OGM: De l’inutilité du Sénat
Depuis 1969, et le référendum initié par De Gaulle à son encontre, de sérieux doutes planent sur l’utilité de la chambre haute du Parlement Français. En effet, du fait du mode d’élections des sénateurs et sa fréquence sa couleur politique est très conservatrice, 1/3 des membres sont renouvelés tous les 3 ans pour une durée de 6ans au suffrage universel indirect par un collège d’élus (maires, maires-adjoints, conseillers municipaux, délégués des conseils municipaux, et en plus faible part 5%, conseillers généraux, les conseillers régionaux et les députés)
Ainsi depuis la Vème République, le Sénat a toujours été de droite ou du centre et un grand conservatisme règne donc dans la “Haute assemblée”.
La fonction du Sénat est officiellement de représenter des collectivités territoriales et des Français établis hors de France.
L’attribution des sièges est donc répartie d’une part entre les Départements de métropole, les DOM, Départements d’Outre-Mer et les fameux TOM, les Territoires d’Outre-Mer (Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna) et les Français établis hors de France. Cette dernière catégorie est représentée par 12 sénateurs sur 326.
Concrètement la mission du Sénat est d’adopter le budget et les lois. Concernant son pouvoir législatif, un système d’aller-retour est pratiqué avec l’Assemblée Nationale afin d’élaborer, améliorer et valider les lois. Mais en dernier recours, avec ses députés élus directement par le peuple, c’est bien l’Assemblée Nationale qui à le dernier mot sur la validation des textes.
Suite au Grenelle de l’Environnement, le Sénat a formulé un texte de loi à propos des OGM.
Ainsi ses membres proposent :
- la création d’un “Haut Conseil des biotechnologies” présidée par un seul scientifique, que l’on imagine téméraire vu la complexité de la tâche et que l’on espère indépendant vis à vis des pouvoirs politiques et des lobbys agricoles.
- “la mise en culture, la récolte, le stockage et le transport” d’OGM “au respect de conditions techniques notamment relatives aux distances entre cultures ou à leur isolement, visant à prévenir la présence accidentelle d’OGM dans d’autres productions
- Un délit de fauchage est instauré pour protéger toutes les futures cultures OGM. Tout contrevenant se verra exposé à 2 ans de prison et 75 000 euros d’amende, pour dégradation de parcelles OGM et 3 ans de prison et 150 000 euros d’amende pour des parcelles liées à des essais de recherche comme ceux pratiqués par l’INRA.
Ceci est bien évidemment contraire à la “Haute Autorité sur les organismes génétiquement modifiés”.
En d’autres termes, on conserve la politique de l’Autruche. Ces chers sénateurs ignorent le fait que les graines peuvent se disperser sur des milliers de Km avec un phénomène mystérieux, peu connu, et appelé: le vent!
José Bové invité hier midi au JT de France 2 a confirmé d’une part que cela allait à l’encontre du Grenelle de l’Environnement mais que le plus effarant, c’est le fait que les sénateurs ignoraient même les lois, puisque lui-même encourait déjà jusqu’à 5 ans de prison lors de ces multiples fauchages. En outre, on distingue dorénavant par une différence de traitement en cas de dégradation, les champs à cultures traditionnelles et ceux à OGM.
Non comptant de ne pas servir à grand chose, si ce n’est à être un refuge pour candidats en déroute (Dominique Voynet, Gérard Longuet) ou pour les anciens ministres, voire une véritable maison de retraite de luxe,(Jean-Pierre Raffarin, Robert Hue), le Sénat confirme son arrogance envers les idées du peuple (via leurs députés) et son accointance aux différents lobbys industriels et syndicats agricoles (FNSEA entre autres). Ceux-là même qui financent encore (ne soyons pas dupes) les frais de campagne des principaux partis politiques.
Etrangement le même jour, on apprend par des études américaines menées par des chercheurs de l’université d’Arizona, que des insectes prédateurs de récoltes (dans ce cas du coton transgénique) sont devenus résistants aux insectides naturels créés par des OGM. Ces études avaient lieu dans les champs de coton dans le Mississippi et l’Arkansas entre 2003 et 2006.
Il n’aura fallu ainsi que 7 ans aux insectes pour s’adapter à la toxine Cry1Ac produite à partir d’un gène de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt), gène qui a été ensuite inséré dans le génome du coton (Helicoverpa zea).
Voir la dépêche de l’AFP: ici
La Nature sera toujours plus forte que les Hommes et encore plus des sénateurs.
Source Image: http://www.toulousethic.fr/
