Contrat de Mission : la fin des SSII et la banqueroute de l’Assedic programmées

A l’opposé du contrat de travail unique pourtant promis au Medef par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, c’est cette semaine que les syndicats et les représentants du medef se sont entendus (et oui c’est possible !) sur de nouveaux contrats de travail.
A entendre les deux parties, “tout le monde il est content, tout le monde il est gentil“, chacun ayant pu imposer ses principaux choix, a priori. Seule la CGT s’est clairement opposée (comme d’habitude…) a la signature de ce texte.

Parmi les innovations de ce qu’on appelle pompeusement les contrats de “flexisécurité“, on peut trouver un “contrat de mission” dédié aux ingénieurs et aux cadres, qui concerne tout particulièrement, mais pas uniquement, le domaine de l’informatique de services, l’exception bien française, celle des SSII. (Alten, Atos Origin, Unilog etc…)

A l’heure actuelle, bon nombre d’ingénieurs informatiques sont embauchés dans les sociétés de services d’intégration informatique.
Celles-ci ont l’avantage d’assurer une flexibilité au client en terme de coût et de ressources humaines, et pour les salariés, d’avoir un salaire “honnête”, de voire du pays, entendez connaître des domaines fonctionnels différents (banque, assurance, service public, industrie) à des postes de responsabilité différents, d’accéder à des formations prises en charge par son employeur, et d’être toujours payer qu’il soit en mission ou en intercontrat, période entre deux missions, où les commerciaux mettent les bouchés doubles pour trouver un nouveau poste au salarié, car celui-ci est payé à ne rien faire. Pendant ce temps, suivant les SSII, il trouvera un travail au siège de son employeur mais la plupart du temps, il retournera chez lui la mine réjouie (content de souffler un peu).
Ainsi entre deux missions, c’est à la SSII de payer la période d’intercontrat, d’où l’intérêt pour les deux parties en présence (salarié et employeur) de ce système de travail de sous-traitance. La SSII se rattrapant évidemment en prenant sur chaque prestation une confortable marge d’environ 30% suivant l’ancienneté du prestataire et le type de client. (grand compte ou non)

Dorénavant, un salarié ayant signé un contrat de mission, verra son contrat, sorte de CDD, s’arrêter net dès que sa mission, déployer un nouveau progiciel (logiciel cher et qui ne satisfait ni les utilisateurs ni les patrons) chez le client, se terminera.
Ensuite il sera au chômage et devra rapidement trouver un autre travail pour gagner sa vie.
Evidemment là, finies les formations pendant l’intercontrat. Il devra se transformer en commercial aussi vite qu’il remet son costume d’ingénieur. Et pendant ce temps-là, c’est bien l’assurance chômage qui paiera les pots cassés.
Astucieux non? Mais déplorable pour l’Etat et les contribuables que nous sommes.

Par conséquent, le Medef signe (sans le savoir ?), avec un tel contrat la mort des SSII dans la mesure où pour un ingénieur cela reviendrait à être indépendant, autrement dit à la sauce bling-bling, freelance. Et dans le même temps, les caisses des Assedics vont se vider à une vitesse fulgurante.

Décidément au Medef, on arrête pas le progrès. On appelle ça la “flexisécurité” !
Comprenez la flexibilité pour le medef, qui peut virer les prestataires kleenex dès que la mission est finie, (hop! on a plus besoin de vous), et la sécurité pour le medef, qui a en parallèle négocié un doublement du temps des périodes d’essais (entre autres).
Pour les salariés, le maintien de 100% des heures de DIF après son départ, droit à l’information est une bien maigre victoire (entre autres avancées toujours).

Il est clair que dans ce pays l’opposition politique est morte, mais que les syndicats ne sont pas mieux lotis.
Beaucoup d’iront, à raison : “C’était bien mieux avant!”

Deux liens intéressants :
L’un sur RFI qui prouve une évolution en douceur de la règlementation instituant le marché de travail <a http://www.rfi.fr/actufr/articles/097/article_61506.asp

L’autre chez la CFE-CGC qui détaille beaucoup plus que ce post, le problème soulevé par ce contrat de mission: ici

Merci à Alain pour son oeil avisé ;-)

5 Réponses vers “Contrat de Mission : la fin des SSII et la banqueroute de l’Assedic programmées”

  1. Philippe a dit :

    Article intéressant mais ça manque d’explication au niveau du contexte. l’article sur Zdnet est daté de 2004!

