Société Générale: Rêve d’Icare et exclusion au bureau ne font pas bon ménage

Jérôme Kerviel n’est malheureusement qu’un trader parmi tant d’autres. Il a certes franchi la limite mais il a utilisé, globalement, les mêmes outils que les autres traders, dans la tradition de ce qui se fait en interne de la SG.
Ainsi le “matelas” consiste à dissimuler les bénéfices atteints dans l’année n et que l’on reportent sur l’année n+1.
Le manager ayant atteint la limite de gain, pour avoir une prime ou une promotion, n’a pas besoin d’en faire plus.
Il met les sommes gagnées en trop, de coté, via des magouilles, pardon, des pratiques courantes à la SG.

D’après son avocat, Jérome Kerviel se sentait exclus isolé, car c’était le seul trader de l’équipe qui a être passé par la case Middle Office (ceux chargés des fameux contrôles). Une sorte de tâche sur son CV pour ses collègues tous Xiens (de l’école Polytechnique) ou d’HEC, aux grosses têtes évidentes. Mais une boulette de la RH et des managers, car beaucoup de spécialistes compare cette mutation à un cambrioleur devenu bijoutier. Ou comment faire rentrer le loup dans la bergerie.
Alors le Kerviel a voulu faire un coup de maître, voler plus haut que le soleil,et s’est brulé les ailes. Le rêve d’Icare en somme.

Mais dans cette affaire, c’est bien sa hiérarchie, qu’il met en cause, qui savait tout et qui n’a rien fait, ou trop tard.
Et les contrôles, trop connu par lui, sont visiblement insuffisants.
On attend donc LA sanction ultime pour Daniel Bouton qui servira de fusible de luxe.

En attendant l’action Socgen a fait la meilleur progression en bourse hier avec 10% de hausse!
Les rumeurs d’OPA sont insistantes, les hyènes, les autres banques françaises ou étrangères, salivent déjà à l’idée de manger la grosse SG.
Et pendant ce temps-là, malgré la crise des subprimes, la BNP, qui a le mérite d’être française et donc de faire plaisir à Sarko & Co pour une éventuelle future reprise de la Générale, fanfaronne sur un chiffre: 7,8 milliards d’euros de bénéfice en 2007!

Comme quoi l’argent est encore là et que la note de AA+ décernée par l’agence de notation Standard & Poor’s est méritée.
Et la branche BNP Paribas Assurance vient, par la même agence, d’être notée, AA. Beau début d’année pour BNP.

Par contre, chez les Suisses d’UBS, ancien-AA+, un déficit de 4,4 milliards de francs suisses (avec la marmotte qui met le papier d’alu;-) est annoncé pour l’année dernière.

C’est bien connu le malheur des uns, fait le bonheur des autres.

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