la prochaine fois. Le ministère des Finances a annoncé que sont suspectés des “gens connus et inconnus, surtout de personnes dont les revenus sont dans le haut de l’échelle”.
Plus d’infos sur le site web de la radio suisse romande

Une vague d’incertitude, de méfiance s’est répandue en peu de mois dans les milieux politiques, financiers, médicaux.
Là où tout était opaque, camouflé, discret, tout est dorénavant au grand jour, et la vérité fait froid dans le dos.
L’argent, le nerf de la guerre, au centre de toutes ces crises de confiance, règne en maître. La cupidité et la vénalité des hauts responsables sont pointées du doigt.
Et on se demande si le système capitaliste tel que nous le connaissons depuis l’après-guerre n’est pas entrain de vaciller.

En attendant les autres scandales.

Une réponse vers “La politique en pleine crise de confiance”

  1. Tous les faits que vous présentez montre effectivement le manque d’éthique dans les sociétés actuelles. Malheureusement, la nature même du capitalisme l’accumulation de capital qui engendre une accumulation de pouvoir etc, rend la constitution d’une éthique plus que délicate. C’est au public qu’appartient la volonté de l’exiger afin qu’elle soit effective.

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