Bioéthanol: L’arnaque du XXIème siècle orchestrée par le puissant lobby Automobile
Les As de l’intelligence-économie ont encore frappé et ont choisi l’Or Vert et la corde sensible de la protection de l’environnement pour parvenir à leur fin: l’Argent.
Surfant sur la vague écolo lancée par Al Gore et son film, Une vérité qui dérange, les industriels de l’automobile avec ceux du lobby pétrolier (Total, ESSO, BO, Exxon…) ont eu l’idée géniale d’accroître leur bénéfice d’une manière originale. Malheureusement pour nous, cette riche idée, va à l’encontre même des intérêts de la planète et de l’Humanité mais qu’importe, du moment qu’on met un joli logo vert avec marqué: “Bioéthanol d’origine végétal“
Ainsi depuis longtemps, au Brésil, les automobiles roulent au bioéthanol avec des moteurs dit flex-fuel, moteurs capables de fonctionner à la fois au Superéthanol E85 et/ou au Super sans plomb classique. Là-bas c’était avant tout, pour réduire les coûts et d’utiliser les déchets des plantations de cannes à sucre.
Mais vu l’ampleur de la prise de conscience visant à protéger la planète, additionnée à celle de l’augmentation du prix du carburant, nos puissants lobbys auto et pétrolo, ont extrapolé ce système au monde entier et ont mis au point des campagnes de promotions, de lobby, et donc de corruption, pour faire passer leur idée suprême: le pétrole est mort, vive le bioéthanol.
Comme la modification du moteur pose le problème d’un léger surcoût, et à l’instar des filtres à particule, l’innovation miracle nous vient d’abord par le segment du haut-gamme, du luxe: SAAB, Mercedes puis bientôt Ferrari. Le constructeur italien a présenté le 14 janvier au Salon de Détroit une F430 Spider BioFuel. Les tifosis ont même réussis la prouesse de réduire de 5% la consommation et d’augmenter de 10 chevaux la puissance de la bête. Après le concept-car, nul doute que Greenpeace attend la production en série.
Mais là, où le lobby montre toute sa puissance, c’est d’avoir noyauté assez profondément la commission européenne pour qu’elle contourne des études scientifiques,pourtant commandées par elle, et qui prouvent que le bioéthanol n’est pas la solution miracle pour préserver la planète et remplacer le pétrole comme carburant, bien au contraire!
Le fait d’introduire cette nouvelle filière, avec les pollutions liées aux cultures intensives de cannes à sucres, maïs, oléagineux, à l’acheminement du précieux liquide et à son traitement, est plus coûteux en carbone que rester à l’ancien système.
Le coût financier pour les contribuables, car les agriculteurs seront évidemment subventionnés par un Bruxelles corrompu,
est estimé entre 35 et 65 milliards d’euros d’ici à 2020.
Le porte-parole à l’énergie de la commission, Ferran Taradellas, a rétorqué en parlant de l’étude ignorée qu’ “Il s’agit d’une contribution parmi beaucoup d’autres et non d’un rapport scientifique“.”Nous avons beaucoup de rapports scientifiques qui nous ont permis d’arriver à nos conclusions“
Hop à la poubelle, l’étude qui ne va pas dans le bon sens du complexe pétrolo-industriel.
Ainsi à l’encontre d’une partie de la communauté scientifique, celle qui a éditée ce “document de travail”, la Commission européenne confirme sa proposition d’imposer aux états de l’Union l’utilisation de 10% de biocarburants pour les transports en 2020.
Fort heureusement, cette utilisation se limitera à l’exploitation des cultures à haut rendement écologique, car la Commission, pour faire passer la pilule, impose le critère d’un seuil minimal de réduction de CO2.
Ce seuil de 35% excluerait le lignite et certaines céréales. Mais le Parlement européen a aussi évoqué un seuil de 50%.
Et là un nouveau revers serait porté à l’environnement & à l’économie car cela exclurait du même coup tous les oléagineux européens et obligerait d’importer massivement des biocarburants à l’étranger.
Tout se joue sur le seuil, et inutile de préciser que les pétroliers feront tous pour que ce seuil soit le plus au possible.
A l’inverse les lobbys agricoles essayeront par tous les moyens d’abaisser ce taux, afin d’utiliser les cultures 100% européennes.
En attendant le saint Graal hypothétique de la pile à combustible, les deux mafias parviendront sûrement à couper le gros gâteau du bioéthanol en deux parts bien égales.
Mais il ne faut pas oublier non plus, que derrière les intérêts économiques et environnementaux, se cache une grave crise humanitaire sans précédent, car les surfaces agricoles dédiées à l’éthanol sont autant de surfaces qui ne sont pas utilisées pour l’alimentation humaine ou animale.
D’où une inflation sur le prix des denrées qui s’est répercutées chez nous, dans les pays européens, mais qui s’est surtout fait sentir dans les pays moins développés, en Indonésie, en Afrique et en Amérique du Sud, où dans ce dernier cas, le maïs est la base de l’alimentation.
Ainsi du même coup, le Bioéthanol va permettre aux états riches d’être plus riches et aux pays pauvres d’être encore plus pauvres et affamés. Coup double pour les pays du Nord !
Merci BP, Esso, Exxon, Total, SAAB, PSA, Mercedes, Ferrari, Volkswagen…
Un lien wikipédia sur le carburant de l’avenir (sic!): ici