    “On a appris récemment que les syndicats et les représentants du medef s’étaient entendus…”

    récemment? De quoi parle-t-on?

    l’article perd en crédibilité…

  2. emachede a dit :

    c’est corrigé. mea culpa

    merci pour ces remarques ;-)

  3. Un Salaire correct en SSII……. HA HA HA HA

    Les SSII sont à l’origine de la dévalorisation de l’ingénieur informaticien, avec des salaires tirés par le bas puisque l’on mélange Ingénieur, BTS, DUT, Chimiste, Boulanger…

    La fin des SSII est une bonne chose, car ce ne sont que des agences d’interim qui ce font des marges obsènes parfois.

    D’ailleurs comme par hasard, le modèle n’est que Francçais

  4. L’auteur de l’article ne semble pas vraiment connaitre le travail en SSII.
    Je cite :

    “Pendant ce temps, suivant les SSII, il trouvera un travail au siège de son employeur mais la plupart du temps, il retournera chez lui la mine réjouie (content de souffler un peu).”`

    Ingénieur depuis 14 ans dans le service je n’ai jamais vu un ingénieur réjoui de revenir chez lui … “on sait ce qu’on quitte, on ne sait pas forcement ce qu’on va trouver”. Au bout du compte passé quelques jours en inter-contrat on te fait comprendre que tu as intéret à accepter n’importe quelle mission, même si celle ci ne corresponds pas à tes aspirations ou t’oblige à déménager.


    “Evidemment là, finies les formations pendant l’intercontrat. Il devra se transformer en commercial aussi vite qu’il remet son costume d’ingénieur. Et pendant ce temps-là, c’est bien l’assurance chômage qui paiera les pots cassés.”

    Une SSII qui forme leurs ingé pendant l’intercontrat c’est devu rarissime.

    Je suis pour la fin des SSII qui ne font que de la sous traitance en assistance technique sans reelle plus value. Je les appèle les “pousse CV” rien de plus rien de moins. Leurs seule légitimité est que services des achats des grosses sociétés employeurs n’autorise pas le référencement directe des freelances. Je préfère supprimer les intermédiaire si ceux ci n’ont pas d’intérêt et je n’en voit pas pour de l’assistance technique. Ce nouveau contrat peut justement participer à l’augmentation des indépendants qui ont beaucoup de mal à travailler en France. Le staus de prestataire en informatique est de toute facon à la limite du cadre de la loi de “non marchandage” si vous vous intéressez un temps soit peu au droit du travail.

  5. emachede a dit :

    Vous faites erreur concernant ma connaissance du monde des SSII, probablement due par une incompréhension à la lecture de l’article. Par contre vous avez trouvé une SSII encore pire que mon ancienne boite, c’est bien.
    Certains ingénieurs sont bien heureux de souffler en intercontrat, payer à glandouiller car chez certains projets et certains clients, c’est à fond toute l’année les projets s’enchainant: d’où l’expression “il retournera chez lui la mine réjouie”

    En revanche, pour vous dresser un tableau plus optimiste que le vôtre, sachez que ma nouvelle SSII forme ses ingénieurs pendant les intercontrats. Malgré la situation économique assez tendue, ces intercontrats sont encore très rares dans cette structure restée à taille humaine. (<200 personnes)

    Les SSII ne sont utiles qu’en cas de forte crise, et permettent d’assurer un job. Beaucoup d’informaticiens ont connu le chomage après le 11 septembre 2001 malgré leurs carrières. Certaines SSII mal gérées et à l’éthique douteux n’ont pas hésité à virer à tour de bras. D’autres on simplement arrêté d’embaucher et on survécu à la crise sans trop de dommage. Quant aux indépendants virés du jour au lendemain, certains ont connu des jours plus que difficiles.

    Evidemment quand il y a une forte pénurie d’informaticien alors là, oui mieux vaut être indépendants et supprimer les intermédiaires.

    Pour clore mon légitime droit de réponse, une petite question:
    Voulez vous que je vous donne les coordonnées de ma nouvelle SSII afin que changiez “légèrement” d’opinion?

    Normalement c’est moi le pessimiste ;-)) mais là pour une fois…

Les commentaires sont fermés.